Berliner Boersenzeitung - Dans le Sud du Maroc, à la recherche du patrimoine juif oasien

EUR -
AED 4.233486
AFN 74.919268
ALL 93.997619
AMD 422.576871
AOA 1058.0859
ARS 1716.215776
AUD 1.640956
AWG 2.076118
AZN 1.95325
BAM 1.965132
BBD 2.321706
BDT 142.346002
BHD 0.434642
BIF 3454.9146
BMD 1.152599
BND 1.485053
BOB 13.573875
BRL 5.852854
BSD 1.152764
BTN 110.238392
BWP 15.752011
BYN 3.373219
BYR 22590.934496
BZD 2.318511
CAD 1.615194
CDF 2622.162133
CHF 0.928652
CLF 0.027108
CLP 1066.913913
CNY 7.786093
CNH 7.776462
COP 3605.09821
CRC 524.084333
CUC 1.152599
CUP 30.543866
CVE 111.398885
CZK 24.199733
DJF 204.840016
DKK 7.474579
DOP 67.110097
DZD 152.973244
EGP 58.860336
ERN 17.28898
ETB 186.065476
FJD 2.552372
FKP 0.867479
GBP 0.855977
GEL 3.019936
GGP 0.867479
GHS 13.479663
GIP 0.867479
GMD 85.292242
GNF 10105.40794
GTQ 8.795771
GYD 241.181651
HKD 9.04035
HNL 30.885676
HRK 7.533154
HTG 150.725798
HUF 362.596598
IDR 20798.00959
ILS 3.532707
IMP 0.867479
INR 110.083492
IQD 1510.071339
IRR 1585111.36061
ISK 142.599373
JEP 0.867479
JMD 182.315819
JOD 0.817201
JPY 183.827764
KES 149.111178
KGS 100.795011
KHR 4635.173329
KMF 495.61749
KRW 1641.208246
KWD 0.356902
KYD 0.960675
KZT 546.870816
LAK 26132.898864
LBP 103231.88365
LKR 387.208857
LRD 208.653613
LSL 19.115078
LTL 3.403324
LVL 0.697196
LYD 7.378038
MAD 10.816267
MDL 20.300672
MGA 4928.555403
MKD 61.813553
MMK 2420.276635
MNT 4145.002818
MOP 9.314154
MRU 46.086867
MUR 54.413806
MVR 17.819126
MWK 1998.945032
MXN 20.005885
MYR 4.713786
MZN 73.662449
NAD 19.115078
NGN 1570.669608
NIO 42.422754
NOK 11.000379
NPR 176.375076
NZD 1.964005
OMR 0.443173
PAB 1.15281
PEN 3.906251
PGK 5.086154
PHP 70.740727
PKR 320.147382
PLN 4.305475
PYG 6889.719322
QAR 4.202257
RON 5.244364
RSD 117.384144
RUB 91.898337
RWF 1696.88058
SAR 4.301113
SBD 9.303259
SCR 15.945523
SDG 692.131766
SEK 10.98738
SGD 1.477868
SLE 27.806509
SOS 658.823039
SRD 43.50482
STD 23856.465977
STN 24.616691
SVC 10.086903
SZL 19.1198
THB 38.519645
TJS 10.645563
TMT 4.045621
TND 3.408386
TRY 54.668331
TTD 7.824396
TWD 37.354454
TZS 3051.450907
UAH 51.429037
UGX 4317.503854
USD 1.152599
UYU 46.370212
UZS 13838.720173
VES 856.722118
VND 30292.022702
VUV 137.771597
WST 3.172555
XAF 659.109992
XAG 0.019528
XAU 0.000281
XCD 3.114955
XCG 2.07763
XDR 0.820648
XOF 659.087009
XPF 119.331742
YER 274.693039
ZAR 19.04916
ZMK 10374.768256
ZMW 21.52789
ZWL 371.136311
  • AEX

    11.5900

    1104.69

    +1.06%

  • BEL20

    -72.7400

    5655

    -1.27%

  • PX1

    77.3600

    8485.64

    +0.92%

  • ISEQ

    93.5700

    13654.7

    +0.69%

  • OSEBX

    7.8300

    2014.36

    +0.39%

  • PSI20

    96.8200

    9145.86

    +1.07%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -113.3500

    4297.09

    -2.57%

  • N150

    20.7900

    4264.05

    +0.49%

Dans le Sud du Maroc, à la recherche du patrimoine juif oasien
Dans le Sud du Maroc, à la recherche du patrimoine juif oasien / Photo: FADEL SENNA - AFP

Dans le Sud du Maroc, à la recherche du patrimoine juif oasien

Au coeur d'une synagogue de la palmeraie d'Akka, deux archéologues, un Marocain et un Israélien, scrutent le sol à la recherche du moindre fragment, témoin de la présence juive millénaire dans les oasis du Sud du Maroc.

