Berliner Boersenzeitung - En Turquie, un artiste investit les rues pour traiter des maux du pays

EUR -
AED 4.225536
AFN 74.787914
ALL 93.340449
AMD 421.450843
AOA 1055.089999
ARS 1718.9768
AUD 1.639962
AWG 2.073936
AZN 1.954509
BAM 1.956036
BBD 2.32096
BDT 142.297166
BHD 0.434547
BIF 3409.355741
BMD 1.150589
BND 1.477898
BOB 14.029692
BRL 5.855323
BSD 1.152339
BTN 109.809247
BWP 15.672754
BYN 3.368577
BYR 22551.540548
BZD 2.317659
CAD 1.618071
CDF 2602.63217
CHF 0.932512
CLF 0.026954
CLP 1064.306821
CNY 7.769468
CNH 7.771434
COP 3733.119891
CRC 523.456324
CUC 1.150589
CUP 30.490603
CVE 110.278304
CZK 24.205519
DJF 205.204755
DKK 7.475249
DOP 66.847193
DZD 153.027114
EGP 57.761807
ERN 17.258832
ETB 185.995213
FJD 2.550165
FKP 0.856466
GBP 0.857016
GEL 3.003167
GGP 0.856466
GHS 13.465624
GIP 0.856466
GMD 85.143351
GNF 10119.220751
GTQ 8.792061
GYD 241.46913
HKD 9.023786
HNL 30.887323
HRK 7.534283
HTG 150.670141
HUF 363.753472
IDR 20743.965538
ILS 3.499918
IMP 0.856466
INR 109.684828
IQD 1509.56899
IRR 1582347.251877
ISK 142.005874
JEP 0.856466
JMD 182.539641
JOD 0.815766
JPY 181.438069
KES 148.828915
KGS 100.619085
KHR 4656.622468
KMF 492.452069
KRW 1647.154159
KWD 0.356105
KYD 0.960308
KZT 546.631193
LAK 26063.144177
LBP 103197.3525
LKR 386.906675
LRD 208.005093
LSL 19.004993
LTL 3.397389
LVL 0.69598
LYD 7.344886
MAD 10.744696
MDL 20.120427
MGA 4908.528158
MKD 61.532423
MMK 2415.852808
MNT 4124.054667
MOP 9.308242
MRU 46.151966
MUR 54.123901
MVR 17.77659
MWK 1998.215008
MXN 19.912549
MYR 4.711637
MZN 73.520492
NAD 19.004828
NGN 1570.047266
NIO 42.405116
NOK 10.969426
NPR 175.692905
NZD 1.962001
OMR 0.442398
PAB 1.152339
PEN 3.89207
PGK 5.085547
PHP 70.409176
PKR 319.97992
PLN 4.312131
PYG 6873.829237
QAR 4.200907
RON 5.245763
RSD 117.368104
RUB 92.514144
RWF 1689.881831
SAR 4.307953
SBD 9.286582
SCR 16.93683
SDG 690.353503
SEK 11.003773
SGD 1.476504
SLE 28.131763
SOS 658.570862
SRD 43.499141
STD 23814.865202
STN 24.502636
SVC 10.083129
SZL 19.008128
THB 38.459009
TJS 10.642084
TMT 4.027061
TND 3.381508
TRY 54.716199
TTD 7.813875
TWD 37.2693
TZS 3043.888404
UAH 51.690362
UGX 4312.520249
USD 1.150589
UYU 46.345591
UZS 13816.546703
VES 860.469449
VND 30239.199638
VUV 137.085532
WST 3.143657
XAF 656.027589
XAG 0.01946
XAU 0.000283
XCD 3.109523
XCG 2.076832
XDR 0.815891
XOF 656.036142
XPF 119.331742
YER 274.273903
ZAR 18.996284
ZMK 10356.679715
ZMW 21.656424
ZWL 370.489125
  • AEX

    6.7200

    1108.96

    +0.61%

  • BEL20

    40.2400

    5707.43

    +0.71%

  • PX1

    34.4500

    8647.89

    +0.4%

  • ISEQ

    10.9700

    13725.54

    +0.08%

  • OSEBX

    10.7200

    2033.9

    +0.53%

  • PSI20

    26.6000

    9198.72

    +0.29%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -94.5100

    4181.81

    -2.21%

  • N150

    13.7300

    4305.61

    +0.32%

En Turquie, un artiste investit les rues pour traiter des maux du pays
En Turquie, un artiste investit les rues pour traiter des maux du pays / Photo: Adem ALTAN - AFP

En Turquie, un artiste investit les rues pour traiter des maux du pays

Une fausse pierre tombale dans un parc pour la démocratie turque ou une affiche préconisant ironiquement de manger de la brioche face à l'envolée des prix: en Turquie, les oeuvres d'Hikmeti Tabiyeci étonnent par leur éclectisme et leur audace.

