Berliner Boersenzeitung - Fusées contre biodiversité: en Guyane, le centre spatial poursuivi pour "atteintes environnementales"

EUR -
AED 4.364016
AFN 78.417567
ALL 96.867483
AMD 450.139306
ANG 2.12687
AOA 1089.526391
ARS 1708.237609
AUD 1.713589
AWG 2.138657
AZN 2.016455
BAM 1.960077
BBD 2.393283
BDT 145.397052
BGN 1.995331
BHD 0.447954
BIF 3518.090156
BMD 1.188143
BND 1.507986
BOB 8.22844
BRL 6.261156
BSD 1.188273
BTN 107.983987
BWP 15.639046
BYN 3.388293
BYR 23287.594415
BZD 2.389856
CAD 1.628362
CDF 2590.150451
CHF 0.921963
CLF 0.026003
CLP 1026.745271
CNY 8.285629
CNH 8.255381
COP 4374.800358
CRC 588.01772
CUC 1.188143
CUP 31.485778
CVE 110.512654
CZK 24.223863
DJF 211.156619
DKK 7.468575
DOP 74.40737
DZD 153.508659
EGP 55.8048
ERN 17.822139
ETB 185.672383
FJD 2.624603
FKP 0.872071
GBP 0.867926
GEL 3.19598
GGP 0.872071
GHS 12.958093
GIP 0.872071
GMD 86.734026
GNF 10408.324571
GTQ 9.119513
GYD 248.608166
HKD 9.264975
HNL 31.341388
HRK 7.536628
HTG 155.730295
HUF 381.205443
IDR 19925.210343
ILS 3.702745
IMP 0.872071
INR 108.972281
IQD 1556.601372
IRR 50050.50604
ISK 145.404835
JEP 0.872071
JMD 187.050746
JOD 0.842367
JPY 182.931244
KES 153.211251
KGS 103.903421
KHR 4787.749271
KMF 499.020035
KPW 1069.349129
KRW 1715.107816
KWD 0.364261
KYD 0.990215
KZT 597.057979
LAK 25635.555968
LBP 106408.957519
LKR 367.894434
LRD 219.832635
LSL 19.05436
LTL 3.508276
LVL 0.718695
LYD 7.503816
MAD 10.7989
MDL 20.045837
MGA 5359.031893
MKD 61.76842
MMK 2495.022028
MNT 4236.997474
MOP 9.543546
MRU 47.387192
MUR 54.084302
MVR 18.356675
MWK 2060.425989
MXN 20.590879
MYR 4.711576
MZN 75.934177
NAD 19.053075
NGN 1679.356571
NIO 43.728361
NOK 11.596497
NPR 172.77345
NZD 1.983099
OMR 0.456839
PAB 1.188263
PEN 3.984964
PGK 5.156556
PHP 70.200807
PKR 332.743262
PLN 4.20549
PYG 7985.424499
QAR 4.331908
RON 5.098085
RSD 117.411043
RUB 90.902681
RWF 1733.677795
SAR 4.455422
SBD 9.652008
SCR 17.132595
SDG 714.704334
SEK 10.606662
SGD 1.507759
SHP 0.891415
SLE 28.97996
SLL 24914.754796
SOS 677.899171
SRD 45.297928
STD 24592.152394
STN 24.555234
SVC 10.3973
SYP 13140.351763
SZL 19.038825
THB 36.9245
TJS 11.092504
TMT 4.158499
TND 3.431419
TOP 2.860762
TRY 51.526415
TTD 8.075164
TWD 37.368233
TZS 3017.882305
UAH 51.229904
UGX 4212.404348
USD 1.188143
UYU 44.589924
UZS 14360.180496
VES 418.541536
VND 31114.483609
VUV 142.298833
WST 3.274032
XAF 657.433043
XAG 0.010188
XAU 0.000233
XCD 3.211014
XCG 2.141499
XDR 0.817539
XOF 657.430271
XPF 119.331742
YER 283.131598
ZAR 18.993332
ZMK 10694.712079
ZMW 23.200992
ZWL 382.581423
  • AEX

    -1.4000

    998.74

    -0.14%

  • BEL20

    16.4800

    5332.66

    +0.31%

  • PX1

    -12.2200

    8131.15

    -0.15%

  • ISEQ

    -5.1700

    12928.84

    -0.04%

  • OSEBX

    3.2900

    1736.76

    +0.19%

  • PSI20

    19.6800

    8577.23

    +0.23%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -53.9400

    4063.53

    -1.31%

  • N150

    -5.8600

    3902.15

    -0.15%

Fusées contre biodiversité: en Guyane, le centre spatial poursuivi pour "atteintes environnementales"
Fusées contre biodiversité: en Guyane, le centre spatial poursuivi pour "atteintes environnementales" / Photo: Ronan LIETAR - AFP/Archives

Fusées contre biodiversité: en Guyane, le centre spatial poursuivi pour "atteintes environnementales"

Le gestionnaire de la base spatiale de Kourou, en Guyane, est poursuivi en justice pour des destructions d'espèces protégées lors de travaux réalisés sans autorisation. Des documents obtenus par l'AFP révèlent la mansuétude des services de l'État pour lui permettre de rapidement régulariser sa situation.

Taille du texte:

L'affaire poursuit le Cnes depuis 2022. Il est reproché à l'agence spatiale française des "atteintes illicites (...) à la conservation d'un habitat naturel et d'espèces protégées", lors de la réhabilitation non autorisée du pas de tir "Diamant".

