Berliner Boersenzeitung - En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan

EUR -
AED 4.233486
AFN 74.919268
ALL 93.997619
AMD 422.576871
AOA 1058.0859
ARS 1716.215776
AUD 1.640956
AWG 2.076118
AZN 1.95325
BAM 1.965132
BBD 2.321706
BDT 142.346002
BHD 0.434642
BIF 3454.9146
BMD 1.152599
BND 1.485053
BOB 13.573875
BRL 5.852854
BSD 1.152764
BTN 110.238392
BWP 15.752011
BYN 3.373219
BYR 22590.934496
BZD 2.318511
CAD 1.615194
CDF 2622.162133
CHF 0.928652
CLF 0.027108
CLP 1066.913913
CNY 7.786093
CNH 7.776462
COP 3605.09821
CRC 524.084333
CUC 1.152599
CUP 30.543866
CVE 111.398885
CZK 24.199733
DJF 204.840016
DKK 7.474579
DOP 67.110097
DZD 152.973244
EGP 58.860336
ERN 17.28898
ETB 186.065476
FJD 2.552372
FKP 0.867479
GBP 0.855977
GEL 3.019936
GGP 0.867479
GHS 13.479663
GIP 0.867479
GMD 85.292242
GNF 10105.40794
GTQ 8.795771
GYD 241.181651
HKD 9.04035
HNL 30.885676
HRK 7.533154
HTG 150.725798
HUF 362.596598
IDR 20798.00959
ILS 3.532707
IMP 0.867479
INR 110.083492
IQD 1510.071339
IRR 1585111.36061
ISK 142.599373
JEP 0.867479
JMD 182.315819
JOD 0.817201
JPY 183.827764
KES 149.111178
KGS 100.795011
KHR 4635.173329
KMF 495.61749
KRW 1641.208246
KWD 0.356902
KYD 0.960675
KZT 546.870816
LAK 26132.898864
LBP 103231.88365
LKR 387.208857
LRD 208.653613
LSL 19.115078
LTL 3.403324
LVL 0.697196
LYD 7.378038
MAD 10.816267
MDL 20.300672
MGA 4928.555403
MKD 61.813553
MMK 2420.276635
MNT 4145.002818
MOP 9.314154
MRU 46.086867
MUR 54.413806
MVR 17.819126
MWK 1998.945032
MXN 20.005885
MYR 4.713786
MZN 73.662449
NAD 19.115078
NGN 1570.669608
NIO 42.422754
NOK 11.000379
NPR 176.375076
NZD 1.964005
OMR 0.443173
PAB 1.15281
PEN 3.906251
PGK 5.086154
PHP 70.740727
PKR 320.147382
PLN 4.305475
PYG 6889.719322
QAR 4.202257
RON 5.244364
RSD 117.384144
RUB 91.898337
RWF 1696.88058
SAR 4.301113
SBD 9.303259
SCR 15.945523
SDG 692.131766
SEK 10.98738
SGD 1.477868
SLE 27.806509
SOS 658.823039
SRD 43.50482
STD 23856.465977
STN 24.616691
SVC 10.086903
SZL 19.1198
THB 38.519645
TJS 10.645563
TMT 4.045621
TND 3.408386
TRY 54.668331
TTD 7.824396
TWD 37.354454
TZS 3051.450907
UAH 51.429037
UGX 4317.503854
USD 1.152599
UYU 46.370212
UZS 13838.720173
VES 856.722118
VND 30292.022702
VUV 137.771597
WST 3.172555
XAF 659.109992
XAG 0.019528
XAU 0.000281
XCD 3.114955
XCG 2.07763
XDR 0.820648
XOF 659.087009
XPF 119.331742
YER 274.693039
ZAR 19.04916
ZMK 10374.768256
ZMW 21.52789
ZWL 371.136311
  • AEX

    11.5900

    1104.69

    +1.06%

  • BEL20

    -72.7400

    5655

    -1.27%

  • PX1

    77.3600

    8485.64

    +0.92%

  • ISEQ

    93.5700

    13654.7

    +0.69%

  • OSEBX

    7.8300

    2014.36

    +0.39%

  • PSI20

    96.8200

    9145.86

    +1.07%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -113.3500

    4297.09

    -2.57%

  • N150

    20.7900

    4264.05

    +0.49%

En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan
En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan / Photo: Fethi Belaid - AFP

En Tunisie, le cuivre retrouve son lustre pour le ramadan

Entouré de faitouts et de couscoussiers, l'étameur Chedli Maghraoui est débordé dans son vieil atelier à Tunis, où des clients fidèles à la tradition accourent pour redonner du lustre à des ustensiles de cuisine en cuivre utilisés pendant le ramadan.