Taille du texte:

Âgé de 34 ans, l'artiste de rue, qui ne veut être désigné que par son pseudonyme, signifiant physicien en turc ottoman, a inventé un genre unique en Turquie à Ankara, sa ville.

Tout commence il y a quatre ans lorsqu'il quitte une carrière dans la publicité pour se vouer à la peinture.

Il choisit les rues, qu'il connaît de ses années d'activiste politique, pour exposer ses oeuvres multiformes, affiches, peintures ou installations, dont une "horloge politique" ironisant sur les théories du complot répandues chez les politiciens turcs.

À travers son art, il affirme vouloir traiter avec humour de "certains problèmes devenus très courants" en Turquie.

Un choix rare dans une période où, souligne-t-il, "même les rassemblements les plus démocratiques se trouvent souvent interdits".

De nombreux musiciens, cinéastes ou auteurs ont été poursuivis ces dernières années pour avoir pris position contre les politiques du président turc Recep Tayyip Erdogan.

- "La rue est un univers traumatique" -

Hikmeti Tabiyeci se défend de tout héroïsme même s'il a bien conscience des limites à la liberté d'expression en Turquie.

"La rue est un univers traumatique dans l'histoire politique de la Turquie. Mon oncle, que je n'ai jamais connu, a été tué juste pour avoir collé des affiches politiques à l'approche du coup d'Etat de 1980", confie-t-il.

Excepté une brève parenthèse de démocratisation au début des années 2000, l'histoire récente turque est pavée de répressions, coups d'Etat ou tentatives de putsch, la dernière en date, en juillet 2016, ayant mené à un durcissement du pouvoir.

"Je fais bien sûr des oeuvres politiques, mais aussi apolitiques. La plupart ne relèvent que de l'humour, comme quand je dessine une piste d'atterrissage pour les abeilles dans un parc. Mais même pour celles-ci, je reçois des centaines de messages me demandant si je ne crains pas d'être arrêté", explique l'artiste.

"Cela montre l'ampleur de la peur et de la répression. Même évoquer un droit fondamental comme la nécessité d'appliquer les lois, de respecter l'environnement ou de dire non aux féminicides est devenu politique".

Malgré ce climat, l'artiste, souvent comparé à Banksy, a longtemps jugé cette peur exagérée.

Le séisme du 6 février 2023, qui a dévasté le sud-est du pays, faisant plus de 53.000 morts, a cependant changé son regard.

- Les lumières du palais d'Erdogan -

Après la catastrophe, le gouvernement turc s'est retrouvé sous le feu des critiques face à la lenteur des secours et aux images de survivants livrés à eux-mêmes, incapables de sauver leur proches sous les décombres.

Hikmeti Tabiyeci dessine alors trois silhouettes d'enfants au milieu d'une ville dévastée plongée dans le noir, regardant au loin les lumières du fastueux palais du président Erdogan.

Le dessin, qu'il partage sur Instagram, où il compte près de 300.000 abonnés, déclenche une avalanche de réactions.

"Ce dessin a fait le tour du monde. Des journaux l'ont publié en Europe et aux Etats-Unis. J'ai reçu de nombreux messages de remerciement, mais j'ai aussi subi un lynchage en ligne. J'ai été inquiet d'éventuelles répercussions", raconte-t-il.

Il ne connaîtra finalement pas d'ennuis judiciaires, mais renoncera au projet de peindre une fresque similaire dans la province d'Hatay, la plus affectée par le séisme, par peur de nuire à ses partenaires locaux.

Il y réalise quand même d'autres peintures sur des ruines, comme celle d'un oeil versant une larme accompagné du message "Plus de place pour l'erreur" en forme de jeu de mots, "pour l'erreur" se disant "hataya" en turc.

Son dessin sur les lumières du palais présidentiel a touché de nombreux habitants de la province, qui lui ont exprimé leur soutien, affirme l'artiste.

Il prévoit d'y retourner en avril, cette fois accompagné d'artistes de différents pays.

"On fera une peinture sur un mur encore debout. Elle ne sera pas politique. En tout cas pas directement", sourit-il.

(H.Schneide--BBZ)