Berliner Boersenzeitung - Au Somaliland, un refuge pour guépards sauvés d'un trafic vers le Golfe

EUR -
AED 4.248611
AFN 76.353238
ALL 92.699242
AMD 423.490275
ANG 2.070551
AOA 1062.009423
ARS 1721.341253
AUD 1.630351
AWG 2.085263
AZN 1.896238
BAM 1.953466
BBD 2.331423
BDT 142.047799
BGN 1.962479
BHD 0.436629
BIF 3456.587734
BMD 1.156873
BND 1.477813
BOB 13.445932
BRL 6.020477
BSD 1.157522
BTN 110.608741
BWP 15.585992
BYN 3.521587
BYR 22674.702087
BZD 2.328127
CAD 1.604964
CDF 2631.884559
CHF 0.93961
CLF 0.026893
CLP 1058.434086
CNY 7.798073
CNH 7.805489
COP 3626.598793
CRC 520.039247
CUC 1.156873
CUP 30.657123
CVE 110.654806
CZK 24.201888
DJF 206.136742
DKK 7.476265
DOP 67.966003
DZD 153.867543
EGP 58.099988
ERN 17.353088
ETB 187.292834
FJD 2.553333
FKP 0.853054
GBP 0.855409
GEL 2.977342
GGP 0.853054
GHS 12.725431
GIP 0.853054
GMD 85.032196
GNF 10170.813119
GTQ 8.833368
GYD 242.198483
HKD 9.075029
HNL 31.033084
HRK 7.532516
HTG 151.495989
HUF 364.436848
IDR 20655.959478
ILS 3.450083
IMP 0.853054
INR 110.662147
IQD 1514.924611
IRR 1590179.170828
ISK 142.214015
JEP 0.853054
JMD 183.410645
JOD 0.820176
JPY 184.782045
KES 149.81661
KGS 101.168011
KHR 4677.935609
KMF 491.670852
KPW 1041.18564
KRW 1633.052592
KWD 0.357208
KYD 0.96473
KZT 533.613116
LAK 26117.724628
LBP 103680.654041
LKR 384.15411
LRD 210.101679
LSL 18.715339
LTL 3.415944
LVL 0.69978
LYD 7.354607
MAD 10.753129
MDL 19.931422
MGA 4986.558386
MKD 61.451566
MMK 2429.202613
MNT 4161.120652
MOP 9.35446
MRU 46.41595
MUR 54.372841
MVR 17.873716
MWK 2008.33128
MXN 19.742551
MYR 4.693196
MZN 73.929947
NAD 18.712915
NGN 1564.346211
NIO 42.603877
NOK 10.907569
NPR 177.009133
NZD 1.969801
OMR 0.444815
PAB 1.157617
PEN 3.896476
PGK 5.117136
PHP 71.380166
PKR 321.314763
PLN 4.317315
PYG 6972.095921
QAR 4.231707
RON 5.240403
RSD 117.368883
RUB 98.332892
RWF 1699.053241
SAR 4.334323
SBD 9.292299
SCR 16.088708
SDG 695.858451
SEK 11.025576
SGD 1.478922
SHP 0.857088
SLE 28.430195
SLL 24259.038157
SOS 661.680796
SRD 43.711847
STD 23944.926181
STN 24.473082
SVC 10.129982
SYP 15041.656857
SZL 18.719572
THB 38.284967
TJS 10.679346
TMT 4.060623
TND 3.374018
TOP 2.785471
TRY 55.435893
TTD 7.84449
TWD 36.917544
TZS 3062.81775
UAH 51.790683
UGX 4306.816194
USD 1.156873
UYU 46.384571
UZS 13726.359914
VES 892.616082
VND 30281.139139
VUV 136.90267
WST 3.153995
XAF 655.244792
XAG 0.01779
XAU 0.000264
XCD 3.126506
XCG 2.086371
XDR 0.817969
XOF 655.120344
XPF 119.331742
YER 274.323403
ZAR 18.823815
ZMK 10413.240007
ZMW 21.80715
ZWL 372.512491
  • AEX

    -6.2400

    1108.42

    -0.56%

  • BEL20

    -29.9700

    5732.58

    -0.52%

  • PX1

    -46.3300

    8532.86

    -0.54%

  • ISEQ

    -31.3900

    14234.61

    -0.22%

  • OSEBX

    -8.1500

    2081.93

    -0.39%

  • PSI20

    61.7700

    9281.29

    +0.67%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    544.5900

    4736.98

    +12.99%

  • N150

    -22.1300

    4316.97

    -0.51%

Au Somaliland, un refuge pour guépards sauvés d'un trafic vers le Golfe
Au Somaliland, un refuge pour guépards sauvés d'un trafic vers le Golfe / Photo: Tony KARUMBA - AFP

Au Somaliland, un refuge pour guépards sauvés d'un trafic vers le Golfe

Ils ressemblaient à de mignons chatons quand ils ont été arrachés à leur mère pour servir d'animaux domestiques dans le Golfe. Près de 130 guépards vivent désormais dans un refuge au Somaliland, survivants d'un trafic qui met toujours plus en danger cette espèce menacée.