Taille du texte:

M. Maghraoui, 69 ans, est parmi les rares artisans étameurs toujours en activité à Tunis. Depuis des années, il travaille seul dans son atelier, ouvert en 1955 à Bab El-Khadra, dans la médina, le métier n'attirant plus les jeunes.

"C'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe", dit le proverbe. De nombreux Tunisiens perpétuent une tradition en blanchissant les ustensiles de cuisine en cuivre utilisés pendant le mois de jeûne musulman qui commence en fin de semaine.

A l'entrée de son échoppe, plusieurs clientes pressent M. Maghraoui de finir le polissage de leurs ustensiles avant le début du ramadan.

Il fait ensuite fondre habilement un bout d'étain à l'intérieur d'une terrine avant de la brosser et de la plonger dans un grand seau d'eau.

- 'Tradition' -

L'étamage consiste à revêtir l'ustensile d'une couche d'étain pour protéger les aliments d'une éventuelle oxydation du cuivre. La pièce ainsi traitée devient comme neuve.

"C'est une tradition qui existe depuis des siècles et qui reste vivante", souligne M. Maghraoui.

Les ustensiles en cuivre ainsi étamés, utilisés par de nombreuses mères de famille tunisiennes, avaient souvent été achetés à l'occasion de leur mariage ou hérités de leur mère.

"J'ai une agréable sensation quand j'utilise mon +douzen+ (ustensile en cuivre, en dialecte tunisien) tout brillant durant le ramadan", dit Sana Boukhris, 49 ans.

"Cette tradition me rappelle une belle époque et les préparatifs de ma mère pour le mois sacré", ajoute avec nostalgie cette comptable, mariée depuis 28 ans. "Il y de la baraka (bénédiction) dans ces objets hérités de ma mère".

Dalila Boubaker, une femme au foyer de 53 ans, n'a pu blanchir que deux objets cette année, alors que de nombreux foyers peinent à joindre les deux bouts dans un pays en proie à une grave crise socio-économique.

"Les prix sont devenus très élevés", déplore-t-elle.

L'étamage coûte entre 20 et 200 dinars (environ 6 et 60 euros) selon la taille et la forme de l'objet.

- 'Disparition' -

Si la production artisanale d'articles de cuisine tourne au ralenti à cause de la hausse mondiale des prix du cuivre, l'étamage des anciennes pièces reste très demandé, selon plusieurs artisans.

"Franchement, la période d'avant ramadan, c'est une période que j'attends tous les ans. Les gens préparent l'étamage de leurs ustensiles de cuisine avant le ramadan pour qu'ils soient impeccables pendant le mois, la cuisine décorée et que madame se fasse plaisir avec ses casseroles", dit Abdejlil Ayari, 60 ans, un autre artisan de cuivre de la médina.

"Cela fait presque 50 ans que je suis dans cette échoppe. C'était le métier de mon père", ajoute-il, regrettant que ses enfants ne souhaitent pas reprendre le flambeau.

"On n'accepte plus les commandes!", assène Mabrouk Romdhane, 82 ans, patron de trois magasins au souk En-Nhas (cuivre en arabe), au coeur de la médina.

Dans ce célèbre souk, une cinquantaine de boutiques exposent des ustensiles de cuisine revisités. A l'approche du ramadan, des clients achètent cafetières, théières, brûle-encens et petites tasses.

M. Romdhane vend aussi des pièces anciennes. "Ce sont comme des bijoux pour certains clients", dit l'artisan, regrettant lui aussi le désintérêt de ses enfants pour ce métier.

"Chaque décès parmi mes confrères est une perte pour ce métier et un pas vers sa disparition", confie M. Maghraoui. Il a lui-même acheté son atelier il y a une vingtaine d'années à des héritiers qui n'en voulaient pas.

Il montre ses deux mains noircies et abîmées par des crevasses: "La nouvelle génération cherche un travail facile et n'aime pas avoir (des mains comme) ça."

(H.Schneide--BBZ)