Berliner Boersenzeitung - Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français

EUR -
AED 4.401854
AFN 77.897256
ALL 96.833701
AMD 453.488183
ANG 2.145273
AOA 1098.954337
ARS 1729.081733
AUD 1.717911
AWG 2.15866
AZN 2.040433
BAM 1.967924
BBD 2.410672
BDT 146.262316
BGN 2.012596
BHD 0.451741
BIF 3559.317113
BMD 1.198423
BND 1.51589
BOB 8.270852
BRL 6.245461
BSD 1.196884
BTN 109.783816
BWP 15.753184
BYN 3.410526
BYR 23489.096101
BZD 2.407251
CAD 1.629915
CDF 2684.467728
CHF 0.918076
CLF 0.026087
CLP 1030.047915
CNY 8.334614
CNH 8.319005
COP 4402.875269
CRC 594.668609
CUC 1.198423
CUP 31.758217
CVE 110.793941
CZK 24.250068
DJF 212.983927
DKK 7.467255
DOP 75.441109
DZD 154.838707
EGP 56.32577
ERN 17.976349
ETB 185.75505
FJD 2.638029
FKP 0.875018
GBP 0.869277
GEL 3.229785
GGP 0.875018
GHS 13.10474
GIP 0.875018
GMD 87.484534
GNF 10486.203264
GTQ 9.183655
GYD 250.410645
HKD 9.3486
HNL 31.710475
HRK 7.538203
HTG 156.968364
HUF 380.014633
IDR 20012.470194
ILS 3.722842
IMP 0.875018
INR 109.714872
IQD 1569.934484
IRR 50483.580457
ISK 145.296991
JEP 0.875018
JMD 188.048533
JOD 0.849674
JPY 182.912353
KES 154.872094
KGS 104.8009
KHR 4830.844578
KMF 493.750766
KPW 1078.604207
KRW 1722.583589
KWD 0.36696
KYD 0.997445
KZT 602.997475
LAK 25817.036779
LBP 102525.11035
LKR 370.616394
LRD 222.24754
LSL 19.126971
LTL 3.538632
LVL 0.724915
LYD 7.579969
MAD 10.851761
MDL 20.180327
MGA 5362.944187
MKD 61.664206
MMK 2516.748037
MNT 4272.540069
MOP 9.617632
MRU 47.793202
MUR 54.551915
MVR 18.515755
MWK 2080.462606
MXN 20.660008
MYR 4.735568
MZN 76.411323
NAD 19.12714
NGN 1687.955172
NIO 43.98542
NOK 11.521264
NPR 175.654642
NZD 1.992241
OMR 0.460804
PAB 1.196864
PEN 4.010525
PGK 5.10172
PHP 70.626078
PKR 335.259502
PLN 4.197765
PYG 8022.492074
QAR 4.363467
RON 5.096534
RSD 117.411955
RUB 91.863782
RWF 1740.110589
SAR 4.4941
SBD 9.680475
SCR 16.921881
SDG 720.847311
SEK 10.55304
SGD 1.512938
SHP 0.899128
SLE 29.124591
SLL 25130.335892
SOS 684.955658
SRD 45.895983
STD 24804.942092
STN 24.687519
SVC 10.472563
SYP 13254.051915
SZL 19.126646
THB 37.171467
TJS 11.179126
TMT 4.194481
TND 3.392135
TOP 2.885515
TRY 52.012492
TTD 8.139212
TWD 37.57956
TZS 3061.041504
UAH 51.378175
UGX 4273.36308
USD 1.198423
UYU 44.84629
UZS 14530.882075
VES 429.60616
VND 31319.59375
VUV 143.507965
WST 3.270848
XAF 660.03991
XAG 0.011307
XAU 0.000236
XCD 3.238799
XCG 2.157108
XDR 0.823023
XOF 662.125411
XPF 119.331742
YER 285.707797
ZAR 19.153443
ZMK 10787.225649
ZMW 23.632299
ZWL 385.891804
  • AEX

    2.9000

    1001.68

    +0.29%

  • BEL20

    63.9900

    5396.81

    +1.2%

  • PX1

    21.9500

    8152.82

    +0.27%

  • ISEQ

    77.5700

    13006.09

    +0.6%

  • OSEBX

    6.0800

    1742.8

    +0.35%

  • PSI20

    77.1900

    8654.25

    +0.9%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    147.5100

    4211.2

    +3.63%

  • N150

    9.7600

    3912.09

    +0.25%

Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français
Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français / Photo: ALBERTO PIZZOLI - AFP/Archives

Michel Bouquet, le "roi" du théâtre français

Michel Bouquet, décédé mercredi à l'âge de 96 ans, avait peut-être rêvé de mourir sur scène, comme son personnage fétiche dans "Le roi se meurt" d'Eugène Ionesco, qu'il aura joué pas moins de 800 fois en 20 ans.