Entre 1968 et 1976, les premières fusées françaises partaient de ce site. Mis en sommeil, il a été reconverti à partir de 2019 pour accueillir Callisto, une fusée expérimentale réutilisable, et cinq nouvelles plateformes pour des petites fusées privées, au cœur de la tentaculaire base spatiale guyanaise.

Au moins quatre espèces protégées et leur habitat ont été détruits lors des travaux de terrassement débutés en mars 2022. Parmi celles-ci, une grenouille rare, le leptodactyle ocellé, protégée depuis 2020 par un arrêté ministériel.

Le parquet soupçonne le Centre national d'études spatiales d'avoir eu connaissance de sa présence avant les travaux sans modifier ses plans. Quant aux autorisations de chantier, l'agence ne les avait pas encore obtenues, selon les éléments obtenus par l'AFP.

Des impératifs économiques auraient justifié le choix de passer outre. "Les activités de terrassement démarrent. Tout arrêt industriel aurait un impact financier. Sauf demande explicite, nous maintenons ces travaux", écrit une responsable du projet Callisto dans un mail du 22 mars 2022.

Plusieurs fois, la Direction générale des territoires et de la mer (DGTM), un service sous l'autorité du préfet, avertit pourtant le Cnes que les travaux "ne peuvent démarrer en l'état".

L'agence spatiale passe outre: ce n'est qu'en septembre 2022 que la préfecture fait stopper le chantier avec un projet d'arrêté de mise en demeure de régularisation, après plusieurs contrôles de l'Office français de la biodiversité (OFB) et de la DGTM.

Lors d'un de ces contrôles, le 4 août, la DGTM découvre un autre chantier démarré sans autorisation: l'aménagement d'un parc photovoltaïque, malgré la présence d'espèces protégées signalée dès novembre 2021.

Selon l'OFB, 2,11 hectares d'habitats abritant huit espèces protégées ont été détruits.

- "Sanctuaire environnemental" -

Avec ses 650 km2 - six fois la surface de Paris -, le centre spatial guyanais, à l'accès strictement encadré, se présente pourtant comme un "sanctuaire environnemental".

Situé sur une savane littorale constituée d'herbes hautes et de petits arbustes, écosystème qui concentre 16% de la biodiversité de Guyane pour 0,3% du territoire, le site abrite plusieurs espèces endémiques et même une concentration inédite de jaguars.

Ce n'est pas la première fois que le Cnes est épinglé. En 2019, pour le projet Callisto, il avait lancé des travaux de défrichage sans déclaration préalable, bouleversant une zone où un bureau d'études devait recenser la faune et la flore. Résultat: des inventaires faussés car le milieu naturel avait déjà été altéré.

La crise du spatial européen à l'époque, découlant de l'invasion russe de l'Ukraine, semble avoir pesé sur cette précipitation. Notamment pour la réhabilitation du pas de tir "Diamant", évaluée à 50 millions d'euros, selon des éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance.

Financés par le plan France Relance 2030, les projets sont soumis à un calendrier serré. Ainsi, le parc photovoltaïque a reçu une subvention de cinq millions d'euros à condition que les travaux soient réalisés avant fin 2023.

- "Retenir l'OFB" -

Bien conscient des enjeux, l'Etat a pu faire preuve de clémence. En septembre 2022, le secrétaire général de la préfecture d'alors, Mathieu Gatineau, et la DGTM élaborent une stratégie pour aligner les procédures de régularisation en cours avec le calendrier de France Relance.

Dans un échange dont l'AFP a pris connaissance, le responsable préfectoral demande au directeur de la DGTM, Ivan Martin, de "tâcher de retenir l'OFB, s'agissant d'un projet d'intérêt régional majeur".

Ce dernier le rassure: ses agents n'iront "pas contrôler" le site après sa mise en demeure pour éviter toute "sanction administrative".

Aujourd'hui, la base spatiale dispose de toutes les autorisations nécessaires pour la réhabilitation de Diamant, reconnu en mai 2024 "d'intérêt général majeur".

Une expertise judiciaire chiffre le préjudice écologique à 9,7 millions d'euros et la durée de restauration des sites abimés à plusieurs décennies.

Saisi après un signalement de l'association guyanaise Cerato, le parquet de Cayenne a proposé au Cnes une convention judiciaire d'intérêt public (CJIP): l'abandon des poursuites contre 10.000 euros d'amende, 20.000 euros de dommages et intérêts et des mesures compensatoires sur trois ans.

Solution insuffisante, a jugé le tribunal, qui l'a invalidée en juillet 2024. Le dossier Callisto a alors été joint à celui du champ photovoltaïque PV2 dans une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable à la française.

Après plusieurs reports, l'audience de CRPC à Cayenne pourrait se tenir le 1er décembre, selon une source proche du dossier. La partie civile plaide pour une requalification en délit d'écocide, qui ouvrirait la voie à un procès correctionnel.

Sollicités par l'AFP, ni les services préfectoraux, ni Mathieu Gatineau, ni l'ancienne substitut du procureur à l'origine de la CJIP n'ont donné suite. Le parquet n'a pas souhaité s'exprimer avant l'audience. La direction du Cnes ne fait "aucun commentaire" et s'en remet "à la décision de la justice".

(T.Renner--BBZ)