Taille du texte:

Ces fouilles inédites s'inscrivent dans le cadre d'un projet d'exploration et de réhabilitation du patrimoine juif oasien, tombé en désuétude après le départ d'une grande partie des juifs du Maroc en 1967.

La découverte, ce matin-là, d'un morceau de manuscrit religieux en hébreu est "un signe d'en haut", plaisante auprès de l'AFP l'archéologue israélien Yuval Yekutieli, de l'Université Ben Gourion du Néguev, membre d'une équipe de six chercheurs marocains, israéliens et français.

Une collaboration scientifique facilitée par la normalisation diplomatique entre Maroc et Israël en décembre 2020.

Bâtie en terre dans la tradition architecturale présaharienne, la synagogue du village de Tagadirt a été sauvée in extremis de la ruine. Nichée au milieu du "mellah" (quartier juif), elle permet de comprendre la vie de la communauté d'Akka, autrefois carrefour du commerce transsaharien.

"L'urgence est de travailler sur ce type d'espaces vulnérables qui risquent de disparaître alors qu'ils renferment des pans de l'histoire judéo-marocaine", explique Saghir Mabrouk, archéologue à l'Institut marocain INSAP.

Présente depuis l'Antiquité, grossie au XVe siècle par l'expulsion des séfarades d'Espagne, la communauté juive du Maroc comptait 250.000 membres au milieu du XXe siècle, avant les vagues de départs qui suivirent la création de l'Etat d'Israël. Ils sont environ 2.000 aujourd'hui.

Mais l'établissement des juifs dans les oasis marocaines demeure mal documenté.

"Ce projet vise à étudier cette communauté en tant que partie intégrante de la société marocaine et non sous un angle judéocentré", insiste l'anthropologue israélienne Orit Ouaknine, d'origine marocaine.

- Pillages -

La journée avance et les archéologues classent des fragments de livres religieux, des amulettes et autres objets enterrés sous la "bimah", une plateforme rehaussée au centre de la synagogue d'où est lue la Torah.

"Le plus étonnant c'est que personne n'avait écrit auparavant sur cet enfouissement", souligne Yuval Yekutieli, et "il a fallu faire des fouilles pour le découvrir".

Car s'il est obligatoire de ne pas jeter ou détruire les textes invoquant le nom de Dieu, il est inhabituel de les enterrer à un tel endroit.

Parmi le matériel répertorié, des lettres, des contrats commerciaux et de mariage, ainsi que des ustensiles de la vie courante et des pièces de monnaie.

La synagogue commençait à tomber en ruine quand des pillards ont tenté de dérober le trésor enterré.

"La bonne nouvelle, c'est qu'une des poutres s'est effondrée, rendant l'accès impraticable", raconte l'archéologue israélien.

A 100 km d'Akka, une tentative de pillage similaire a été constatée dans la synagogue d'Aguerd Tamanart, où des fouilles ont commencé en 2021.

Cette fois, l'héritage archéologique n'était pas enterré mais caché dans un entrepôt secret derrière un mur cassé. La majorité des objets a pu être sauvée, dont 100.000 fragments de manuscrits, des amulettes, etc.

- "Précieux témoignages" -

A Aguerd Tamanart comme à Tagadirt, c'est l'architecte marocaine Salima Naji qui a conduit la restauration, en terre crue, dans le respect de la tradition de cette région aride déshéritée.

"Il y a plus de dix ans, j'avais commencé par faire la typologie de toutes les synagogues de la région. Mon expérience de réhabilitation des mosquées et des ksour (villages fortifiés) m'a aidée à mieux appréhender celle des synagogues", explique-t-elle.

A Tagadirt, les travaux sont toujours en cours. L'équipe de l'architecte s'active pour remettre sur pied le lanterneau qui apporte la lumière à l'édifice.

Un chantier vu d'un bon oeil par les habitants musulmans de l'ex-mellah: "c'est une bonne chose de ne pas laisser la synagogue à l'abandon", estime Mahjouba Oubaha, une artisane de 55 ans.

L'exploration du patrimoine judéo-marocain permet d'étudier les objets, l'habitat mais aussi le mode de vie des derniers résidents du mellah.

Orit Ouaknine a mené des entretiens avec d'anciens habitants juifs des deux villages, installés en Israël, aux Etats-Unis ou en France. "C'est une course contre la montre de recueillir ces précieux témoignages", explique l'anthropologue israélienne.

Au-delà du travail de mémoire, le géographe français David Goeury, spécialiste de la résilience des espaces oasiens et coordinateur du projet, trouve "ces lieux marginalisés extrêmement précieux pour comprendre comment réorienter aujourd'hui nos vies dans les métropoles".

(B.Hartmann--BBZ)