Berliner Boersenzeitung - C'était "un miracle humain": la difficile fermeture de la maternité des Lilas

EUR -
AED 4.35724
AFN 77.710021
ALL 96.668143
AMD 443.408827
ANG 2.123843
AOA 1087.975931
ARS 1695.238337
AUD 1.715666
AWG 2.137392
AZN 2.015643
BAM 1.957171
BBD 2.365678
BDT 143.680677
BGN 1.992491
BHD 0.442812
BIF 3478.637473
BMD 1.186451
BND 1.502353
BOB 8.116722
BRL 6.305277
BSD 1.174528
BTN 107.817093
BWP 16.292485
BYN 3.325158
BYR 23254.446333
BZD 2.362275
CAD 1.62306
CDF 2586.463818
CHF 0.922146
CLF 0.025883
CLP 1021.995541
CNY 8.273833
CNH 8.248886
COP 4242.477121
CRC 581.309772
CUC 1.186451
CUP 31.440961
CVE 110.342782
CZK 24.261922
DJF 209.167445
DKK 7.468224
DOP 74.002165
DZD 153.297707
EGP 55.620723
ERN 17.79677
ETB 182.960771
FJD 2.669876
FKP 0.86965
GBP 0.868032
GEL 3.191631
GGP 0.86965
GHS 12.803025
GIP 0.86965
GMD 86.611343
GNF 10288.295698
GTQ 9.015279
GYD 245.743227
HKD 9.247747
HNL 30.98284
HRK 7.53385
HTG 154.047941
HUF 381.973858
IDR 19897.619547
ILS 3.719571
IMP 0.86965
INR 108.62846
IQD 1538.784707
IRR 49979.263032
ISK 145.779091
JEP 0.86965
JMD 184.890331
JOD 0.84123
JPY 182.919925
KES 151.395312
KGS 103.7547
KHR 4727.312416
KMF 498.309794
KPW 1067.930094
KRW 1709.11911
KWD 0.363533
KYD 0.97889
KZT 591.289299
LAK 25382.999745
LBP 105183.888632
LKR 363.888042
LRD 217.286758
LSL 18.958144
LTL 3.503283
LVL 0.717672
LYD 7.473268
MAD 10.758884
MDL 19.991176
MGA 5313.745722
MKD 61.674255
MMK 2490.712803
MNT 4229.03407
MOP 9.43405
MRU 46.960301
MUR 54.007514
MVR 18.33061
MWK 2036.735719
MXN 20.606998
MYR 4.707864
MZN 75.825876
NAD 18.958144
NGN 1670.594617
NIO 43.220649
NOK 11.551308
NPR 172.508603
NZD 1.990474
OMR 0.454671
PAB 1.174628
PEN 3.940478
PGK 5.023562
PHP 69.944903
PKR 328.646967
PLN 4.212709
PYG 7854.536755
QAR 4.282319
RON 5.124755
RSD 117.484301
RUB 88.866093
RWF 1713.10759
SAR 4.448953
SBD 9.638269
SCR 16.923589
SDG 713.643125
SEK 10.559643
SGD 1.504687
SHP 0.890146
SLE 28.944061
SLL 24879.290578
SOS 670.072342
SRD 45.228737
STD 24557.147375
STN 24.517386
SVC 10.277245
SYP 13121.647493
SZL 18.95336
THB 36.887368
TJS 10.98211
TMT 4.15258
TND 3.419382
TOP 2.85669
TRY 51.464108
TTD 7.978658
TWD 37.301434
TZS 3013.58665
UAH 50.646001
UGX 4151.926742
USD 1.186451
UYU 44.480418
UZS 14256.229622
VES 417.945775
VND 31048.838434
VUV 141.785655
WST 3.269374
XAF 656.419718
XAG 0.01101
XAU 0.000234
XCD 3.206444
XCG 2.116892
XDR 0.816375
XOF 656.419718
XPF 119.331742
YER 282.734094
ZAR 19.067468
ZMK 10679.425628
ZMW 23.043341
ZWL 382.036849
  • AEX

    -0.1000

    1000.12

    -0.01%

  • BEL20

    -13.8600

    5316.43

    -0.26%

  • PX1

    -5.7000

    8143.05

    -0.07%

  • ISEQ

    -179.6500

    12933.65

    -1.37%

  • OSEBX

    8.1100

    1733.38

    +0.47%

  • PSI20

    -46.4600

    8557.86

    -0.54%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    35.9200

    4117.41

    +0.88%

  • N150

    -5.8700

    3908.11

    -0.15%

C'était "un miracle humain": la difficile fermeture de la maternité des Lilas
C'était "un miracle humain": la difficile fermeture de la maternité des Lilas / Photo: Eric Feferberg - AFP/Archives

C'était "un miracle humain": la difficile fermeture de la maternité des Lilas

Elle a accompagné des milliers de femmes sur plusieurs générations, dans la grossesse et l'accouchement: après 60 ans d'activité la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis) ferme ses portes pour raisons financières vendredi à 20H00, suscitant la tristesse et le désarroi des patientes et du personnel.

