Berliner Boersenzeitung - Dix ans après le 13-Novembre, la Croix-Rouge face aux cicatrices de la "médecine de guerre"

EUR -
AED 4.120404
AFN 72.927976
ALL 90.61102
AMD 405.008331
ANG 2.008071
AOA 1028.838576
ARS 1736.149261
AUD 1.600185
AWG 2.019531
AZN 1.902021
BAM 1.949582
BBD 2.259394
BDT 139.664576
BGN 1.961
BHD 0.423553
BIF 3351.909956
BMD 1.121962
BND 1.434027
BOB 13.601621
BRL 6.120077
BSD 1.121822
BTN 106.111585
BWP 15.40188
BYN 3.347325
BYR 21990.451181
BZD 2.256204
CAD 1.566466
CDF 2597.341285
CHF 0.917826
CLF 0.027517
CLP 1083.085532
CNY 7.483265
CNH 7.479682
COP 3622.960491
CRC 509.59069
CUC 1.121962
CUP 26.923136
CVE 109.914456
CZK 24.281104
DJF 199.762908
DKK 7.474964
DOP 67.367251
DZD 152.741328
EGP 60.523781
ERN 16.829427
ETB 184.123231
FJD 2.516782
FKP 0.833659
GBP 0.832804
GEL 2.922683
GGP 0.833659
GHS 13.052373
GIP 0.833659
GMD 83.580612
GNF 9940.581708
GTQ 8.57266
GYD 235.0404
HKD 8.801661
HNL 30.151779
HRK 7.594571
HTG 146.969968
HUF 362.939493
IDR 20253.598225
ILS 3.552299
IMP 0.833659
INR 105.976079
IQD 1700.676136
IRR 2113112.379791
ISK 136.59849
JEP 0.833659
JMD 177.820021
JOD 0.795514
JPY 177.696064
KES 145.73166
KGS 98.114772
KHR 4561.411909
KMF 494.785097
KPW 1009.765572
KRW 1507.810091
KWD 0.348762
KYD 0.934819
KZT 507.022982
LAK 25256.451125
LBP 100456.918812
LKR 373.279522
LRD 190.701806
LSL 18.465609
LTL 3.312862
LVL 0.678663
LYD 7.19306
MAD 10.958451
MDL 20.119833
MGA 5066.840631
MKD 61.552081
MMK 2355.946016
MNT 4040.693261
MOP 9.06489
MRU 45.632873
MUR 52.451665
MVR 17.33993
MWK 1945.196303
MXN 20.838756
MYR 4.539567
MZN 71.704527
NAD 18.465609
NGN 1508.948597
NIO 41.278353
NOK 10.413556
NPR 169.783815
NZD 1.993518
OMR 0.431359
PAB 1.121922
PEN 3.871951
PGK 5.034057
PHP 70.693134
PKR 310.317224
PLN 4.391072
PYG 6802.305817
QAR 4.089856
RON 5.339303
RSD 117.608484
RUB 91.579752
RWF 1650.742742
SAR 4.214469
SBD 9.03372
SCR 15.431268
SDG 674.857156
SEK 10.968394
SGD 1.432482
SHP 0.836473
SLE 25.704023
SLL 23526.982794
SOS 641.180837
SRD 42.145393
STD 23222.343924
STN 24.422654
SVC 9.815695
SYP 14587.746904
SZL 18.456139
THB 37.47857
TJS 10.348596
TMT 3.938086
TND 3.343437
TOP 2.701414
TRY 56.151723
TTD 7.604747
TWD 36.957727
TZS 2970.256953
UAH 51.086872
UGX 4605.312555
USD 1.121962
UYU 45.106146
UZS 13338.460453
VES 1002.774733
VND 28814.783799
VUV 134.248442
WST 3.1226
XAF 655.957
XAG 0.021283
XAU 0.000271871444
XCD 3.032158
XCG 2.021752
XDR 0.793285
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 264.979318
ZAR 18.383759
ZMK 10099.005166
ZMW 22.75144
ZWL 361.27124
SSP 6446.250014
MXV 2.345042
  • AEX

    -15.8300

    1099.02

    -1.42%

  • BEL20

    -65.5900

    5540.72

    -1.17%

  • PX1

    -120.2600

    7843.89

    -1.51%

  • ISEQ

    -301.0700

    14173.37

    -2.08%

  • OSEBX

    -24.9000

    2050.38

    -1.2%

  • PSI20

    -177.8800

    9489.32

    -1.84%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.6000

    4516.39

    +0.57%

  • N150

    -55.9300

    4149.48

    -1.33%

Dix ans après le 13-Novembre, la Croix-Rouge face aux cicatrices de la "médecine de guerre"
Dix ans après le 13-Novembre, la Croix-Rouge face aux cicatrices de la "médecine de guerre" / Photo: DOMINIQUE FAGET - AFP/Archives

Dix ans après le 13-Novembre, la Croix-Rouge face aux cicatrices de la "médecine de guerre"

"C'était clairement de la médecine de guerre". Dix ans après, le souvenir d'Eric, qui "gérait les secours" de la Croix-Rouge à Paris cette nuit-là, résume la rupture que les attentats du 13 novembre 2015 ont représentée pour les bénévoles.

