Berliner Boersenzeitung - Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft"

EUR -
AED 4.125482
AFN 71.893569
ALL 91.0039
AMD 404.558002
ANG 2.010545
AOA 1030.107049
ARS 1735.583297
AUD 1.619807
AWG 2.024828
AZN 1.910204
BAM 1.958466
BBD 2.263281
BDT 139.960554
BGN 1.963416
BHD 0.424164
BIF 3358.231968
BMD 1.123344
BND 1.434579
BOB 13.568473
BRL 6.183791
BSD 1.12373
BTN 106.108465
BWP 15.39496
BYN 3.352865
BYR 22017.550536
BZD 2.259977
CAD 1.57435
CDF 2600.542712
CHF 0.915868
CLF 0.027919
CLP 1098.822164
CNY 7.513489
CNH 7.486495
COP 3640.051542
CRC 509.577905
CUC 1.123344
CUP 26.968717
CVE 110.417297
CZK 24.332089
DJF 200.102436
DKK 7.474515
DOP 67.47977
DZD 152.90291
EGP 60.551405
ERN 16.850166
ETB 184.424845
FJD 2.531232
FKP 0.834686
GBP 0.834538
GEL 2.926316
GGP 0.834686
GHS 13.107846
GIP 0.834686
GMD 83.70208
GNF 9953.241063
GTQ 8.587845
GYD 235.440548
HKD 8.804768
HNL 30.201177
HRK 7.60393
HTG 147.273132
HUF 364.247802
IDR 20312.59455
ILS 3.596107
IMP 0.834686
INR 106.111844
IQD 1703.519314
IRR 2124640.828982
ISK 136.811552
JEP 0.834686
JMD 178.232661
JOD 0.796453
JPY 176.953143
KES 145.923453
KGS 98.235688
KHR 4572.306526
KMF 495.394853
KPW 1011.00993
KRW 1523.687494
KWD 0.348877
KYD 0.936475
KZT 505.2579
LAK 25290.432511
LBP 100627.803113
LKR 373.578621
LRD 191.030084
LSL 18.415172
LTL 3.316944
LVL 0.6795
LYD 7.193794
MAD 10.950909
MDL 20.091354
MGA 5094.936673
MKD 61.583069
MMK 2358.849304
MNT 4045.672704
MOP 9.080062
MRU 45.396392
MUR 52.516314
MVR 17.361247
MWK 1948.552923
MXN 21.089904
MYR 4.546283
MZN 71.792986
NAD 18.415172
NGN 1511.044247
NIO 41.355016
NOK 10.443256
NPR 169.767847
NZD 2.007709
OMR 0.431927
PAB 1.12373
PEN 3.87057
PGK 5.11881
PHP 70.830279
PKR 310.788734
PLN 4.40337
PYG 6923.426132
QAR 4.107666
RON 5.336228
RSD 117.599566
RUB 91.557495
RWF 1655.253601
SAR 4.216259
SBD 9.044852
SCR 15.559092
SDG 675.690666
SEK 11.0154
SGD 1.435527
SHP 0.837504
SLE 25.735739
SLL 23555.975653
SOS 642.17431
SRD 42.18947
STD 23250.961369
STN 24.532636
SVC 9.832387
SYP 14605.723731
SZL 18.408062
THB 37.566904
TJS 10.366213
TMT 3.942939
TND 3.348519
TOP 2.704743
TRY 56.343251
TTD 7.610361
TWD 37.208531
TZS 2968.433722
UAH 51.044897
UGX 4545.1882
USD 1.123344
UYU 45.26243
UZS 13409.256484
VES 1004.010383
VND 28850.292941
VUV 134.41388
WST 3.126448
XAF 655.957
XAG 0.021615
XAU 0.000273766094
XCD 3.035895
XCG 2.025157
XDR 0.794263
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 265.305896
ZAR 18.508674
ZMK 10111.448972
ZMW 22.783019
ZWL 361.716443
SSP 6454.193881
MXV 2.373304
  • AEX

    -15.8300

    1099.02

    -1.42%

  • BEL20

    -65.5900

    5540.72

    -1.17%

  • PX1

    -120.2600

    7843.89

    -1.51%

  • ISEQ

    -301.0700

    14173.37

    -2.08%

  • OSEBX

    -24.9000

    2050.38

    -1.2%

  • PSI20

    -177.8800

    9489.32

    -1.84%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.6000

    4516.39

    +0.57%

  • N150

    -55.9300

    4149.48

    -1.33%

Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft"
Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft" / Photo: Xavier GALIANA - AFP

Poursuivi pour harcèlement sexuel et moral, Tommy François invoque "la culture Ubisoft"

Traiter ses collègues de "bitch", "morue" ou contraindre une subordonnée à faire le poirier en jupe : Tommy François, ancien vice-président du service éditorial d'Ubisoft, a invoqué lundi "la culture Ubi" et s'est excusé à la barre, reconnaissant que "ça n'est pas normal".

