Berliner Boersenzeitung - Au procès du 13-Novembre, l'ambivalence Abdeslam

EUR -
AED 4.110455
AFN 71.623179
ALL 91.048216
AMD 402.956801
ANG 2.002962
AOA 1027.340773
ARS 1735.441062
AUD 1.607035
AWG 2.017191
AZN 1.899057
BAM 1.957921
BBD 2.254432
BDT 139.360331
BGN 1.95601
BHD 0.422235
BIF 3357.32162
BMD 1.119107
BND 1.433847
BOB 13.51558
BRL 6.15005
BSD 1.119307
BTN 106.109463
BWP 15.483703
BYN 3.326288
BYR 21934.501253
BZD 2.251228
CAD 1.567573
CDF 2587.934154
CHF 0.918776
CLF 0.027919
CLP 1098.818128
CNY 7.46512
CNH 7.464311
COP 3639.414974
CRC 507.947935
CUC 1.119107
CUP 26.864099
CVE 110.679124
CZK 24.346402
DJF 198.888117
DKK 7.473554
DOP 67.985441
DZD 152.175075
EGP 61.903298
ERN 16.786608
ETB 183.712975
FJD 2.518332
FKP 0.833992
GBP 0.834351
GEL 2.907407
GGP 0.833992
GHS 13.065561
GIP 0.833992
GMD 82.814208
GNF 9881.716707
GTQ 8.557231
GYD 234.632055
HKD 8.781394
HNL 30.084318
HRK 7.575248
HTG 146.717612
HUF 364.739896
IDR 20284.041945
ILS 3.539403
IMP 0.833992
INR 106.075469
IQD 1695.447418
IRR 2107736.02293
ISK 136.213141
JEP 0.833992
JMD 177.539136
JOD 0.793433
JPY 177.630847
KES 145.394312
KGS 97.865817
KHR 4572.672204
KMF 493.525991
KPW 1007.196443
KRW 1504.897188
KWD 0.348625
KYD 0.932806
KZT 506.586467
LAK 25207.889495
LBP 100216.050116
LKR 372.411729
LRD 190.751606
LSL 18.610669
LTL 3.304432
LVL 0.676937
LYD 7.190269
MAD 10.995206
MDL 20.248843
MGA 5081.481512
MKD 61.536598
MMK 2349.614629
MNT 4030.058262
MOP 9.045758
MRU 45.072031
MUR 52.931844
MVR 17.295837
MWK 1942.770405
MXN 21.080802
MYR 4.563275
MZN 71.521712
NAD 18.610248
NGN 1502.927223
NIO 41.194437
NOK 10.39039
NPR 169.77514
NZD 1.995341
OMR 0.430291
PAB 1.119508
PEN 3.873787
PGK 5.021349
PHP 71.189207
PKR 309.600818
PLN 4.413649
PYG 6686.242477
QAR 4.080347
RON 5.342389
RSD 117.649511
RUB 91.401863
RWF 1651.802237
SAR 4.212923
SBD 9.017997
SCR 15.629006
SDG 673.144247
SEK 10.961756
SGD 1.434135
SHP 0.837467
SLE 25.625933
SLL 23467.123495
SOS 639.690048
SRD 42.013469
STD 23163.259712
STN 24.526457
SVC 9.794566
SYP 14550.63155
SZL 18.621673
THB 37.814951
TJS 10.28665
TMT 3.928066
TND 3.363756
TOP 2.694541
TRY 55.950215
TTD 7.588186
TWD 36.724605
TZS 2958.913818
UAH 51.103028
UGX 4729.122543
USD 1.119107
UYU 44.997937
UZS 13348.399227
VES 996.046369
VND 28834.916291
VUV 133.063497
WST 3.105181
XAF 655.957
XAG 0.022531
XAU 0.000285373329
XCD 3.024443
XCG 2.017276
XDR 0.791267
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.305132
ZAR 18.608744
ZMK 10073.310137
ZMW 22.683469
ZWL 360.352064
SSP 6429.495326
MXV 2.373493
  • AEX

    -15.8300

    1099.02

    -1.42%

  • BEL20

    -65.5900

    5540.72

    -1.17%

  • PX1

    -120.2600

    7843.89

    -1.51%

  • ISEQ

    -301.0700

    14173.37

    -2.08%

  • OSEBX

    -24.9000

    2050.38

    -1.2%

  • PSI20

    -177.8800

    9489.32

    -1.84%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.6000

    4516.39

    +0.57%

  • N150

    -55.9300

    4149.48

    -1.33%

Au procès du 13-Novembre, l'ambivalence Abdeslam
Au procès du 13-Novembre, l'ambivalence Abdeslam / Photo: Benoit PEYRUCQ - AFP/Archives

Au procès du 13-Novembre, l'ambivalence Abdeslam

"Combattant de l'Etat islamique" ou accusé tourmenté souhaitant le pardon de "toutes les victimes" ? Au fil de près de dix mois de procès, Salah Abdeslam, le "10e homme" des commandos des attentats du 13-Novembre, s'est distingué par son ambivalence.

