Berliner Boersenzeitung - Liquidation judiciaire confirmée pour Place du Marché (ex-Toupargel), 1.900 emplois supprimés

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Liquidation judiciaire confirmée pour Place du Marché (ex-Toupargel), 1.900 emplois supprimés

Liquidation judiciaire confirmée pour Place du Marché (ex-Toupargel), 1.900 emplois supprimés

Le couperet de la liquidation judiciaire est tombé vendredi sur la société de livraison à domicile de produits alimentaires Place du Marché (ex-Toupargel) et ses sociétés sœurs, entraînant la suppression de 1.900 emplois, l'un des plus importants plans sociaux de ces derniers mois.

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Le tribunal de commerce de Lyon s'était donné 48 heures mercredi pour rendre son délibéré concernant cette société basée à Civrieux-d'Azergues (Rhône). Mais l'issue ne faisait guère de doute, car aucun repreneur n'avait déposé d'offre, malgré l'intérêt un temps manifesté par l'enseigne discount Tazita.

Dans son délibéré, dont l'AFP a obtenu copie, le tribunal a d'ailleurs mis en avant le retrait de l'offre de Tazita, "unique candidat repreneur", le 28 décembre, pour justifier sa décision, ainsi que "l'impossibilité de proposer un plan de redressement par la société".

Vendredi, le tribunal a ainsi placé en liquidation judiciaire Place du Marché (1.600 salariés) et ses deux sociétés soeurs, Eismann et Touparlog (300 salariés à elles deux).

Cette liquidation va entraîner l'un des plus importants plans sociaux de ces derniers mois, après celle de l'enseigne textile Camaïeu en septembre (2.100 salariés) et la suppression de 1.200 emplois (sur 2.300) annoncés fin décembre chez Scopelec, groupe spécialisé dans les technologies de communication.

"Ce n'est pas une surprise, mais nous sommes toujours dans la colère et l'incompréhension. Les actionnaires, les frères Bahadourian, n'ont pas respecté leurs engagements depuis le début sur la reconstruction de Toupargel", a réagi Wafaa Kohily, la secrétaire (CGT) du Comité social et économique (CSE), accompagnée au tribunal d'une dizaine de salariés.

Les deux frères Léo et Patrick Bahadourian, actionnaires de la florissante enseigne Grand Frais, avaient repris Toupargel en 2020 via la holding Agihold France.

La société s'était rebaptisée Place du Marché en 2021, avec l'idée d'étendre sensiblement son offre au-delà du surgelé, vers les produits frais et l'épicerie. Certains produits distribués provenaient d'ailleurs des mêmes fournisseurs que Grand Frais.

Le projet visait aussi à accélérer les ventes en ligne, alors que l'entreprise a bâti son modèle sur les ventes par téléphone.

- "Jouets des actionnaires" -

Mais cette stratégie a échoué, alimentant une chute des ventes, passées de 271 millions d'euros en 2017 à 200 millions en 2021-2022.

La situation de Place du Marché s'est dégradée très rapidement: le groupe avait demandé fin octobre son placement en procédure de sauvegarde, puis avait été placé en redressement judiciaire fin novembre 2022.

"Nous restons mobilisés, sur les risques psycho-sociaux, l'accompagnement des salariés et notre demande légitime de prime supralégale de licenciement, à 100.000 euros par salarié", a insisté Mme Kohily, relevant que beaucoup de salariés sont des "quinquagénaires, qui auront des difficultés" à retrouver un travail. "On nous parle de rebondir, mais nous ne sommes pas des ballons, on ne rebondit pas!". Et de s'étonner, au passage du peu de soutien reçu d'élus politiques.

A ses côtés, Véronique Brun, 50 ans et 13 ans d'ancienneté au service clients, évoque "des clients qui pleuraient au téléphone la dernière semaine, la plupart âgés et ne sachant pas commander sur internet, se demandant qui allait les livrer désormais".

"On a été des jouets des actionnaires, qui n'avaient aucun intérêt à garder l'entreprise et ne nous ont pas donné d'outils pour travailler, tout en mettant la pression sur les téléprospecteurs", dénonce aussi Louise, 58 ans.

"Nous avons fermé en trois mois, c'est particulièrement violent!", insiste Louisa, 38 ans, évoquant des salariés "très fragilisés lorsqu'il a fallu appeler les clients pour dire que l'activité arrêtait".

"Notre priorité est de travailler sur la préparation de cette liquidation judiciaire et d'accompagner aux mieux avec les services de l'Etat les salariés pour qu'ils rebondissent le plus rapidement possible", a affirmé mercredi le président de l'entreprise Brieuc Fruchon.

(A.Berg--BBZ)