Berliner Boersenzeitung - La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

EUR -
AED 4.228093
AFN 74.824423
ALL 93.226638
AMD 421.295497
AOA 1056.750053
ARS 1719.783145
AUD 1.644777
AWG 2.072059
AZN 1.954867
BAM 1.953753
BBD 2.31814
BDT 142.119343
BHD 0.434017
BIF 3405.124673
BMD 1.151144
BND 1.476057
BOB 14.012343
BRL 5.865765
BSD 1.150924
BTN 109.673926
BWP 15.653712
BYN 3.364455
BYR 22562.416614
BZD 2.314813
CAD 1.616304
CDF 2618.852233
CHF 0.933301
CLF 0.02702
CLP 1066.914398
CNY 7.771716
CNH 7.778399
COP 3730.23513
CRC 522.818071
CUC 1.151144
CUP 30.505308
CVE 110.140493
CZK 24.213129
DJF 204.950986
DKK 7.475493
DOP 66.765975
DZD 153.104429
EGP 57.696125
ERN 17.267156
ETB 185.767622
FJD 2.553119
FKP 0.853856
GBP 0.856825
GEL 3.010237
GGP 0.853856
GHS 13.479919
GIP 0.853856
GMD 84.603481
GNF 10106.575156
GTQ 8.781264
GYD 241.170515
HKD 9.027603
HNL 30.849796
HRK 7.532745
HTG 150.482504
HUF 364.513686
IDR 20690.65695
ILS 3.503661
IMP 0.853856
INR 109.668137
IQD 1507.728353
IRR 1582966.487118
ISK 142.017091
JEP 0.853856
JMD 182.318652
JOD 0.816153
JPY 180.375011
KES 149.016002
KGS 100.668118
KHR 4650.863699
KMF 491.538751
KRW 1645.669283
KWD 0.356198
KYD 0.959141
KZT 545.964678
LAK 26031.251717
LBP 103070.628234
LKR 386.433233
LRD 207.750565
LSL 18.981655
LTL 3.399028
LVL 0.696315
LYD 7.335898
MAD 10.731548
MDL 20.095807
MGA 4902.585703
MKD 61.452134
MMK 2417.037031
MNT 4136.667777
MOP 9.296933
MRU 46.095893
MUR 54.034696
MVR 17.796958
MWK 1995.72662
MXN 19.936307
MYR 4.714741
MZN 73.569574
NAD 18.981655
NGN 1569.077604
NIO 42.352124
NOK 10.98318
NPR 175.479443
NZD 1.96175
OMR 0.442596
PAB 1.150914
PEN 3.887206
PGK 5.07939
PHP 70.096015
PKR 319.591151
PLN 4.308978
PYG 6865.388212
QAR 4.195748
RON 5.247141
RSD 117.384436
RUB 92.258613
RWF 1687.835995
SAR 4.308189
SBD 9.302513
SCR 15.481419
SDG 690.686581
SEK 11.000882
SGD 1.476509
SLE 28.43061
SOS 657.770717
SRD 43.520133
STD 23826.35054
STN 24.472866
SVC 10.070616
SZL 18.984951
THB 38.483442
TJS 10.628923
TMT 4.040514
TND 3.377355
TRY 54.718698
TTD 7.804313
TWD 37.363845
TZS 3045.080179
UAH 51.627784
UGX 4307.243185
USD 1.151144
UYU 46.28888
UZS 13799.700007
VES 858.40372
VND 30260.114568
VUV 137.043837
WST 3.147792
XAF 655.233376
XAG 0.020079
XAU 0.000285
XCD 3.111023
XCG 2.0743
XDR 0.813664
XOF 655.233376
XPF 119.331742
YER 274.321302
ZAR 19.010281
ZMK 10361.675417
ZMW 21.629831
ZWL 370.667803
  • AEX

    3.1900

    1102.22

    +0.29%

  • BEL20

    -18.7600

    5667.28

    -0.33%

  • PX1

    103.8200

    8613.82

    +1.22%

  • ISEQ

    181.3700

    13716.45

    +1.34%

  • OSEBX

    5.0500

    2023.13

    +0.25%

  • PSI20

    55.6100

    9171.7

    +0.61%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -94.5100

    4181.81

    -2.21%

  • N150

    29.4100

    4291.71

    +0.69%

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne
La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne / Photo: Fred TANNEAU - AFP

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

A 37 ans, Samuel Lewis n'a jamais été scolarisé ni salarié: ce "paysan-artiste" britannique installé en Bretagne vit presque sans argent, en cultivant céréales et légumes à la main pour "sa nourriture de base". Une quête d'autosuffisance qu'il partage sur internet ou lors de stages gratuits.

