Berliner Boersenzeitung - En Mauritanie, l'indispensable datte menacée par le changement climatique

EUR -
AED 4.331492
AFN 77.84335
ALL 96.564748
AMD 446.347302
ANG 2.111292
AOA 1081.546932
ARS 1709.303634
AUD 1.687784
AWG 2.122992
AZN 2.009357
BAM 1.956099
BBD 2.374413
BDT 144.072004
BGN 1.980717
BHD 0.444683
BIF 3493.177935
BMD 1.17944
BND 1.498529
BOB 8.14621
BRL 6.167997
BSD 1.178905
BTN 106.512267
BWP 16.283487
BYN 3.377716
BYR 23117.026634
BZD 2.370952
CAD 1.61174
CDF 2541.693818
CHF 0.916484
CLF 0.025774
CLP 1017.762781
CNY 8.192981
CNH 8.1795
COP 4281.261538
CRC 585.484456
CUC 1.17944
CUP 31.255164
CVE 110.281843
CZK 24.337334
DJF 209.938294
DKK 7.468888
DOP 74.231337
DZD 153.316601
EGP 55.314192
ERN 17.691602
ETB 182.863553
FJD 2.599663
FKP 0.863929
GBP 0.862265
GEL 3.178557
GGP 0.863929
GHS 12.914918
GIP 0.863929
GMD 86.690778
GNF 10342.579609
GTQ 9.042381
GYD 246.644989
HKD 9.214394
HNL 31.146757
HRK 7.532968
HTG 154.633617
HUF 380.894333
IDR 19775.672733
ILS 3.64667
IMP 0.863929
INR 106.456915
IQD 1544.335864
IRR 49683.915847
ISK 145.000262
JEP 0.863929
JMD 184.748216
JOD 0.836198
JPY 183.80745
KES 152.148207
KGS 103.142043
KHR 4756.726489
KMF 493.005691
KPW 1061.48108
KRW 1709.297661
KWD 0.362465
KYD 0.98245
KZT 591.040269
LAK 25357.76536
LBP 105569.375937
LKR 364.89573
LRD 219.27163
LSL 18.882284
LTL 3.482579
LVL 0.713431
LYD 7.453138
MAD 10.813952
MDL 19.964049
MGA 5224.775824
MKD 61.654416
MMK 2476.965732
MNT 4208.748476
MOP 9.486909
MRU 47.061188
MUR 54.124336
MVR 18.222413
MWK 2044.272883
MXN 20.39768
MYR 4.638144
MZN 75.189334
NAD 18.882284
NGN 1640.176474
NIO 43.386626
NOK 11.409279
NPR 170.420028
NZD 1.95685
OMR 0.453488
PAB 1.178875
PEN 3.968706
PGK 5.050771
PHP 69.724973
PKR 329.706756
PLN 4.222991
PYG 7821.194521
QAR 4.286755
RON 5.096832
RSD 117.449427
RUB 90.906081
RWF 1720.548189
SAR 4.423001
SBD 9.504048
SCR 16.265107
SDG 709.427016
SEK 10.523454
SGD 1.499363
SHP 0.884886
SLE 28.86677
SLL 24732.269034
SOS 672.602726
SRD 44.953774
STD 24412.029502
STN 24.503742
SVC 10.315575
SYP 13044.1065
SZL 18.889125
THB 37.240233
TJS 11.016876
TMT 4.139835
TND 3.409021
TOP 2.839809
TRY 51.286297
TTD 7.985186
TWD 37.273898
TZS 3047.720076
UAH 51.018192
UGX 4202.641864
USD 1.17944
UYU 45.406935
UZS 14432.204212
VES 438.327798
VND 30667.802375
VUV 140.987423
WST 3.215527
XAF 656.057199
XAG 0.013463
XAU 0.00024
XCD 3.187496
XCG 2.124624
XDR 0.815078
XOF 656.057199
XPF 119.331742
YER 281.149047
ZAR 18.851062
ZMK 10616.369267
ZMW 23.135435
ZWL 379.779242
  • AEX

    -15.5500

    993.99

    -1.54%

  • BEL20

    40.4000

    5499.51

    +0.74%

  • PX1

    -1.6400

    8179.5

    -0.02%

  • ISEQ

    -5.3500

    13374.17

    -0.04%

  • OSEBX

    2.6400

    1759.71

    +0.15%

  • PSI20

    121.8900

    8828.16

    +1.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    42.3400

    4113.69

    +1.04%

  • N150

    11.8400

    3959.8

    +0.3%

En Mauritanie, l'indispensable datte menacée par le changement climatique
En Mauritanie, l'indispensable datte menacée par le changement climatique / Photo: Michele Cattani - AFP

En Mauritanie, l'indispensable datte menacée par le changement climatique

Il y a comme un air de désolation sur le visage mélancolique d'Aliene Haimoud quand il regarde les palmiers dattiers jaunis, ensablés, en train de mourir quand ils ne sont pas déjà morts.

