Berliner Boersenzeitung - Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft"

EUR -
AED 4.396463
AFN 77.81403
ALL 96.471652
AMD 449.872077
ANG 2.142962
AOA 1097.76974
ARS 1727.205317
AUD 1.710189
AWG 2.156334
AZN 1.996651
BAM 1.952199
BBD 2.391379
BDT 145.092373
BGN 2.010428
BHD 0.451278
BIF 3517.02743
BMD 1.197132
BND 1.503714
BOB 8.2049
BRL 6.223289
BSD 1.187305
BTN 108.906574
BWP 15.62724
BYN 3.383245
BYR 23463.784364
BZD 2.387985
CAD 1.624107
CDF 2681.575286
CHF 0.919032
CLF 0.026044
CLP 1028.384175
CNY 8.325634
CNH 8.31183
COP 4375.169763
CRC 589.909431
CUC 1.197132
CUP 31.723994
CVE 110.062446
CZK 24.307703
DJF 211.439111
DKK 7.466667
DOP 74.701898
DZD 154.638325
EGP 56.16488
ERN 17.956978
ETB 184.607715
FJD 2.630579
FKP 0.868673
GBP 0.868929
GEL 3.226279
GGP 0.868673
GHS 12.978116
GIP 0.868673
GMD 87.390405
GNF 10414.57298
GTQ 9.110234
GYD 248.412833
HKD 9.340005
HNL 31.334073
HRK 7.534265
HTG 155.714082
HUF 380.828004
IDR 20056.747104
ILS 3.701352
IMP 0.868673
INR 110.000556
IQD 1555.424478
IRR 50429.179594
ISK 145.020401
JEP 0.868673
JMD 186.546688
JOD 0.848797
JPY 182.618861
KES 154.369578
KGS 104.689325
KHR 4774.233667
KMF 493.218572
KPW 1077.349054
KRW 1712.832384
KWD 0.366873
KYD 0.989471
KZT 598.174152
LAK 25583.703258
LBP 106326.533513
LKR 367.650323
LRD 219.65484
LSL 19.039522
LTL 3.534819
LVL 0.724133
LYD 7.494146
MAD 10.782756
MDL 20.018907
MGA 5330.19057
MKD 61.642006
MMK 2513.95452
MNT 4276.923065
MOP 9.540862
MRU 47.434308
MUR 53.978306
MVR 18.507754
MWK 2077.023525
MXN 20.562781
MYR 4.691572
MZN 76.329513
NAD 19.039601
NGN 1673.0996
NIO 43.692692
NOK 11.535658
NPR 174.248865
NZD 1.984767
OMR 0.460282
PAB 1.187315
PEN 3.979626
PGK 5.080012
PHP 70.365008
PKR 332.429013
PLN 4.20228
PYG 7958.287467
QAR 4.316456
RON 5.096074
RSD 117.426673
RUB 91.400668
RWF 1732.311935
SAR 4.489582
SBD 9.670043
SCR 16.641512
SDG 720.068939
SEK 10.576827
SGD 1.510272
SHP 0.898159
SLE 29.08998
SLL 25103.255562
SOS 677.353431
SRD 45.846533
STD 24778.212405
STN 24.456728
SVC 10.388794
SYP 13239.769413
SZL 19.033971
THB 37.276893
TJS 11.089844
TMT 4.189961
TND 3.423699
TOP 2.882406
TRY 51.971682
TTD 8.074073
TWD 37.526245
TZS 3050.260885
UAH 50.967202
UGX 4239.19838
USD 1.197132
UYU 44.488312
UZS 14365.442522
VES 429.143219
VND 31203.241809
VUV 143.262187
WST 3.262614
XAF 654.752025
XAG 0.010669
XAU 0.000228
XCD 3.235308
XCG 2.139844
XDR 0.814301
XOF 654.746566
XPF 119.331742
YER 285.395847
ZAR 19.033917
ZMK 10775.594907
ZMW 23.44366
ZWL 385.475969
  • AEX

    -5.2100

    996.49

    -0.52%

  • BEL20

    -40.4800

    5356.52

    -0.75%

  • PX1

    -75.8200

    8077.27

    -0.93%

  • ISEQ

    -9.1000

    12996.58

    -0.07%

  • OSEBX

    6.8000

    1749.57

    +0.39%

  • PSI20

    -15.5800

    8638.88

    -0.18%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    147.5100

    4211.2

    +3.63%

  • N150

    13.6900

    3925.59

    +0.35%

Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft"
Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft" / Photo: Xavier GALIANA - AFP

Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft"

Traiter ses collègues de "bitch", "morue" ou contraindre une subordonnée à faire le poirier en jupe : Tommy François, ancien vice-président du service éditorial d'Ubisoft, a invoqué lundi "la culture Ubi" et s'est excusé à la barre, reconnaissant que "ça n'est pas normal".

