Berliner Boersenzeitung - Ukraine: à Slavoutytch, cité vestige de l'URSS, les déplacés de Tchernobyl accueillent ceux de l'invasion russe

EUR -
AED 4.304085
AFN 73.83498
ALL 95.574182
AMD 435.26821
ANG 2.097701
AOA 1075.874055
ARS 1646.318858
AUD 1.630552
AWG 2.111021
AZN 1.987954
BAM 1.959815
BBD 2.360014
BDT 144.093943
BGN 1.954975
BHD 0.442098
BIF 3486.627888
BMD 1.171976
BND 1.496152
BOB 8.096551
BRL 5.854953
BSD 1.17169
BTN 110.71886
BWP 15.847328
BYN 3.305944
BYR 22970.724909
BZD 2.356617
CAD 1.602894
CDF 2721.917713
CHF 0.924302
CLF 0.026551
CLP 1044.956744
CNY 8.013325
CNH 8.011304
COP 4232.402944
CRC 532.987262
CUC 1.171976
CUP 31.057358
CVE 110.63999
CZK 24.360224
DJF 208.283561
DKK 7.473666
DOP 69.439741
DZD 155.271588
EGP 61.909155
ERN 17.579636
ETB 184.439734
FJD 2.574186
FKP 0.864876
GBP 0.866389
GEL 3.158508
GGP 0.864876
GHS 13.056248
GIP 0.864876
GMD 86.135705
GNF 10287.016351
GTQ 8.952262
GYD 245.142167
HKD 9.183192
HNL 31.198321
HRK 7.535099
HTG 153.493117
HUF 363.749664
IDR 20217.753847
ILS 3.464417
IMP 0.864876
INR 110.922642
IQD 1535.288246
IRR 1542320.100967
ISK 143.203607
JEP 0.864876
JMD 184.618185
JOD 0.830952
JPY 186.986974
KES 151.302977
KGS 102.465373
KHR 4699.623314
KMF 493.401588
KPW 1054.773277
KRW 1725.910743
KWD 0.360465
KYD 0.976492
KZT 537.085623
LAK 25719.007965
LBP 105009.028183
LKR 373.491901
LRD 215.350687
LSL 19.378567
LTL 3.46054
LVL 0.708916
LYD 7.436209
MAD 10.8481
MDL 20.26534
MGA 4862.527923
MKD 61.66135
MMK 2461.19521
MNT 4214.840858
MOP 9.458134
MRU 46.878767
MUR 54.825202
MVR 18.106802
MWK 2040.409615
MXN 20.371575
MYR 4.632237
MZN 74.901378
NAD 19.396421
NGN 1609.415757
NIO 43.029046
NOK 10.917458
NPR 177.150376
NZD 1.989927
OMR 0.450619
PAB 1.171695
PEN 4.120689
PGK 5.091942
PHP 71.719055
PKR 326.658936
PLN 4.248148
PYG 7344.983328
QAR 4.269801
RON 5.096106
RSD 117.42139
RUB 88.264778
RWF 1711.670598
SAR 4.39567
SBD 9.406202
SCR 16.312439
SDG 703.769858
SEK 10.851242
SGD 1.495388
SHP 0.874998
SLE 28.859903
SLL 24575.74122
SOS 669.778957
SRD 43.908085
STD 24257.532036
STN 24.904485
SVC 10.252915
SYP 129.561066
SZL 19.396162
THB 38.091393
TJS 10.990915
TMT 4.107775
TND 3.379685
TOP 2.821837
TRY 52.819817
TTD 7.967253
TWD 36.950076
TZS 3056.070874
UAH 51.638139
UGX 4358.891879
USD 1.171976
UYU 46.244336
UZS 14145.747816
VES 567.961211
VND 30879.217342
VUV 138.557541
WST 3.196931
XAF 657.297848
XAG 0.015929
XAU 0.000254
XCD 3.167323
XCG 2.111708
XDR 0.817709
XOF 655.722321
XPF 119.331742
YER 279.69188
ZAR 19.371706
ZMK 10549.173151
ZMW 22.231446
ZWL 377.375717
  • AEX

    -7.8700

    1001.01

    -0.78%

  • BEL20

    -20.8900

    5334.76

    -0.39%

  • PX1

    -37.4500

    8104.09

    -0.46%

  • ISEQ

    64.7800

    12286.69

    +0.53%

  • OSEBX

    6.7500

    1993.31

    +0.34%

  • PSI20

    87.1900

    9265.14

    +0.95%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -55.5400

    3883.5

    -1.41%

  • N150

    0.8200

    4105.76

    +0.02%

Ukraine: à Slavoutytch, cité vestige de l'URSS, les déplacés de Tchernobyl accueillent ceux de l'invasion russe
Ukraine: à Slavoutytch, cité vestige de l'URSS, les déplacés de Tchernobyl accueillent ceux de l'invasion russe / Photo: Genya SAVILOV - AFP

Ukraine: à Slavoutytch, cité vestige de l'URSS, les déplacés de Tchernobyl accueillent ceux de l'invasion russe

C'est la dernière cité "idéale" construite par l'URSS. Fondée en 1986 pour héberger les déplacés de la catastrophe de Tchernobyl, la ville de Slavoutytch, dans le nord de l'Ukraine, accueille désormais des centaines de naufragés de guerre.

