Berliner Boersenzeitung - La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

EUR -
AED 4.256969
AFN 73.026624
ALL 95.949668
AMD 436.29849
ANG 2.074968
AOA 1062.937298
ARS 1612.956254
AUD 1.648622
AWG 2.089361
AZN 1.97515
BAM 1.955793
BBD 2.330592
BDT 141.989509
BGN 1.981339
BHD 0.437098
BIF 3425.188147
BMD 1.159146
BND 1.479895
BOB 7.995972
BRL 6.159011
BSD 1.157196
BTN 108.180626
BWP 15.778945
BYN 3.510788
BYR 22719.261378
BZD 2.327292
CAD 1.591102
CDF 2637.057544
CHF 0.913917
CLF 0.027244
CLP 1075.745893
CNY 7.982348
CNH 8.005172
COP 4253.385281
CRC 540.49813
CUC 1.159146
CUP 30.717369
CVE 110.264618
CZK 24.515015
DJF 206.059287
DKK 7.48519
DOP 68.689762
DZD 153.294785
EGP 59.995792
ERN 17.38719
ETB 182.369469
FJD 2.566871
FKP 0.87126
GBP 0.86899
GEL 3.147128
GGP 0.87126
GHS 12.613956
GIP 0.87126
GMD 85.201694
GNF 10142.964899
GTQ 8.863969
GYD 242.099162
HKD 9.082199
HNL 30.628894
HRK 7.547552
HTG 151.809475
HUF 393.739159
IDR 19654.711213
ILS 3.60393
IMP 0.87126
INR 108.971952
IQD 1515.894754
IRR 1525001.44174
ISK 144.047519
JEP 0.87126
JMD 181.799371
JOD 0.82188
JPY 184.582853
KES 149.909481
KGS 101.364887
KHR 4623.983998
KMF 494.955743
KPW 1043.080849
KRW 1744.874492
KWD 0.35536
KYD 0.964297
KZT 556.328075
LAK 24848.914008
LBP 103633.441366
LKR 360.978751
LRD 211.759267
LSL 19.520632
LTL 3.422657
LVL 0.701156
LYD 7.407974
MAD 10.813063
MDL 20.15193
MGA 4824.983303
MKD 61.639787
MMK 2434.137979
MNT 4156.167228
MOP 9.340468
MRU 46.32084
MUR 53.912319
MVR 17.920835
MWK 2006.593056
MXN 20.746631
MYR 4.565921
MZN 74.073751
NAD 19.520632
NGN 1572.092184
NIO 42.579853
NOK 11.093021
NPR 173.089401
NZD 1.985179
OMR 0.445696
PAB 1.157196
PEN 4.000686
PGK 4.994983
PHP 69.723065
PKR 323.078682
PLN 4.282755
PYG 7557.973845
QAR 4.231485
RON 5.101986
RSD 117.449594
RUB 96.003268
RWF 1683.694173
SAR 4.352195
SBD 9.33305
SCR 15.877645
SDG 696.647132
SEK 10.831104
SGD 1.486609
SHP 0.86966
SLE 28.486057
SLL 24306.724357
SOS 661.297712
SRD 43.45349
STD 23991.981659
STN 24.499915
SVC 10.124965
SYP 128.128397
SZL 19.526932
THB 38.14522
TJS 11.114462
TMT 4.068602
TND 3.417588
TOP 2.790945
TRY 51.295112
TTD 7.850973
TWD 37.135217
TZS 3008.589588
UAH 50.693025
UGX 4373.984863
USD 1.159146
UYU 46.629839
UZS 14107.951178
VES 527.05282
VND 30499.449254
VUV 138.346896
WST 3.161587
XAF 655.95473
XAG 0.017031
XAU 0.000257
XCD 3.13265
XCG 2.085493
XDR 0.815797
XOF 655.95473
XPF 119.331742
YER 276.576393
ZAR 19.85325
ZMK 10433.709028
ZMW 22.593922
ZWL 373.244535
  • AEX

    -16.0300

    961.62

    -1.64%

  • BEL20

    -88.0900

    4916.79

    -1.76%

  • PX1

    -142.1000

    7665.62

    -1.82%

  • ISEQ

    -203.0200

    11881.24

    -1.68%

  • OSEBX

    -31.9800

    1966.5

    -1.6%

  • PSI20

    -190.5700

    8756.26

    -2.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -27.8400

    3634.93

    -0.76%

  • N150

    -58.3500

    3755.58

    -1.53%

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne
La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne / Photo: Fred TANNEAU - AFP

La "vraie richesse" selon Samuel Lewis, paysan-artiste installé en Bretagne

A 37 ans, Samuel Lewis n'a jamais été scolarisé ni salarié: ce "paysan-artiste" britannique installé en Bretagne vit presque sans argent, en cultivant céréales et légumes à la main pour "sa nourriture de base". Une quête d'autosuffisance qu'il partage sur internet ou lors de stages gratuits.