Taille du texte:

Ce soir-là, la France bascule dans l'horreur. 130 morts et des centaines de blessés au Stade de France, sur les terrasses parisiennes, au Bataclan.

Près de 400 bénévoles et 54 véhicules de la Croix-Rouge sont mobilisés dès les premières heures dans le cadre du plan Aramis, leur dispositif d'urgence conçu pour les accidents "multi-sites".

L'association connaissait les scénarios "multivictimes" (accidents, explosions), mais n'avait pas anticipé ce genre d'attaques.

"Nous étions restés sur l'habitude des explosions", explique Florent Vallée, directeur de l'urgence de la Croix-Rouge. "Nous n'avions pas envisagé d'avoir des gens qui tirent à l'arme de guerre dans les rues de Paris."

- "Tirs de kalachnikovs" -

La rupture s'opère d'abord sur le front "sécuritaire".

"Très vite, la problématique a été la sécurité de nos intervenants", poursuit M. Vallée.

Eric, chef de chantier de 51 ans et bénévole depuis 33 ans, comprend que les règles ont changé près du Bataclan : "Quand je suis descendu de la voiture, j'ai entendu les kalachnikovs tirer. J'ai immédiatement compris le danger et j'ai dit aux équipes de se mettre à l'abri", raconte-t-il à l'AFP.

Camille, 37 ans, assistante sociale à l'époque et bénévole depuis 2010, envoyée sur l'attaque contre le Comptoir Voltaire, confirme que la vraie rupture fut cette prise de conscience du danger, "quand les forces de l'ordre ont signalé le risque d'explosion de la ceinture d'explosifs" d'un des jihadistes.

"J'ai réalisé l'importance du rapport au risque. On nous a toujours appris qu'il fallait d'abord se protéger soi-même, mais là, j'ai compris pourquoi".

L'autre choc est "la saturation", explique Florent Vallée. "Vous partez avec une adresse et en fait vous vous arrêtez sur la route parce que vous tombez sur une autre terrasse".

Sur le terrain, l'urgence impose de revenir aux "fondamentaux parce que dans une ambulance, à l'époque, vous aviez un garrot tourniquet, pas 50. Face à cette masse, il faut improviser avec ce que vous avez : une ceinture, un drap", poursuit-il.

Eric confirme : "Moi, j'ai ma ceinture qui est partie sur une jambe pour faire un garrot".

Au Comptoir Voltaire, Camille décrit une scène "de guerre", où le tri des blessés s'est fait "au système D" : "On a dû improviser, on s'est servi d'un marqueur pour écrire sur les gens, sur leurs mains, sur leur front, simplement pour savoir qui avait été vu et le degré de blessure".

- "Psychotraumatisme vicariant" -

À la mairie du 11e arrondissement, transformée en centre d'accueil, le climat "extrêmement calme" contraste avec le chaos, se souvient la psychologue Rosine Duhamel.

C'est le calme du choc. Les secouristes y découvrent une mission inédite : le "secours à des personnes qui ont vécu un traumatisme psychique". Son rôle est alors de "soutenir ses propres équipes" face à cette situation.

Car un risque invisible pèse sur ces secouristes : le "psychotraumatisme vicariant", explique la psychologue. "On n'a pas vécu l'événement directement, mais à entendre les récits des victimes, on peut vivre une forme de traumatisme également".

L'après-13-Novembre impose une réorganisation. Dès 2016, l'association a fait évoluer son plan Aramis en un "Plan de préparation aux nouvelles menaces" (PPNM), qui impose la protection des intervenants comme priorité absolue et systématise le soutien psychologique post-intervention.

Concrètement, "on a développé une initiation au premier secours psychologique", explique Rosine Duhamel. Durant ces exercices, des personnes apparaissant comme non blessées physiquement simulent la prostration, l'état de choc, précise-t-elle.

Surtout, l'organisation lance un suivi systématique de ses troupes.

Au total, 700 bénévoles ont été mobilisés sur les quinze jours d'opérations.

"On a fait rappeler tous nos volontaires par des psychologues", souligne M. Vallée, précisant que pour certains, "le choc a été trop grand".

"Refroidi", Eric a pour sa part arrêté le secourisme en 2016, mais il témoigne des conséquences paradoxales de l'événement : "On a eu plus d'arrivées de bénévoles que de départs".

(P.Werner--BBZ)