Berliner Boersenzeitung - A Istanbul, les tambours du ramadan battent le réveil

EUR -
AED 4.339975
AFN 73.863966
ALL 96.283541
AMD 444.224065
ANG 2.115011
AOA 1083.663344
ARS 1650.90238
AUD 1.663263
AWG 2.121238
AZN 2.013663
BAM 1.955466
BBD 2.376294
BDT 144.175355
BGN 1.947102
BHD 0.444824
BIF 3500.501627
BMD 1.181748
BND 1.493545
BOB 8.152606
BRL 6.063672
BSD 1.179798
BTN 107.352649
BWP 15.528346
BYN 3.415416
BYR 23162.260663
BZD 2.372894
CAD 1.612437
CDF 2611.663492
CHF 0.911314
CLF 0.026147
CLP 1032.446419
CNY 8.104605
CNH 8.108115
COP 4442.040681
CRC 556.704837
CUC 1.181748
CUP 31.316322
CVE 110.246155
CZK 24.248528
DJF 210.094087
DKK 7.473734
DOP 71.217826
DZD 152.087002
EGP 56.124406
ERN 17.72622
ETB 183.000318
FJD 2.591042
FKP 0.876355
GBP 0.87846
GEL 3.167546
GGP 0.876355
GHS 12.57685
GIP 0.876355
GMD 85.68128
GNF 10347.231253
GTQ 9.049453
GYD 246.837806
HKD 9.244992
HNL 31.221663
HRK 7.534712
HTG 154.653564
HUF 376.907163
IDR 19856.261565
ILS 3.705684
IMP 0.876355
INR 107.63343
IQD 1545.535807
IRR 1553189.113856
ISK 143.547385
JEP 0.876355
JMD 183.948556
JOD 0.837906
JPY 184.405912
KES 152.133994
KGS 103.344316
KHR 4730.191425
KMF 492.789327
KPW 1063.573253
KRW 1701.717523
KWD 0.362254
KYD 0.983232
KZT 587.639549
LAK 25252.683328
LBP 105653.139743
LKR 364.857632
LRD 216.492993
LSL 18.774291
LTL 3.489395
LVL 0.714828
LYD 7.451726
MAD 10.804453
MDL 20.192548
MGA 5004.144596
MKD 61.629465
MMK 2481.796861
MNT 4214.622625
MOP 9.508375
MRU 47.088951
MUR 54.798102
MVR 18.258453
MWK 2045.950267
MXN 20.367195
MYR 4.598541
MZN 75.519651
NAD 18.774291
NGN 1610.061181
NIO 43.422577
NOK 11.237483
NPR 171.764639
NZD 1.973692
OMR 0.450053
PAB 1.179798
PEN 3.958523
PGK 5.14912
PHP 68.234725
PKR 329.760631
PLN 4.2241
PYG 7599.700914
QAR 4.288667
RON 5.099288
RSD 117.359939
RUB 91.214408
RWF 1723.705351
SAR 4.428973
SBD 9.507378
SCR 16.375527
SDG 710.825762
SEK 10.672253
SGD 1.494443
SHP 0.886617
SLE 29.012352
SLL 24780.663772
SOS 673.084943
SRD 44.577943
STD 24459.797516
STN 24.495813
SVC 10.323235
SYP 130.612678
SZL 18.770791
THB 36.823703
TJS 11.225981
TMT 4.136118
TND 3.419715
TOP 2.845366
TRY 51.902806
TTD 8.008631
TWD 37.095504
TZS 3002.686723
UAH 50.868105
UGX 4253.272949
USD 1.181748
UYU 45.322253
UZS 14334.549664
VES 492.595347
VND 30778.626478
VUV 140.67791
WST 3.20952
XAF 655.84489
XAG 0.012594
XAU 0.000224
XCD 3.193733
XCG 2.126337
XDR 0.815661
XOF 655.84489
XPF 119.331742
YER 281.906413
ZAR 18.823497
ZMK 10637.154271
ZMW 22.293189
ZWL 380.522372
  • AEX

    4.6000

    1027.02

    +0.45%

  • BEL20

    4.8900

    5443.76

    +0.09%

  • PX1

    -40.5200

    8580.75

    -0.47%

  • ISEQ

    -34.2200

    13128.54

    -0.26%

  • OSEBX

    16.6900

    1892.04

    +0.89%

  • PSI20

    8.3400

    9276.09

    +0.09%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.3100

    3918.4

    +0.65%

  • N150

    -8.2000

    4092.87

    -0.2%

A Istanbul, les tambours du ramadan battent le réveil
A Istanbul, les tambours du ramadan battent le réveil / Photo: Yasin AKGUL - AFP

A Istanbul, les tambours du ramadan battent le réveil

Il est 03H30 du matin quand les fenêtres de la ruelle s'illuminent les unes après les autres. Sibel Savas, son petit-fils dans les bras, sort sur son balcon, réveillée par le tambour du davulcu.

