Berliner Boersenzeitung - Tunisie: des centaines d'opposants pressent le président de "libérer les détenus"

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Tunisie: des centaines d'opposants pressent le président de "libérer les détenus"
Tunisie: des centaines d'opposants pressent le président de "libérer les détenus" / Photo: FETHI BELAID - AFP

Tunisie: des centaines d'opposants pressent le président de "libérer les détenus"

"Liberté pour les détenus". Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés dimanche au centre de Tunis pour réclamer la remise en liberté de plus de 20 opposants au président Kais Saied, arrêtés ces dernières semaines dans un coup de filet inédit.

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"A bas le coup d'Etat. Liberté, liberté pour les détenus", scandaient les sympathisants du Front de salut national (FSN), la principale coalition d'opposition.

Bravant une interdiction de manifester et des injonctions de la police, ils ont franchi des barrières de sécurité après une bousculade, pour se diriger vers l'avenue Habib Bourguiba, l'artère centrale de Tunis.

Au plus fort de la manifestation, ils étaient plus d'un millier, selon des journalistes de l'AFP.

Cette protestation était organisée au lendemain d'une marche -- autorisée -- de la grande centrale syndicale UGTT qui a mobilisé plus de 3.000 personnes pour protester contre l'arrestation d'un de ses membres.

Le chef de l'UGTT Noureddine Taboubi a rejeté aussi les arrestations d'opposants et appelé le président Saied au "dialogue" et à des "changements démocratiques et pacifiques".

"Les arrestations font partie d'une politique arbitraire. Nous défendons une cause nationale et nous ne nous arrêterons pas tant que la démocratie et les institutions ne seront pas rétablis", a dénoncé devant la foule dimanche Ahmed Nejib Chebbi, 78 ans, président du FSN.

Beaucoup de manifestants brandissaient le drapeau tunisien et des photos des détenus dont le propre frère de M. Chebbi, Issam, chef du Parti républicain (Al Joumhouri).

- Président "putschiste" -

Le FSN dont le dirigeant connu Jawhar Ben Mbarek, 55 ans, figure parmi les opposants arrêtés aux côtés de la jeune activiste Chaima Issa, avait appelé à "une manifestation massive".

Le père de M. Ben Mbarek, Ezzedine Hazgui, un ancien prisonnier de la dictature de Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011), a dénoncé auprès de l'AFP un "président (qui) a placé toutes les institutions entre ses mains et divisé le peuple".

"La police protège un président illégitime et putschiste qui a détruit l'Etat et nous empêche d'exercer notre droit de manifester", a-t-il dit.

La coalition du FSN inclut le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, qui a dominé pendant 10 ans le Parlement dissous par le président Saied, dont plusieurs dirigeants ont été arrêtés.

Début février, les autorités ont lancé un coup de filet contre des personnalités dont plusieurs ex-ministres, des hommes d'affaires connus comme Kamel Eltaïef, et le directeur de Radio Mosaïque, la plus écoutée de Tunisie, Noureddine Boutar. Le président les a qualifiés de "terroristes", les accusant de "complot contre la sécurité de l'Etat".

Cette vague d'arrestations, sans précédent depuis le coup de force du président Saied qui s'est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, a été décrite par Amnesty International comme une "chasse aux sorcières motivée par des considérations politiques".

Depuis l'été 2021, les ONG et les principaux partis d'opposition dénoncent une "dérive autoritaire" en Tunisie, faisant vaciller la jeune démocratie issue de la première révolte du Printemps arabe en 2011.

(U.Gruber--BBZ)