Berliner Boersenzeitung - Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin

EUR -
AED 4.130251
AFN 73.101843
ALL 90.827689
AMD 405.976788
ANG 2.012872
AOA 1031.299033
ARS 1740.353149
AUD 1.602754
AWG 2.02436
AZN 1.913083
BAM 1.954244
BBD 2.264797
BDT 139.998542
BGN 1.965689
BHD 0.424566
BIF 3359.925049
BMD 1.124645
BND 1.437456
BOB 13.634145
BRL 6.142868
BSD 1.124505
BTN 106.365319
BWP 15.438709
BYN 3.355329
BYR 22043.03479
BZD 2.261599
CAD 1.568598
CDF 2603.55236
CHF 0.91715
CLF 0.027591
CLP 1085.912055
CNY 7.501157
CNH 7.497719
COP 3631.724939
CRC 510.809224
CUC 1.124645
CUP 26.987514
CVE 110.177284
CZK 24.290412
DJF 200.240582
DKK 7.474737
DOP 67.52834
DZD 152.974455
EGP 60.592027
ERN 16.869669
ETB 184.563506
FJD 2.52061
FKP 0.835653
GBP 0.834256
GEL 2.929715
GGP 0.835653
GHS 13.083584
GIP 0.835653
GMD 83.783286
GNF 9964.351529
GTQ 8.593159
GYD 235.602429
HKD 8.823096
HNL 30.223878
HRK 7.612731
HTG 147.321402
HUF 363.029616
IDR 20296.349211
ILS 3.557082
IMP 0.835653
INR 106.120786
IQD 1704.742796
IRR 2118165.258096
ISK 136.62177
JEP 0.835653
JMD 178.245225
JOD 0.797351
JPY 177.955868
KES 146.181525
KGS 98.349782
KHR 4572.319165
KMF 495.968313
KPW 1012.180125
KRW 1508.699576
KWD 0.349495
KYD 0.937054
KZT 508.235377
LAK 25316.844398
LBP 100697.131585
LKR 374.172109
LRD 191.157813
LSL 18.509764
LTL 3.320783
LVL 0.680286
LYD 7.21026
MAD 10.984655
MDL 20.167944
MGA 5078.95647
MKD 61.552791
MMK 2361.579558
MNT 4050.355375
MOP 9.086566
MRU 45.74199
MUR 52.577254
MVR 17.381318
MWK 1949.84766
MXN 20.862006
MYR 4.551208
MZN 71.875564
NAD 18.509764
NGN 1514.13123
NIO 41.377058
NOK 10.443489
NPR 170.189803
NZD 1.993641
OMR 0.432409
PAB 1.124605
PEN 3.88121
PGK 5.046095
PHP 70.688411
PKR 311.059255
PLN 4.392131
PYG 6818.571503
QAR 4.099636
RON 5.339702
RSD 117.598472
RUB 91.850886
RWF 1654.690001
SAR 4.224547
SBD 9.055321
SCR 15.512305
SDG 676.476071
SEK 10.966089
SGD 1.435097
SHP 0.838474
SLE 25.765185
SLL 23583.240559
SOS 642.71403
SRD 42.246191
STD 23277.873236
STN 24.481054
SVC 9.839167
SYP 14622.629152
SZL 18.500271
THB 37.560919
TJS 10.373341
TMT 3.947503
TND 3.351432
TOP 2.707874
TRY 56.285742
TTD 7.622931
TWD 37.004205
TZS 2976.973725
UAH 51.209031
UGX 4616.324787
USD 1.124645
UYU 45.214004
UZS 13370.355405
VES 1005.172578
VND 28883.685764
VUV 134.569458
WST 3.130067
XAF 655.957
XAG 0.021281
XAU 0.000272156519
XCD 3.039409
XCG 2.026587
XDR 0.795182
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 265.612974
ZAR 18.403032
ZMK 10123.158111
ZMW 22.805843
ZWL 362.135113
SSP 6461.664299
MXV 2.347658
  • AEX

    -15.8300

    1099.02

    -1.42%

  • BEL20

    -65.5900

    5540.72

    -1.17%

  • PX1

    -120.2600

    7843.89

    -1.51%

  • ISEQ

    -301.0700

    14173.37

    -2.08%

  • OSEBX

    -24.9000

    2050.38

    -1.2%

  • PSI20

    -177.8800

    9489.32

    -1.84%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.6000

    4516.39

    +0.57%

  • N150

    -55.9300

    4149.48

    -1.33%

Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin
Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin / Photo: RAHEB HOMAVANDI - AFP/Archives

Iran: le pouvoir a lâché du lest sur le voile, mais la répression n'est jamais loin

Des femmes qui dansent dans une fête ou discutent dans des cafés... Sans foulard. En Iran. Ces images encore inimaginables il y a peu se multiplient dans un pays où le voile est obligatoire depuis l'avènement de la République islamique en 1979.

Taille du texte:

C'est l'un de ses principes fondateurs, régulièrement asséné par les autorités, et qui vaut à des dizaines de femmes, dont des figures de l'opposition, d'être poursuivies ou détenues.