Taille du texte:

Sur les hauteurs du quartier d'Ayvansaray, dans l'arrondissement modeste et conservateur de Fatih, à Istanbul, Hakan Özbingöl perpétue cette tradition ottomane depuis 55 ans: pendant le mois de ramadan, ce davulcu - ou joueur de davul, un tambour à deux faces - sonne l'heure du dernier repas avant d'entamer le jeûne à l'aube.

Hakan Özbingöl a hérité cet usage de son père qu'il a assisté dès ses dix ans. Pour ce musicien à la retraite de 65 ans, les maigres oboles qu'il recueille auprès des riverains, uniquement au dernier jour du ramadan, ne suffisent "ni pour habiller nos enfants ni pour entretenir notre maison", souligne-t-il.

"Mais tant qu'il s'agira d'islam, ce tambour ne se taira jamais. Ce travail, on le fait pour Allah. C'est notre devoir", explique-t-il d'une voix rauque, déambulant le dos courbé, le long des rues sinueuses.

- "Un héritage" -

Selon le professeur Harun Korkmaz, historien de la musique à l'Université d'Istanbul et compositeur, les davulcu du ramadan "datent de la fin du XIXe siècle et puisent leur origine dans la tradition des mehters, ou orchestres militaires, qui rythmaient les journées matin et soir".

"Ils sont la continuation de cet héritage", explique-t-il à l'AFP, soulignant que cette tradition "est propre à la ville d'Istanbul" et s'accompagne de la récitation de "mani", des petits poèmes rythmés que le davulcu déclame sous les fenêtres pour flatter son audience.

"En Turquie, rares sont les davulcu qui savent chanter des mani. Il ne suffit pas de prendre le tambour et de taper dessus en se promenant", affirme fièrement M. Özbingöl en pointant sa tempe pour montrer où il conserve ce savoir. Les mani sont sa signature, celle du "véritable davulcu" assure-t-il.

Dans ce quartier, la plupart des davulcu sont issus de la vaste communauté rom de Turquie, qui compte entre 1,2 et 2,3 millions de membres selon des chercheurs turcs.

Pour Zafer, 71 ans, un passant déambulant les bras croisés derrière le dos, "si les Roms n'étaient pas là, il n'y aurait rien. Ce sont eux les musiciens et les davulcu du ramadan à Istanbul". Entre le linge pendu et les drapeaux turcs déployés aux façades des immeubles, il salue le davulcu avec familiarité.

- "L'excitation du ramadan" -

Pas d'alarme électronique pour Sibel Savas, qui "ne compte que sur le davulcu pour se réveiller".

"Cette tradition est importante pour nous. Elle nous vient de nos anciens", insiste-t-elle tandis que son petit-fils s'agite en hélant le vieil homme au tambour.

Dans une rue voisine, Yurdaer, 58 ans, un autre davulcu, prend garde à frapper moins fort sur son tambour pour ne pas réveiller en sursaut un vieil homme cardiaque qu'il connait.

Selami Aykut, responsable de la fédération des maires de quartier d'Istanbul, affirme que la mégapole compte encore 3.000 davulcu dans ses 961 quartiers. Après un coup d'arrêt pendant la pandémie de Covid, la municipalité a doublé le nombre d'accréditations.

"Nous avons augmenté le nombre de davulcu avec qui nous travaillons pour mieux transmettre nos traditions ottomanes à la jeunesse, pour qu'elle puisse ressentir l'excitation du ramadan", confie-t-il à l'AFP.

Alors que les vendeurs ambulants disparaissent peu à peu, remplacés par des supermarchés, le davulcu est protégé par la portée symbolique dans ce mois religieux : "Ni vendeurs de boza (une boisson fermentée à base de céréales), ni vendeurs de yaourt, ni autres vendeurs ambulants, ils ont presque tous disparu", constate Hakan Özbingöl: "il ne reste que les davulcu", souffle-t-il en grimpant la rue.

(Y.Berger--BBZ)