Taille du texte:

Cette semaine, le tribunal correctionnel de Bobigny juge trois anciens hauts cadres de la société de jeux vidéo, accusés d'avoir mené et encouragé un harcèlement sexuel et moral systémique au cours de la décennie 2010.

"Je n'ai pas réfléchi, c'était l'ambiance, la culture Ubi : je ne me posais pas la question," a répété nerveusement Thomas dit "Tommy" François aux magistrats qui l'ont longuement interrogé après avoir recueilli les témoignages accablants de plusieurs plaignants.

"Quand il venait vers mon bureau, j'avais peur," se remémore une employée qui affirme que le quadragénaire l'avait pris "comme sa bête de foire".

Elle rappelle combien les propos graveleux se voulant drôles étaient quotidiens dans l'open-space où les hommes étaient très largement majoritaires. Plusieurs actes humiliants ont aussi marqué la jeune femme.

La première fois que Tommy François lui ordonne de faire le poirier en public, elle s'exécute, "comme c'était mon supérieur hiérarchique", dit-elle au tribunal.

Alors qu'il exige qu'elle renouvelle la pose régulièrement au fil des semaines, elle choisit sciemment un jour de porter une jupe serrée. Une "stratégie d'évitement", selon ses mots, qui n'aura cependant pas arrêté Tommy François.

A ses débuts au studio, l'employée d'une vingtaine d'années est ligotée à une chaise et envoyée en ascenseur à l'étage supérieur, un "bizutage" mené par le vice-président qui jouissait d'une "aura et position hiérarchique élevée", a rappelé le tribunal.

Autre blague se voulant potache : il lui a été demandé publiquement de vernir de rose les ongles de pieds et mains de Tommy François, ce qu'elle a réalisé sans chercher à contester "pour me débarrasser au plus vite de ce qu'il m'imposait," témoigne la plaignante.

Avant elle, une ancienne assistante de direction d'Ubisoft a raconté au tribunal avoir "passé trois ans à essayer d'arrondir les angles dans un univers ou insultes, cris et accès de violence étaient quotidiens".

- "Presque affectif" -

En réponse à ces déclarations accusatrices, Tommy François exprime rapidement des regrets.

"J'étais content de m'amuser avec mes collègues", se rappelle le prévenu, remontant les manches de sa chemise blanche jusqu'aux coudes, lui qui avait "à l'époque l'impression d'être dans le respect des gens".

Devant le tribunal, il répète à l'envi n'avoir pas été "l'instigateur de cette culture geek (...) : quand je suis arrivé à Ubisoft, j'ai trouvé une ambiance".

Son leitmoiv à l'époque: "Il faut être fun pour faire du fun".

Quand la présidente l'interroge sur ses insultes et propos sexistes incessants, Tommy François rétorque que "ça faisait partie du vocabulaire Ubisoft."

Il assure que ce harcèlement "n'était pas pour dégrader, c'était presque affectif."

Une décennie a passé depuis les faits qui sont débattus au tribunal et il a confessé lundi que cette "normalité à l'époque" n'était "pas acceptable."

Lui qui martèle avoir "manqué de recul" sur son mode toxique de management, responsabilité à laquelle il n'a jamais été formé, souligne aussi "n'avoir jamais été convoqué par les RH", situées "à cinq mètres de mon bureau".

A l'issue des deux ans d'enquête sur ce dossier, le procureur n'a décidé de poursuivre ni l'entreprise Ubisoft ni ses responsables des ressources humaines, au grand dam des parties civiles et de la défense.

Mardi, le tribunal interrogera Serge Hascoët, ancien numéro 2 du groupe en sa qualité de directeur créatif, accusé tant de harcèlement sexuel et moral que de complicité des actes de son ancien protégé Tommy François.

(B.Hartmann--BBZ)