Taille du texte:

8 septembre 2021. A peine l'audience criminelle ouverte, le ton est vindicatif dans le box. Barbe et tee-shirt noirs, Salah Abdeslam proclame, péremptoire, avoir "délaissé toute profession pour devenir combattant de l'Etat islamique".

"J'avais noté +intérimaire+", relève sans se démonter le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès.

15 avril 2022. La voix est douce et tremblante, des larmes coulent sur le visage du seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Pour sa "dernière chance" de s'exprimer, le Français de 32 ans réaffirme avoir renoncé à déclencher sa ceinture explosive, "par humanité". Aux victimes, il demande de le "détester avec modération".

Cette métamorphose est-elle une stratégie de défense, comme on le soupçonne sur les bancs des parties civiles, ou une véritable évolution après des semaines de débats ?

"Ce procès lui a permis de fissurer l'image pré-fabriquée qu'on avait de lui et que les six années de silence ont consolidé", déclarent ses avocats, MMes Olivia Ronen et Martin Vettes.

Resté mutique pendant la quasi-totalité de l'enquête, Salah Abdeslam a retrouvé l'usage de la parole dès les premiers instants d'audience.

- "Marche arrière" -

Il se l'arroge pour vitupérer contre ses conditions de détention - "On est traités comme des chiens" - ou justifier les attentats. "On a attaqué la France, visé la population" mais il n'y avait "rien de personnel", "ces +terroristes+, ce sont mes frères". Le président coupe plusieurs fois son micro.

Provocateur, l'accusé se montre aussi insolent quand il propose au président de "respirer un petit coup" ou le taxe d'être légèrement "susceptible".

Mais au fil des mois, Salah Abdeslam continue de parler et s'adoucit même.

Ses réponses restent succinctes quand il évoque sa "vie simple" d'avant. "Imprégné par les valeurs occidentales", cet ancien petit délinquant de la commune bruxelloise de Molenbeek fréquentait casinos et boîtes de nuit. "Je dansais pas", s'empresse-t-il d'ajouter, sourire en coin.

Pour ses interrogatoires, la salle d'audience est toujours comble.

A l'isolement total depuis son arrestation en mars 2016, détenu dans une cellule vidéo-surveillée 24h/24, Salah Abdeslam semble profiter de ce statut d'accusé "numéro 1". Il tapote sur le micro pour vérifier qu'il fonctionne, soupèse chacun de ses mots.

Et déclare dès son premier interrogatoire, le 9 février, qu'il n'a "tué personne". Porteur d'une ceinture explosive le 13-Novembre, il dit avoir fait "marche arrière".

Ce "renoncement" deviendra le fil rouge de ses auditions, même le 30 mars lorsqu'il oppose pour la première - et unique - fois son droit au silence aux questions de la cour.

- "Vedette" -

L'un des avocats généraux, Nicolas Le Bris, s'emporte contre cet accusé qui "se prend pour une vedette, fait du teasing et garde le silence, se plaisant à voir les réactions qu'il suscite".

"On a la confirmation avec vous, M. Abdeslam, que la lâcheté est bien la marque de fabrique des terroristes", fulmine le magistrat.

Salah Abdeslam reste coi, décide finalement de répondre à une avocate de parties civiles pour confirmer qu'il a "renoncé" à se faire exploser.

Ce seront ses seules explications.

Quid des achats d'explosifs, des locations de voitures, des allers-retours pour récupérer les futurs membres des commandos à leur retour de Syrie ? Il répond par des "no comment" obstinés.

Semblant incapable de renier son engagement jihadiste, il peut le même jour dire qu'il "aime" le groupe Etat islamique, dont il légitime les actions, et répéter sans ciller qu'il n'est "pas un danger pour la société".

"Dixième homme" des commandos, Salah Abdeslam n'est jamais allé en Syrie. Il y a pensé fin 2014 mais s'est trouvé dans une "impasse", dit-il en février: d'un côté, ses "frères" qui se font "massacrer", de l'autre ses "attaches" en Belgique, ses parents et la femme qu'il devait épouser.

En avril, sa version évolue: l'"idée passagère" d'un départ en Syrie se transforme en volonté farouche. C'est pour cela qu'il pleure devant sa fiancée quelques jours avant les attentats, explique-t-il alors.

Son avocate Olivia Ronen est revenue dans sa plaidoirie vendredi sur ce "Salah Abdeslam aux deux visages", qui oscille "entre la posture du guerrier et le petit gars de Molenbeek".

En près de dix mois d'audience, la carapace s'est-elle fissurée ? Salah Abdeslam s'est-il montré sincère ou n'était-ce qu'un exercice de style destiné à lisser l'image d'un "monstre dépourvu d'humanité" ?

L'accusation a requis contre lui la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la plus lourde peine du code pénal qui rend infime la possibilité d'une libération.

Une "peine de mort sociale", "terrible" pour sa défense.

"Je veux être oublié à jamais", a souhaité Salah Abdeslam en avril. "Je n'ai pas choisi d'être celui que je suis aujourd'hui".

(P.Werner--BBZ)