Taille du texte:

Après 75 ans de carrière, le monstre sacré du théâtre, tout aussi inoubliable au cinéma chez Chabrol et Truffaut, avait confié à l'AFP en 2019 qu'il ne remonterait plus sur scène, après avoir fait son "bonhomme de chemin".

Un géant de la scène, légendaire dans "L'Avare" et "Le roi se meurt", qui quelques années plus tôt espérait "ne jamais s'arrêter de jouer".

Sur le grand écran, il a été un étonnant Mitterrand au soir de sa vie dans "Le Promeneur du Champs-de-Mars" de Robert Guédiguian (2004), avec un mimétisme qui troublera jusqu'aux proches de l'ancien président, et un magistral Javert dans "Les Misérables" de Robert Hossein (1982).

Il ne se lassait pas de ses rôles, brodant et rebrodant son interprétation, la voix mesurée enflant soudain à la surprise du public, épaté de l'énergie qu'il gardait en dépit de l'âge.

Prolifique, souvent énigmatique et troublant, le comédien avait reçu de très nombreuses récompenses, notamment deux fois le César du meilleur acteur: en 2002 pour le film d'Anne Fontaine "Comment j'ai tué mon père", puis en 2006 pour "Le Promeneur du Champs-de-Mars".

Au théâtre, il avait décroché deux fois le Molière du meilleur comédien dont en 2005 pour "Le roi se meurt", qu'il jouait avec son épouse Juliette Carré, formidable reine Marguerite.

- "Au service" de l'auteur -

Il a marqué le théâtre de l'après-guerre en faisant connaître en France l'oeuvre de Harold Pinter et en se mettant au service de grands textes classiques (Molière, Diderot ou Strindberg) et contemporains (Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Albert Camus ou Thomas Bernhard).

Affichant clairement sa préférence pour la scène, Michel Bouquet n'en a pas moins été un brillant acteur de cinéma, endossant avec beaucoup de subtilité des personnages souvent secrets et équivoques.

Sa silhouette plutôt ronde, son style discret et sa voix grave, contredite par une certaine espièglerie du regard, lui offrait une large palette de rôles.

Il a martelé que l'acteur n'était qu'"au service" de l'auteur.

"Le texte, il n'y a que le texte. Tout vient de l'auteur. L'acteur n'est là que pour prendre la main du spectateur et lui faire serrer le coeur de l'auteur", disait-il. Ou encore: "Je suis amoureux de la pensée des autres, il n'est pas utile que l'acteur soit encombré de sa propre pensée".

Né le 6 novembre 1925 à Paris, fils d'un officier qu'il a peu connu car devenu prisonnier de guerre, Michel Bouquet a été envoyé avec ses frères en pension, une expérience qui l'a "terrorisé".

Il doit son goût du spectacle à sa mère qui l'emmenait régulièrement à l'Opéra Comique.

"A chaque fois que le rideau se levait, il n'y avait plus l'horreur de la guerre, il n'y avait plus les Allemands autour (...), le monde irréel dépassait de très loin le monde réel. Ça a été le meilleur enseignement de ma vie", confiait-il à l'AFP en 2019.

- "Une angoisse affreuse" -

Tour à tour apprenti pâtissier, mécanicien dentiste, manutentionnaire durant sa jeunesse, il se rend un jour chez Maurice Escande, sociétaire de la Comédie-Française, qui lui proposa immédiatement de suivre ses cours.

Intégrant le Conservatoire en même temps que Gérard Philipe, il montera sur les planches en 1944, deviendra vite compagnon de Jean Anouilh puis de Jean Vilar au TNP (Théâtre national populaire) et au Festival d'Avignon.

A partir de 1947, on le retrouve aussi au générique de nombreux films mais il devra attendre les années 1960 pour atteindre la notoriété.

Sa voix neutre et posée, son goût pour l’ambiguïté feront merveille dans les films de Claude Chabrol qui l'emploie dans des rôles de notables de province, secrets et dévoyés. Il noue avec ce metteur en scène une complicité durable et jouera dans plusieurs de ses films ("La femme infidèle", "Poulet au vinaigre").

Il joue aussi avec François Truffaut quelques-uns de ses meilleurs films ("La mariée était en noir", en 1967, et "La Sirène du Mississippi" en 1968).

Il triomphe sur scène avec "Le roi se meurt", qu'il joue dès 1994 puis quasiment en continu de 2004 à 2014.

Jouer était une nécessité intime plus qu'un plaisir. "C'est une angoisse affreuse", disait-il. "Mais c'est intéressant. Pour vivre quelque chose que l'on ne vivrait pas autrement. On ne risque rien, rien, sauf de se casser la figure".

(O.Joost--BBZ)