Berliner Boersenzeitung - Jean-Luc Godard, l'homme-cinéma

EUR -
AED 4.246655
AFN 73.370436
ALL 95.85756
AMD 436.183723
ANG 2.069944
AOA 1060.363353
ARS 1591.997113
AUD 1.665235
AWG 2.084013
AZN 1.966403
BAM 1.949821
BBD 2.330235
BDT 141.986474
BGN 1.976541
BHD 0.436604
BIF 3434.327888
BMD 1.156339
BND 1.479029
BOB 7.994866
BRL 6.05679
BSD 1.156943
BTN 108.829124
BWP 15.767403
BYN 3.429104
BYR 22664.251381
BZD 2.327115
CAD 1.597489
CDF 2636.453561
CHF 0.915202
CLF 0.02686
CLP 1060.582781
CNY 7.980477
CNH 7.983586
COP 4280.13231
CRC 537.971372
CUC 1.156339
CUP 30.642993
CVE 110.574938
CZK 24.465772
DJF 205.504507
DKK 7.47252
DOP 69.814005
DZD 153.473986
EGP 60.744358
ERN 17.34509
ETB 181.886277
FJD 2.576551
FKP 0.864047
GBP 0.865283
GEL 3.116362
GGP 0.864047
GHS 12.661969
GIP 0.864047
GMD 84.988596
GNF 10152.659388
GTQ 8.855078
GYD 242.07657
HKD 9.041244
HNL 30.66647
HRK 7.536674
HTG 151.720034
HUF 387.345955
IDR 19705.641505
ILS 3.602979
IMP 0.864047
INR 109.375885
IQD 1514.804557
IRR 1518447.025122
ISK 143.189913
JEP 0.864047
JMD 182.245914
JOD 0.819814
JPY 184.257476
KES 150.034967
KGS 101.120955
KHR 4640.390011
KMF 493.756627
KPW 1040.72201
KRW 1739.191954
KWD 0.354522
KYD 0.964189
KZT 558.249982
LAK 24959.585362
LBP 103550.188888
LKR 363.877402
LRD 212.361533
LSL 19.588134
LTL 3.414369
LVL 0.699458
LYD 7.371702
MAD 10.785752
MDL 20.230929
MGA 4821.934928
MKD 61.639763
MMK 2428.506437
MNT 4127.516433
MOP 9.317536
MRU 46.404003
MUR 53.7238
MVR 17.865244
MWK 2008.561579
MXN 20.556765
MYR 4.584305
MZN 73.885704
NAD 19.577233
NGN 1602.061835
NIO 42.460666
NOK 11.201245
NPR 174.129602
NZD 1.99154
OMR 0.444574
PAB 1.157007
PEN 4.001516
PGK 4.983245
PHP 69.387276
PKR 322.676366
PLN 4.275582
PYG 7527.982307
QAR 4.213741
RON 5.094947
RSD 117.421631
RUB 93.661073
RWF 1688.25546
SAR 4.338214
SBD 9.299324
SCR 15.841485
SDG 694.960276
SEK 10.814438
SGD 1.481311
SHP 0.867554
SLE 28.387799
SLL 24247.870647
SOS 660.270118
SRD 43.178292
STD 23933.890033
STN 24.745662
SVC 10.124088
SYP 128.293837
SZL 19.516839
THB 37.892986
TJS 11.078991
TMT 4.047188
TND 3.396748
TOP 2.784187
TRY 51.294885
TTD 7.867183
TWD 36.946082
TZS 2971.860396
UAH 50.797502
UGX 4280.984429
USD 1.156339
UYU 46.837397
UZS 14107.339876
VES 534.333269
VND 30469.542036
VUV 138.191887
WST 3.16629
XAF 653.980002
XAG 0.016298
XAU 0.000256
XCD 3.125065
XCG 2.085287
XDR 0.812319
XOF 651.594744
XPF 119.331742
YER 275.960467
ZAR 19.642349
ZMK 10408.441873
ZMW 21.665598
ZWL 372.340801
  • AEX

    8.8700

    983.13

    +0.91%

  • BEL20

    108.2900

    5052.97

    +2.19%

  • PX1

    102.9900

    7846.55

    +1.33%

  • ISEQ

    267.3000

    12362.55

    +2.21%

  • OSEBX

    23.8700

    1980.05

    +1.22%

  • PSI20

    132.3400

    9014.42

    +1.49%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.4500

    3624.57

    +2.27%

  • N150

    55.6000

    3837.98

    +1.47%

Jean-Luc Godard, l'homme-cinéma
Jean-Luc Godard, l'homme-cinéma / Photo: Miguel MEDINA - AFP/Archives

Jean-Luc Godard, l'homme-cinéma

Cigare à la bouche et esprit frondeur, Jean-Luc Godard a marqué des générations de cinéphiles avec ses films cultes comme "A bout de souffle" ou "Le mépris", ses innovations formelles qui en ont fait une figure de la Nouvelle Vague et ses provocations.

