Berliner Boersenzeitung - Bolivie: Evo Morales, visé par un mandat d'arrêt, dénonce une "guerre juridique"

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Bolivie: Evo Morales, visé par un mandat d'arrêt, dénonce une "guerre juridique"
Bolivie: Evo Morales, visé par un mandat d'arrêt, dénonce une "guerre juridique" / Photo: RONALDO SCHEMIDT - AFP/Archives

Bolivie: Evo Morales, visé par un mandat d'arrêt, dénonce une "guerre juridique"

L'ex-président bolivien Evo Morales (2006-2019), visé par un mandat d'arrêt pour avoir eu une relation avec une adolescente durant son mandat, s'est dit mardi "victime d'une guerre juridique" menée par le gouvernement de Luis Arce, son rival à gauche pour la présidentielle de 2025.

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Le parquet bolivien avait annoncé lundi avoir émis contre l'ancien président un mandat d'arrêt pour "traite d'être humain à l'égard d'une mineure" avec laquelle il aurait eu une une fille en 2016. Une "mesure exceptionnelle de détention provisoire de six mois" a été "demandée".

M. Morales a estimé sur son compte X être "victime d'une guerre juridique (lawfare) brutale menée par le gouvernement de Luis Arce qui s'est engagé à me livrer comme trophée de guerre aux Etats-Unis".

"Le gouvernement dispose d'une armée de procureurs, de juges, de policiers et de militaires, qui cherchent non seulement à m'éliminer politiquement et moralement, mais aussi physiquement", affirme-t-il.

La procureure en charge de l'affaire, Sandra Gutiérrez, a expliqué avoir émis le 16 octobre le mandat d'arrêt contre Evo Morales qui souhaite revenir au pouvoir malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle ayant confirmé en novembre l'interdiction pour un président d'exercer plus de deux mandats.

Elle a précisé ne pas avoir révélé plus tôt l'existence de ce mandat d'arrêt car "l'affaire est très complexe", du fait qu'elle implique un ancien président, qui a nié les accusations à plusieurs reprises.

Elle a par ailleurs rappelé que deux jours avant de l'émettre, les partisans de l'ancien cultivateur de coca, majoritairement des paysans indigènes, ont mis en place durant 23 jours des barrages routiers pour protester contre ce qu'ils estiment être une "persécution judiciaire" contre leur leader.

Malgré la contestation, la police a tenté à plusieurs reprises d'arrêter M. Morales, réfugié dans l'Etat du Chapare (centre), son fief politique où est cultivée la coca, a précisé Mme Gutiérrez.

Mais "il était impossible de procéder à l'exécution du mandat d'arrêt" car "de nombreux policiers ont été victimes d'agressions et de tentatives d'assassinat de la part des bloqueurs", a-t-elle affirmé.

La procureure a dit que la police avait présenté d'"innombrables" rapports justifiant l'impossibilité d'exécuter le mandat d'arrêt car "la vie non seulement de policiers (mais) aussi de citoyens était en jeu".

- Deuxième mandat d'arrêt -

Selon le dossier judiciaire, M. Morales, 65 ans, a eu en 2015 une relation avec une jeune fille de 15 ans avec laquelle il a eu une fille en 2016.

Le parquet de Tarija (sud) a ouvert fin septembre une enquête pour "viol, trafic et traite d'êtres humains" le visant.

La thèse du parquet est que les parents de la mineure l'ont enrôlée dans la "garde de jeunes" de Morales "dans le seul but de gravir les échelons politiques et d'obtenir des avantages (...) en échange de leur fille mineure".

Pour ces faits, le ministère public a déposé un acte d'accusation contre Evo Morales et la mère de la victime présumée pour le délit de "traite d'êtres humains aggravée" et déclenché une "alerte migratoire" destinée à les empêcher de sortir du pays.

Le père de l'adolescente a, lui, été arrêté mi-octobre et placé en détention préventive pour une durée de quatre mois.

Il s'agit du deuxième mandat d'arrêt délivré à l'encontre de M. Morales dans cette affaire pour laquelle il encourt une peine de "10 à 15 ans" d'emprisonnement.

La procureure Gutiérrez avait déjà ordonné son arrestation en septembre, mais un recours en justice déposé par la défense de l'homme politique aymara avait permis de l'annuler.

Les avocats de M. Morales affirment que l'affaire a déjà été examinée et classée en 2020.

M. Morales s'est déjà par le passé dit victime d'une "persécution judiciaire" orchestrée par le gouvernement Arce, son ancien allié et désormais rival pour l'investiture du parti de gauche au pouvoir en vue de la présidentielle d'août 2025.

(K.Müller--BBZ)