Taille du texte:

D'une grâce sans égal, les félins longilignes et tachetés baillent, s'étirent et ronronnent bruyamment à l'approche des employés et des rares visiteurs du vaste complexe somalilandais du Cheetah conservation fund (CCF), une ONG dédiée à la protection des guépards.

Tous sont arrivés bébés dans cette structure située dans la savane de Geed-Deeble, à plus d'une heure de route de la capitale Hargeisa. Tous sont victimes d'un trafic orchestré par l'homme, qui à force de prélever des guépardeaux, menace la survie même de l'espèce.

Alors que la population de guépards est estimée de 5 à 600 individus dans la Corne de l'Afrique, les 127 recueillis par le CCF constituent "un quart" du total de cette région, dont le Somaliland fait partie, s'effraie Chris Wade, directeur pays de cette organisation.

L'espèce, dont une grande partie des membres vit en Afrique australe, où sa survie n'est pas menacée, est considérée comme "vulnérable" par l'IUCN (l'Union internationale pour la protection de la nature), qui la voit "en danger critique" ailleurs en Afrique, mais aussi en Iran.

"Les garçons, venez dire bonjour !", lance Chris Wade aux plus jeunes du centre, qui, le poil encore hirsute au sommet du crâne, accourent vers lui de l'autre bout de leur très grand enclos.

Huit d'entre eux sont arrivés ensemble au CCF "dans un état horrible, déshydratés, plein de parasites", assure Chris Wade.

- "Soins intensifs" -

Ils faisaient partie d'un groupe de 11 bébés, récupérés l'an dernier par les autorités somalilandaises sur un bateau de contrebande. "Nous les avons mis en soins intensifs, mais trois sont morts en trois jours", soupire-t-il.

Le Somaliland est un pays de départ et de transit d'un trafic international de guépards - capturés sur place ou en Ethiopie voisine -, avant d'être convoyés au Yémen, pour ensuite rejoindre les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unies.

Prix de départ : 50 ou 100 dollars (43 à 87 euros) pour le villageois capturant les animaux. Prix d'arrivée, 15 à 20.000 dollars, selon Chris Wade.

Certains des trafiquants "viennent du Somaliland, mais d'autres viennent d'ailleurs, comme d'Ethiopie. Comme tous les trafiquants du monde, ils fonctionnent en réseau", observe l'amiral Ahmed Hurre Hariye, le commandant des garde-côtes somalilandais, qui ont arraisonné le bateau sur lequel les 11 guépardeaux ont été retrouvés.

Sur son téléphone portable, l'amiral regarde une vidéo de l'opération. On y voit ses hommes forcer l'esquif des contrebandiers à s'arrêter, avant de se diriger vers la cale pour y récupérer la précieuse cargaison.

"Pour chaque bébé guépard arrivant à destination, quatre ou cinq meurent en route. Et ceux qui parviennent au Moyen-Orient ont une durée de vie n'excédant pas un an ou deux, du fait de la malnutrition et des maladies", regrette Laurie Marker, fondatrice du CCF.

Un rapport de l'ONG Global initiative against transnational crime (Initiative globale contre le crime organisé) estimait en 2021 à "environ 300" le nombre de guépards "sortis clandestinement d'Afrique de l'Est et de la Corne de l'Afrique" chaque année à destination du Moyen-Orient.

"Étant donné qu'il ne reste plus que 7.000 guépards à l'état sauvage, cela représente une perte annuelle de plus de 4% de la population", pointait ce rapport.

- "Désastre" -

Les Emirats ont voté en 2016 un loi pénalisant la possession et le commerce d'animaux dangereux, tout comme l'Arabie saoudite en 2022.

Mais Daniel Stiles, un spécialiste du trafic d'animaux, assure qu'il voit "de nouveaux guépards apparaître sur Facebook", notamment aux Émirats. Les guépards, perçus comme "rares" et "cool", "(y) arrivent encore", déplore ce coauteur du rapport paru en 2021.

A terme, "ce sera un désastre" et "c'est ce contre quoi nous nous battons", affirme le ministre de l'Environnement somalilandais, Abdilahi Jama Osman, interrogé par l'AFP. Selon lui, le trafic dans son pays est lié au dénuement des communautés locales, qui tirent profit de la capture de guépardeaux. Il fustige également les trafiquants.

Le CCF permet de sauver directement les animaux, mais le centre n'est pas la panacée, reconnaît l'organisation.

"Ces petits, on les a récupérés sept jours après leur naissance. Certains avaient encore leur cordon ombilical attaché. On leur donnait le biberon huit fois pas jour", raconte encore Chris Wade. "Maintenant, ils sont habitués à nous".

Les 127 pensionnaires du CCF, dont les plus âgés ont huit ans, sont nourris par leurs gardiens. Trop accoutumés aux humains, la plupart d'entre eux ne pourront pas être remis en liberté et mourront derrière les grillages du centre.

Petit éclair d'espoir toutefois, l'ONG compte en placer certains en plus grande autonomie, pour faciliter leur réintroduction.

(T.Renner--BBZ)