Taille du texte:

Cette semaine, le tribunal correctionnel de Bobigny juge trois anciens hauts cadres de la société de jeux vidéo, accusés d'avoir mené et encouragé un harcèlement sexuel et moral systémique au cours de la décennie 2010.

"Je n'ai pas réfléchi, c'était l'ambiance, la culture Ubi : je ne me posais pas la question," a répété nerveusement Thomas dit "Tommy" François aux magistrats qui l'ont longuement interrogé après avoir recueilli les témoignages accablants de plusieurs plaignants.

"Quand il venait vers mon bureau, j'avais peur," se remémore une employée qui affirme que le quadragénaire l'avait pris "comme sa bête de foire".

Elle rappelle combien les propos graveleux se voulant drôles étaient quotidiens dans l'open-space où les hommes étaient très largement majoritaires. Plusieurs actes humiliants ont aussi marqué la jeune femme.

La première fois que Tommy François lui ordonne de faire le poirier en public, elle s'exécute, "comme c'était mon supérieur hiérarchique", dit-elle au tribunal.

Alors qu'il exige qu'elle renouvelle la pose régulièrement au fil des semaines, elle choisit sciemment un jour de porter une jupe serrée. Une "stratégie d'évitement", selon ses mots, qui n'aura cependant pas arrêté Tommy François.

A ses débuts au studio, l'employée d'une vingtaine d'années est ligotée à une chaise et envoyée en ascenseur à l'étage supérieur, un "bizutage" mené par le vice-président qui jouissait d'une "aura et position hiérarchique élevée", a rappelé le tribunal.

Autre blague se voulant potache : il lui a été demandé publiquement de vernir de rose les ongles de pieds et mains de Tommy François, ce qu'elle a réalisé sans chercher à contester "pour me débarrasser au plus vite de ce qu'il m'imposait," témoigne la plaignante.

Avant elle, une ancienne assistante de direction d'Ubisoft a raconté au tribunal avoir "passé trois ans à essayer d'arrondir les angles dans un univers ou insultes, cris et accès de violence étaient quotidiens".

- "Presque affectif" -

En réponse à ces déclarations accusatrices, Tommy François exprime rapidement des regrets.

"J'étais content de m'amuser avec mes collègues", se rappelle le prévenu, remontant les manches de sa chemise blanche jusqu'aux coudes, lui qui avait "à l'époque l'impression d'être dans le respect des gens".

Devant le tribunal, il répète à l'envi n'avoir pas été "l'instigateur de cette culture geek (...) : quand je suis arrivé à Ubisoft, j'ai trouvé une ambiance".

Son leitmoiv à l'époque: "Il faut être fun pour faire du fun".

Quand la présidente l'interroge sur ses insultes et propos sexistes incessants, Tommy François rétorque que "ça faisait partie du vocabulaire Ubisoft."

Il assure que ce harcèlement "n'était pas pour dégrader, c'était presque affectif."

Une décennie a passé depuis les faits qui sont débattus au tribunal et il a confessé lundi que cette "normalité à l'époque" n'était "pas acceptable."

Lui qui martèle avoir "manqué de recul" sur son mode toxique de management, responsabilité à laquelle il n'a jamais été formé, souligne aussi "n'avoir jamais été convoqué par les RH", situées "à cinq mètres de mon bureau".

A l'issue des deux ans d'enquête sur ce dossier, le procureur n'a décidé de poursuivre ni l'entreprise Ubisoft ni ses responsables des ressources humaines, au grand dam des parties civiles et de la défense.

Mardi, le tribunal interrogera Serge Hascoët, ancien numéro 2 du groupe en sa qualité de directeur créatif, accusé tant de harcèlement sexuel et moral que de complicité des actes de son ancien protégé Tommy François.

(B.Hartmann--BBZ)