Taille du texte:

"Je ne veux parler que de cinéma. Pourquoi parler d'autre chose? Avec le cinéma, on parle de tout, on arrive à tout", disait avec son accent traînant le Franco-Suisse, qui "a fichu la pagaille dans le cinéma", selon François Truffaut, son complice, un temps, de la Nouvelle Vague.

"JLG", qui a tourné une cinquantaine de longs-métrages depuis le début des années 1960 - auxquels s'ajoutent des dizaines de formats courts ou vidéos, était une figure à la fois familière et énigmatique, à l'image de ses films.

Cinéaste parmi les plus étudiés dans le monde, il a été honoré par un César et un Oscar pour sa carrière, ainsi que par une Palme d'or spéciale à Cannes en 2018.

Les films de l'homme aux lunettes en écaille tranchaient par leur montage inédit, nerveux, une utilisation très personnelle des citations littéraires, ou leur esprit provocateur.

"JLG" a toujours divisé critiques et public: pour certains, c'est un génie, pour d'autres un cinéaste à l'oeuvre hermétique.

Il a su occuper comme personne le domaine de la théorie du cinéma, livrant ses préceptes: "Quand on va au cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la télévision, on la baisse" ou "le cinéma n'est pas à l'abri du temps. Il est l'abri du temps".

- "Star de sa génération" -

"On a perdu la mesure de ce qu'il a représenté dans l'imaginaire du monde occidental dans les années 60 et 70. C'était la star de sa génération", soulignait l'ex-directeur des Cahiers du cinéma Jean-Michel Frodon.

Né à Paris le 3 décembre 1930 d'un père médecin et d'une mère issue d'une riche famille protestante, il grandit en Suisse dans un milieu raffiné.

Il aime le sport, obtient difficilement le bac à Lausanne. Ses parents divorcent, sa mère meurt en 1954. Années pénibles, vie de bohème. Jean-Luc, kleptomane, est banni de sa famille.

Inscrit à la Sorbonne pour étudier l'ethnologie, il préfère fréquenter les cinés-clubs. Aux Cahiers du cinéma, où il signe dans les années 1950, il côtoie des jeunes gens créatifs et turbulents: François Truffaut, Éric Rohmer ou Claude Chabrol, tous opposés au "cinéma de papa".

Son premier long-métrage, "A bout de souffle" (1960), avec Belmondo, devient le manifeste esthétique de la Nouvelle Vague et sera son plus grand succès public.

Un an plus tard, il épouse Anna Karina, une jeune actrice danoise qui jouera dans sept de ses films dont "Le Petit Soldat" - sur un déserteur pendant la Guerre d'Algérie, un temps interdit - , "Une femme est une femme" et "Pierrot le fou" en 1965, avec Jean-Paul Belmondo, l'un de ses chefs d'oeuvre.

En 1963, c'est le succès public du "Le mépris", dans lequel Brigitte Bardot, nue sur un lit, demande à Michel Piccoli: "Et mes fesses, tu les aimes, mes fesses ?...".

- Anna, Anne et Anne-Marie -

Deux ans plus tard, il rencontre Anne Wiazemsky. Débutent alors les "années Mao", période plus radicale de sa vie, dominée par "La Chinoise" (1967), joué par Anne qu'il épouse.

Godard participe activement à Mai 68. Avec un coup d'éclat, la descente à Cannes qui entraînera l'annulation du festival, aux côtés de Truffaut, Claude Lelouch, Claude Berri, Jean-Pierre Léaud...

"Je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers et vous me parlez travelling et gros plan ! Vous êtes des cons !", lance-t-il.

Il tourne ensuite des œuvres didactiques et gauchistes, prenant des positions pro-palestiniennes qui font polémique. Anne ne comprend plus son cinéma. Ils se séparent en 1970.

En 1971, il est victime d'un grave accident de moto. C'est à ce moment qu'il se lie avec la scénariste Anne-Marie Miéville. D'elle, il dira: "il y a eu les femmes dans mes films et la femme dans ma vie".

Au milieu des années 70, l'homme à la "mélancolie constante" qui a fait plusieurs tentatives de suicide, selon son biographe Antoine de Baecque, s'installe à Grenoble, où il se passionne pour la vidéo.

En 1977, le couple pose ses valises en Suisse, à Rolle.

Après s'être consacré un temps à la vidéo, il revient dans les années 1980 à la fiction avec "Sauve qui peut (la vie)", avec Isabelle Huppert et Jacques Dutronc, "Passion", "Prénom Carmen", Lion d'or 1983 à la Mostra de Venise, ou "Détective" avec Johnny Hallyday et Nathalie Baye.

Il revient par à-coups dans l'actualité comme avec sa monumentale "Histoire(s) du cinéma", réalisée de 1988 à 1998, livre et films de collages et de citations.

Entré dans une nouvelle phase expérimentale, il présente à Cannes, sans jamais venir, "Film socialisme" en 2010, puis "Adieu au langage" en 2014, oeuvre inclassable en 3D récompensée par le Prix du jury, et en 2018 "Le livre d'image", consacré en grande partie au monde arabe, où se succèdent images et citations en voix off. Une Palme d'Or "spéciale" lui est décernée pour ce film.

(Y.Berger--BBZ)