Taille du texte:

"La vraie richesse, c'est une bonne terre et tout ce qu'elle nous donne" lance-t-il, un grand sourire aux lèvres, en faisant visiter son "coin de paradis".

Trois hectares dans un hameau à Duault près de Callac (Côtes d'Armor), répartis en 35 parcelles: avec son père Gareth, d'origine galloise, il y cultive seigle, blé noir, haricots, pommes de terre, fruits et autres légumes du potager. Uniquement pour la consommation familiale.

"L'objectif, c'est de faire ma nourriture de base", résume-t-il. Les 500 arbres qu'il a plantés lui fournissent des pommes pour faire son cidre ou du bois pour se chauffer. Légumes et céréales font d'excellentes soupes ou salades, du pain, des galettes.

Ici, ni tracteur ni motoculteur: il travaille "à l'ancienne" - et seulement l'après-midi. Ses outils de prédilection sont la houe, la faucille ou le fléau, achetés d'occasion ou fabriqués dans son atelier. Des voisins plus âgés lui ont en appris le maniement.

"Je suis le seul en Europe occidentale à cultiver les céréales à la main", proclame-t-il avec un fort accent d'outre-Manche.

Pull en laine fait maison, sabots en bois, cheveux longs et rares, barbe rousse tressée sous le menton, Samuel Lewis, avec son allure de barde sorti d'un conte, s'installe devant un feu de bois. Il raconte un parcours atypique, en marge d'une société de consommation qu'il rejette.

- "Je ne vends rien" -

En 1994, les Lewis quittent le nord de l'Angleterre et viennent s'installer en Centre-Bretagne. Ils y rachètent à bas prix une ruine qu'ils vont retaper "pour avoir plus d'espace" pour leurs deux filles et leur fils.

Autodidacte, Samuel n'ira jamais à l'école, apprend à lire avec l'aide de sa mère, aujourd'hui décédée.

Avec l'adolescence vient l'heure des questionnements.

"Chaque chose qu'on fait comme métier dégrade l'environnement", estime-t-il. "Déjà à 16 ans j'étais attaché à mon jardin. Pour moi c'était pas possible (de travailler) dans un bâtiment toute la journée!".

Il préfère cultiver ce jardin, son amour de la terre, mener une vie simple, respectueuse de l'environnement. Ne pas dépendre de l'argent pour vivre.

"Ce que je fais, c'est l'antithèse de l'agriculture moderne, je ne vends rien", dit-il. "La terre, on l'a tuée avec l'agriculture moderne!".

Il ne rejette pas le confort ou la modernité, partage la maison où vivent son père et sa soeur, pour les repas ou l'internet. Mais il préfère dormir dans la petite bâtisse voisine, sans électricité ni eau courante.

Ce "paysan-artiste", comme il se décrit, dessine, tous les matins, depuis tout petit. Son personnage fétiche, Tim le jardinier, est au coeur d'un livre, co-écrit avec son père et récemment publié par les éditions Ulmer, "La vie simple", mêlant réflexions philosophiques et guide illustré de jardinage.

Ses seuls revenus proviennent de ce livre et du mensuel qu'il rédige avec son père et sa soeur Bethan, le "Central Britanny Journal" destiné à la communauté britannique de sa région et tiré à 2.500 exemplaires. Il refuse les aides sociales.

"On ne peut pas se passer d'argent", reconnaît-il. Mais pas question de "courir après l'argent".

- La recette du bonheur -

Le peu qu'il gagne lui permet d'aider son père à payer les factures, les rares courses alimentaires du foyer, le carburant des deux vieilles voitures de la famille. Ou d'aller boire un verre au bar ou au fest-noz du coin avec des amis.

Samuel Lewis dit n'acheter quasiment rien ou alors d'occasion, vêtements ou outils chinés dans des brocantes. Un style de vie, concède-t-il, rendu possible parce qu'il a accès aux commodités de la maison familiale.

Cette "vie simple", il souhaite la faire connaître, notamment sur les réseaux sociaux, Instagram ou Facebook. Une vidéo que le média en ligne Brut lui a consacré, a été vue 1,3 million de fois.

Depuis 2022, il organise régulièrement journées portes ouvertes et formations gratuites sur sa ferme vivrière. Il ne souhaite pas forcément convertir les visiteurs, mais au moins montrer, notamment aux jeunes générations, qu'une autre voie est possible.

"Quand j'étais jeune, on m'a culpabilisé sur la vie que je voulais mener", se souvient-il.

"Tout ce dont nous avons besoin, la terre nous le donne. Si on sait la cultiver, on peut vivre dans un environnement magnifique (...) manger de la bonne nourriture, faire un bon feu pour se réchauffer". La recette du bonheur simple, selon Samuel Lewis.

(Y.Berger--BBZ)