Taille du texte:

Sur la haute façade en bois, aucune banderole n'est accrochée. Le site internet propose toujours des rendez-vous pour une consultation grossesse. "Un déni de réalité", confie Angélique Kuipers, 30 ans, sage-femme aux Lilas depuis cinq ans et demi.

Fondée en 1964, la petite clinique engagée est l'une des premières en France à avoir pratiqué les méthodes d'"accouchement sans douleur" venues d'URSS et à avoir milité pour la légalisation de l'avortement avant la loi Veil de 1975.

"Elle a été la maman du féminisme", affirme Chantal Birman, 75 ans, arrivée comme sage-femme en 1970 à la maternité "où l'ambiance soixante-huitarde était dingue". "C'est un miracle humain, les Lilas", estime la désormais retraitée, après 49 ans passés dans la clinique.

Un cocon loin des salles et couloirs anonymes des grands hôpitaux.

Rosie Clear, mère d'une petite Alma de deux mois et demi, avait d'abord choisi Tenon de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris), tout près de chez elle, pour accoucher. "Mais je n'ai pas du tout aimé. Il y avait beaucoup de monde, de bruit, c'était grand et mal organisé". La Britannique, professeure d'anglais à Paris, a alors entendu parler des Lilas et de "sa taille plus humaine".

"Là-bas, on n'a pas l'impression d'être à l'hôpital", se souvient Claire Poisson, 57 ans, enseignante à Paris.

- "La femme au coeur de tout" -

C'est d'ailleurs pour cette raison que Laure Brassart, 41 ans, a choisi la clinique il y a trois ans. "Je sortais d'un long parcours de PMA (procréation médicalement assistée) très médicalisé et j'avais envie d'un suivi physiologique et naturel".

Car la maternité s'est fondée sur un credo: le droit des femmes à disposer librement de leur corps et de la manière la plus naturelle possible.

En entrant dans la clinique, le regard se pose sur des portraits de femmes inspirantes accrochés aux murs, des messages comme des mantras, glorifiant la femme, la mère et aussi celle qui choisit de ne pas le devenir.

"Là-bas, la femme est au coeur de tout", confirme Chantal Birman. "Et ce qui est important pour nous, c'est qu'elle accouche comme elle en a envie. Sur le dos, sur le côté, debout, à quatre pattes, dans l'eau, avec péridurale ou non. C'est elle qui décide", explique l'ancienne sage-femme, tout en précisant que ces choix sont validés en concertation avec l'équipe médicale.

Des soignants qui travaillent en lien étroit avec les futures mères. "C'est une relation de confiance mutuelle, d'égal à égal, grâce notamment au tutoiement et à l'utilisation des prénoms", insiste Angélique Kuipers.

Journaliste à Paris, Sophie Guenet, 46 ans, se souvient avec émotion de la proximité avec l'équipe quand elle a eu sa fille il y a 13 ans. Mais aussi quelques années plus tard après une fausse couche: "J'y ai été accompagnée avec douceur et beaucoup de compassion".

La clinique, qui compte 19 chambres et quatre salles de naissance ainsi qu'un centre d'IVG, était en sursis depuis des années, victime de difficultés financières. Sauvée à plusieurs reprises, elle va définitivement fermer, la Haute autorité de santé (ARS) ayant retiré sa certification.

"C'est vrai que les bâtiments sont vétustes. Je me souviens m'être dit: +C'est vraiment pas le luxe ici+, mais justement, ce n'est pas pour ça qu'on choisit Les Lilas", explique Rosie Clear.

"La santé, la maternité, la vie d'une mère ou d'un nouveau-né ne seront jamais rentables", regrette Tita Szalewa, sage-femme de 28 ans.

"La première cause de mortalité des femmes en France en période périnatale est le suicide. Mais on ferme les maternités comme la nôtre qui axait la prise en charge sur les patientes et pas seulement sur le côté médical", ajoute sa collègue Chloé Virefleau.

"Ma mère a accouché aux Lilas de mon frère en 1973, j'y ai eu mes trois enfants et ma fille y a accouché en juillet. C'est une histoire de famille!", sourit Claire Poisson. "Malheureusement, elle s'arrête là", conclut la jeune grand-mère.

(U.Gruber--BBZ)