Taille du texte:

Sur la petite dune de Mauritanie où il observe l'oasis qui l'a vu grandir, l'avancée du désert est saisissante. Les arbres sont peu à peu engloutis par une masse de sable qui dévore tout.

A Azougui, près d'Atar, à environ 450 km au nord-est de la capitale Nouakchott, les habitants se préparent à la Guetna, la récolte des dattes.

Cet événement populaire, enraciné dans une longue tradition nomade, voit les enfants du pays retourner au village pour la collecte de ces petits fruits sucrés, la principale richesse de la région.

Les grandes fêtes familiales sont organisées à ce moment-là. "Vous passez de 10 à 1.000 amis", résume gaiement un habitant.

Alors quand un palmier périt, c'est un peu de la vie de chaque village qui s'éteint.

"A cause du sable, les gens sont obligés de s'installer ailleurs, parce qu'ici, il ne peut plus y avoir de récolte", déplore, la voix chevrotante, M. Haimoud, président de l'association de gestion participative de l'oasis.

Près de 20.000 palmiers sont morts depuis les années 80 et son village se vide chaque année davantage, dit-il.

L'Etat a bien tenté de freiner la désertification en plantant des arbres censés repousser les assauts du sable, mais la variété choisie, des prosopis, a provoqué un assèchement accru des sols, fragilisant davantage les palmiers alentour.

A 70 km plus au sud, l'oasis de M'Heiret, écrin de verdure au coeur du désert, a aussi été décimée.

Environ 6.000 palmiers, affaiblis par des années de sècheresse, ont été emportés il y a deux ans par la crue massive d'un oued - un cours d'eau qui se forme épisodiquement pendant la saison des pluies.

Les palmiers gisent à présent sur le lit de la rivière, complétement asséchée à cette époque de l'année.

"Cet endroit était plein de palmiers", regrette Amou Dehah, qui était maire du village à ce moment-là. "Leurs propriétaires sont toujours là mais il ne leur reste plus rien".

- "Notre seule ressource pour vivre" -

"S'il n'y a plus de palmiers, il n'y a plus de travail. S'il n'y a plus de travail, il n'y a plus d'argent", souffle-t-il.

"Il faut trouver une solution. Sans ça, les gens vont vivre ailleurs car c'est notre seule ressource pour vivre", explique-t-il.

A ses côtés, Mohamed Mahmoud Ould Brihm, 56 ans, s'inquiète pour ses cinquante palmiers, transmis de génération en génération et proches de l'oued.

"Bien sûr que j'ai peur de tout perdre. J'ai même peur que ma maison soit détruite", dit-il.

Les habitants de cette petite localité, renommée pour la qualité et la variété de ses dattes, plaident pour la construction d'un barrage, qui servirait selon eux de rempart contre de nouvelles pluies torrentielles et créerait des conditions favorables au maraîchage.

"Le barrage est la meilleure solution", estime Houdy Sidina, professeur de biologie et d'agronomie à l'université de Nouakchott. "Il permet de lutter contre la sécheresse, d'alimenter les palmiers par l'irrigation et de lutter contre les inondations".

Il cite comme exemple dans la région le barrage de Seguelil, inauguré en 2019, qui irrigue les oasis en permanence et a transformé la vie des populations locales.

L'Etat a aussi amélioré les systèmes d'irrigation, fourni des panneaux solaires ou fait planter de nouveaux palmiers dattiers offerts aux cultivateurs pauvres, souligne Sidi Ahmed, président du réseau associatif de développement durable des oasis.

Dans son jardin d'une vingtaine de palmiers, près d'Atar, Moustapha Chibany cueille une datte et la porte à sa bouche.

Succulente. "Moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas l'aspect économique, c'est l'amour des dattes. Sans elles, il n'y aurait pas de vie ici, dans des conditions si hostiles", dit-il.

Selon lui, c'est avant tout par le partage des techniques les plus efficaces, la lutte contre le gaspillage et la valorisation d'espèces de meilleure qualité que la filière pourra se relancer et faire face à la concurrence des dattes venues du Maghreb.

(T.Burkhard--BBZ)