Taille du texte:

Bâtie avec tous les équipements typiques de l'urbanisme soviétique, Slavoutytch devait symboliser l'effort de toute l'URSS pour affronter la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire.

Après le désastre du 26 avril 1986, des centaines de milliers de personnes vivant dans les zones contaminées en Ukraine, au Bélarus et en Russie ont été évacuées, pour toujours.

La population de Pripyat, où vivaient les employés de la centrale et leurs familles, a notamment été relogée à Slavoutytch.

"Tous les habitants âgés de plus de 39 ans sont des déplacés internes", résume le maire, Iouriy Fomitchev, 50 ans, auprès de l'AFP.

"Ici, les gens ont traversé tout ça et ils nous comprennent", confirme Olga, 50 ans, qui préfère ne pas donner son nom de famille.

Cette femme à la voix très douce, qui vit avec sa mère âgée et handicapée, vient de recevoir un appartement flambant neuf.

Il y a quatre ans, Olga a fui la ville d'Enegodar qui héberge les travailleurs d'une autre centrale nucléaire ukrainienne: celle de Zaporijjia, sous occupation russe depuis mars 2022.

Après avoir vécu un an et demi dans la grande ville de Zaporijjia, toujours sous contrôle ukrainien, et avoir été logée par une autre famille, Olga est arrivée à Slavoutytch en 2024.

Actuellement, 1.265 déplacés de guerre y vivent, précise à l'AFP Mykola Kalachnyk, le chef de l’administration de la région de Kiev, où se trouve Slavoutytch.

Il s'agit d'une infime partie des 3,7 millions de déplacés internes que compte l'Ukraine, selon l'ONU, mais leur présence y est particulièrement symbolique.

- "Amitiés des peuples" -

A sa naissance, Slavoutytch était censée illustrer l'idéal communiste de "l'amitié des peuples" dans une URSS alors secouée par de graves crises qui ont finalement mené à son effondrement en 1991.

Des ouvriers et des architectes de huit républiques soviétiques (estonienne, lituanienne, lettonne, géorgienne, arménienne, azerbaïdjanaise, ukrainienne et russe) ont participé à sa construction en un temps record.

Elle dispose des infrastructures typiques de l'utopie urbaine soviétique: une salle de spectacle massive, plusieurs écoles, un stade, un hôpital et des blocs d'immeubles résidentiels.

Mais après la dislocation de l'URSS puis la fin de la production d'électricité à la centrale de Tchernobyl, en 2000, de nombreux habitants ont perdu leur travail et ont quitté la ville, entraînant son déclin.

Elle ne compte aujourd'hui qu'environ 20.000 personnes alors qu'elle pouvait en accueillir jusqu'à 50.000.

Ces dernières années, plusieurs bâtiments de Slavoutytch étaient à l'abandon.

Jusqu'à l'invasion russe à grande échelle.

Fin mars 2022, Slavoutytch fut occupée par les forces de Moscou pendant plusieurs jours, alors qu'elles se retiraient après avoir échoué à prendre Kiev.

La guerre, qui se poursuit, entraîne des mouvements de population permanents en Ukraine, du fait des destructions causées par les bombes et l'avancée des troupes russes dans certaines parties du front.

"Toutes les familles en Ukraine sont touchées d'une façon ou d'une autre par les déplacements internes", indique à l'AFP Bernadette Castel-Hollingsworth, la représentante en Ukraine du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

En plus du traumatisme de la perte de leur maison, les déplacés se retrouvent fréquemment sans papiers officiels et ont besoin d'une aide juridique importante, explique-t-elle.

A Slavoutytch, le bâtiment d'un jardin d'enfants et celui d'un pavillon de l'hôpital ont été rénovés et transformés en appartements pour déplacés, grâce à la collaboration de l'ONU, des autorités et d'ONG.

Kateryna Romanenko, 40 ans, a quitté Bakhmout, une cité de la région de Donetsk capturée en 2023 par Moscou après une bataille infernale de plusieurs mois.

Elle vient de recevoir son premier logement à Slavoutytch. En quatre ans de guerre, "c'est l'émotion la plus positive" qu'elle ait ressentie. Pas de loyer à payer, seulement les charges.

Face à cette répétition de l'Histoire, Olena Tolstova, 74 ans, petite dame souriante aux cheveux teints en rouge, ressent de la douleur.

"Je veux rentrer chez moi", dit-elle. "Là-bas, j'ai mon appartement, ma datcha, vous comprenez?", poursuit cette pharmacienne à la retraite, veuve, qui a également quitté Energodar.

Elle vit actuellement dans un dortoir de l'hôpital de Slavoutytch, seule, après avoir été hébergée pendant plusieurs mois par une proche qui travaillait à la centrale de Tchernobyl. Olena a vécu avec elle en bonne intelligence et, souligne-t-elle, en suivant le principe de "l'amitié des peuples".

(T.Burkhard--BBZ)