Elles sont pourtant de plus en plus nombreuses à se montrer tête nue en public, en dépit de la répression ayant frappé en 2022 et 2023 le mouvement de contestation "Femme, Vie, Liberté", après la mort en détention de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrêtée par la police des moeurs pour non-respect du strict code vestimentaire en vigueur.

Nattes, cheveux bouclés ou peroxydés s'affirment aujourd'hui dans l'espace public, au milieu de femmes plus traditionnelles arborant voile (hijab) ou tchador.

Ce phénomène, davantage visible ces derniers mois à Téhéran et dans les grandes villes, touche désormais toutes les générations à des degrés divers.

Certaines femmes arborent aussi davantage de tenues plus serrées ou laissant apparaître épaules, jambes ou nombril, au grand dam de certains conservateurs qui fustigent ce qu'ils appellent leur "nudité".

Les autorités iraniennes ont certes lâché du lest sur le port du voile en public, mais elles ne sont pas pour autant prêtes à renoncer à ce pilier de la République islamique, relèvent des analystes et des militants, avertissant qu'un brusque retour de bâton est possible.

L'assouplissement - relatif - intervient alors que l'Iran est sorti affaibli de la guerre de 12 jours en juin dernier contre Israël, et que se profile la succession du guide suprême iranien Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989 et âgé de 86 ans.

Les images des femmes déambulant cheveux au vent font "chaud au coeur", dit Roya Boroumand, directrice du Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits humains en Iran, une ONG basée aux Etats-Unis.

"Ce que nous voyons aujourd'hui est incontestablement le résultat d'années de désobéissance civile des femmes et des filles iraniennes, qui se sont battues pour imposer un petit espace de liberté dans l'espace public", souligne-t-elle.

"Ce n'est pas une réforme octroyée d'en haut", insiste-t-elle.

- "Concession idéologique" -

L'application plus ou moins stricte de la loi sur le voile varie d'une région à l'autre, explique Mme Boroumand.

Des commerces comme des cafés sont contraints de fermer s'ils n'ont pas fait respecter la règle.

En décembre, deux personnes qui avaient organisé un marathon sur l'île iranienne de Kish dans le Golfe ont été arrêtées après la diffusion d'images devenues virales, montrant des dizaines de coureuses tête nue.

Selon Arash Azizi, de l'université Yale aux Etats-Unis, "le régime a renoncé à faire respecter une application stricte du port du voile obligatoire, mais il n'a pas du tout renoncé au principe lui-même".

"Ce serait une énorme concession idéologique qu'il n'est pas prêt à faire. Mais il sait qu'il sera très difficile de faire rentrer le génie dans la bouteille", ajoute le chercheur.

En témoignent les images virales sur les réseaux sociaux de l'ouverture récente d'un centre commercial à Téhéran où des jeunes gens, dont des filles tête nue, dansent au son d'un DJ. Ou encore ce match de foot de division 2 le 6 décembre où des supportrices, la plupart tête nue, brandissent depuis la tribune réservée aux femmes des foulards à l'effigie de leur club.

Le cabinet du guide suprême lui-même a été critiqué par certains ultraconservateurs après avoir publié en novembre la photo de Niloufar Ghalehvand, une professeure de pilates tuée pendant la guerre avec Israël, la montrant sans voile, juste avec une casquette de baseball.

Lors de la semaine du design à l'Université de Téhéran en novembre, on pouvait voir des femmes sans voile se promenant dans les expositions. Toutefois, la manifestation a dû fermer ses portes plus tôt que prévu après des protestations de dignitaires religieux.

- Retour de bâton ? -

Le chef de l'autorité judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a ainsi déclaré que les agences de renseignement devaient signaler "les réseaux promouvant l'immoralité et le non port du voile", promettant que ses services prendraient des mesures.

Début décembre, le guide suprême a défendu le hijab dans une allocution, déclarant que les femmes portant le voile "progressaient plus que les autres dans tous les domaines et jouaient un rôle actif dans la société et dans leurs foyers".

Pour Mme Boroumand, "il y a un réel risque d'un retour d'une répression encore plus dure".

Si les images de femmes dévoilées et joyeuses peuvent donner une impression de liberté ambiante, la répression s'est cependant intensifiée ces derniers mois après la guerre avec Israël, préviennent les organisations militantes.

Plus de 1.400 exécutions ont déjà eu lieu cette année selon des ONG, et des groupes, notamment les Baha'ís, la plus grande minorité religieuse non musulmane d'Iran, subissent une persécution accrue.

La prix Nobel de la paix 2023 Narges Mohammadi, qui était en liberté provisoire depuis décembre 2024 et ne se couvre jamais la tête, a été de nouveau interpellée le 12 décembre à Mashhad (est) après avoir pris la parole lors d'une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort début décembre.

"Rien ne suggère que le régime est en train de relâcher la pression", insiste Mme Boroumand, pour qui les autorités au contraire préparent leurs outils de répression pour "intimider la société".

Le port du voile reste cependant un sujet de division y compris au sein du pouvoir. Le président Massoud Pezeshkian considère que l'on ne peut pas contraindre une femme à porter le voile.

Son administration a refusé l'an dernier de promulguer une loi, votée au Parlement, qui prévoyait un durcissement drastique des peines à l'encontre des femmes non ou mal voilées.

(F.Schuster--BBZ)