Taille du texte:

"La vraie richesse, c'est une bonne terre et tout ce qu'elle nous donne" lance-t-il, un grand sourire aux lèvres, en faisant visiter son "coin de paradis".

Trois hectares dans un hameau à Duault près de Callac (Côtes d'Armor), répartis en 35 parcelles: avec son père Gareth, d'origine galloise, il y cultive seigle, blé noir, haricots, pommes de terre, fruits et autres légumes du potager. Uniquement pour la consommation familiale.

"L'objectif, c'est de faire ma nourriture de base", résume-t-il. Les 500 arbres qu'il a plantés lui fournissent des pommes pour faire son cidre ou du bois pour se chauffer. Légumes et céréales font d'excellentes soupes ou salades, du pain, des galettes.

Ici, ni tracteur ni motoculteur: il travaille "à l'ancienne" - et seulement l'après-midi. Ses outils de prédilection sont la houe, la faucille ou le fléau, achetés d'occasion ou fabriqués dans son atelier. Des voisins plus âgés lui ont en appris le maniement.

"Je suis le seul en Europe occidentale à cultiver les céréales à la main", proclame-t-il avec un fort accent d'outre-Manche.

Pull en laine fait maison, sabots en bois, cheveux longs et rares, barbe rousse tressée sous le menton, Samuel Lewis, avec son allure de barde sorti d'un conte, s'installe devant un feu de bois. Il raconte un parcours atypique, en marge d'une société de consommation qu'il rejette.

- "Je ne vends rien" -

En 1994, les Lewis quittent le nord de l'Angleterre et viennent s'installer en Centre-Bretagne. Ils y rachètent à bas prix une ruine qu'ils vont retaper "pour avoir plus d'espace" pour leurs deux filles et leur fils.

Autodidacte, Samuel n'ira jamais à l'école, apprend à lire avec l'aide de sa mère, aujourd'hui décédée.

Avec l'adolescence vient l'heure des questionnements.

"Chaque chose qu'on fait comme métier dégrade l'environnement", estime-t-il. "Déjà à 16 ans j'étais attaché à mon jardin. Pour moi c'était pas possible (de travailler) dans un bâtiment toute la journée!".

Il préfère cultiver ce jardin, son amour de la terre, mener une vie simple, respectueuse de l'environnement. Ne pas dépendre de l'argent pour vivre.

"Ce que je fais, c'est l'antithèse de l'agriculture moderne, je ne vends rien", dit-il. "La terre, on l'a tuée avec l'agriculture moderne!".

Il ne rejette pas le confort ou la modernité, partage la maison où vivent son père et sa soeur, pour les repas ou l'internet. Mais il préfère dormir dans la petite bâtisse voisine, sans électricité ni eau courante.

Ce "paysan-artiste", comme il se décrit, dessine, tous les matins, depuis tout petit. Son personnage fétiche, Tim le jardinier, est au coeur d'un livre, co-écrit avec son père et récemment publié par les éditions Ulmer, "La vie simple", mêlant réflexions philosophiques et guide illustré de jardinage.

Ses seuls revenus proviennent de ce livre et du mensuel qu'il rédige avec son père et sa soeur Bethan, le "Central Britanny Journal" destiné à la communauté britannique de sa région et tiré à 2.500 exemplaires. Il refuse les aides sociales.

"On ne peut pas se passer d'argent", reconnaît-il. Mais pas question de "courir après l'argent".

- La recette du bonheur -

Le peu qu'il gagne lui permet d'aider son père à payer les factures, les rares courses alimentaires du foyer, le carburant des deux vieilles voitures de la famille. Ou d'aller boire un verre au bar ou au fest-noz du coin avec des amis.

Samuel Lewis dit n'acheter quasiment rien ou alors d'occasion, vêtements ou outils chinés dans des brocantes. Un style de vie, concède-t-il, rendu possible parce qu'il a accès aux commodités de la maison familiale.

Cette "vie simple", il souhaite la faire connaître, notamment sur les réseaux sociaux, Instagram ou Facebook. Une vidéo que le média en ligne Brut lui a consacré, a été vue 1,3 million de fois.

Depuis 2022, il organise régulièrement journées portes ouvertes et formations gratuites sur sa ferme vivrière. Il ne souhaite pas forcément convertir les visiteurs, mais au moins montrer, notamment aux jeunes générations, qu'une autre voie est possible.

"Quand j'étais jeune, on m'a culpabilisé sur la vie que je voulais mener", se souvient-il.

"Tout ce dont nous avons besoin, la terre nous le donne. Si on sait la cultiver, on peut vivre dans un environnement magnifique (...) manger de la bonne nourriture, faire un bon feu pour se réchauffer". La recette du bonheur simple, selon Samuel Lewis.

(Y.Berger--BBZ)