Berliner Boersenzeitung - Catherine Ribeiro, la révolte en chantant

EUR -
AED 4.234455
AFN 76.098978
ALL 93.355439
AMD 420.285222
AOA 1058.469724
ARS 1714.008452
AUD 1.639998
AWG 2.075431
AZN 1.956048
BAM 1.953846
BBD 2.314296
BDT 141.888125
BHD 0.433271
BIF 3409.805301
BMD 1.153017
BND 1.474751
BOB 13.644534
BRL 5.853524
BSD 1.149036
BTN 109.541893
BWP 15.667402
BYN 3.342572
BYR 22599.134983
BZD 2.310999
CAD 1.617972
CDF 2623.113712
CHF 0.932826
CLF 0.026966
CLP 1064.753984
CNY 7.784364
CNH 7.786682
COP 3615.031425
CRC 521.882692
CUC 1.153017
CUP 30.554953
CVE 110.156287
CZK 24.211399
DJF 204.61629
DKK 7.475024
DOP 66.66392
DZD 153.149529
EGP 59.173759
ERN 17.295256
ETB 183.619494
FJD 2.552722
FKP 0.855386
GBP 0.855994
GEL 3.015164
GGP 0.855386
GHS 13.432743
GIP 0.855386
GMD 84.748706
GNF 10086.957729
GTQ 8.767348
GYD 240.362787
HKD 9.04245
HNL 30.788348
HRK 7.533351
HTG 150.246934
HUF 364.183866
IDR 20741.624449
ILS 3.531633
IMP 0.855386
INR 109.721373
IQD 1505.288325
IRR 1585542.627216
ISK 142.005664
JEP 0.855386
JMD 181.907321
JOD 0.817498
JPY 180.481814
KES 148.853615
KGS 100.831094
KHR 4649.572652
KMF 492.338702
KRW 1647.817137
KWD 0.356444
KYD 0.957547
KZT 544.477934
LAK 26022.318653
LBP 102900.855012
LKR 385.739315
LRD 207.401718
LSL 19.005943
LTL 3.40456
LVL 0.697448
LYD 7.351681
MAD 10.734107
MDL 20.080183
MGA 4914.107663
MKD 61.463542
MMK 2420.824769
MNT 4144.56416
MOP 9.282578
MRU 46.180225
MUR 54.249696
MVR 17.825371
MWK 1992.41641
MXN 19.969677
MYR 4.715604
MZN 73.689228
NAD 19.005778
NGN 1568.771776
NIO 42.287899
NOK 10.939653
NPR 175.265511
NZD 1.958198
OMR 0.443199
PAB 1.149026
PEN 3.894106
PGK 5.144878
PHP 70.320162
PKR 319.118096
PLN 4.307269
PYG 6851.179173
QAR 4.200455
RON 5.248186
RSD 117.273246
RUB 91.498579
RWF 1686.820652
SAR 4.315315
SBD 9.317652
SCR 15.571531
SDG 691.810534
SEK 10.968537
SGD 1.477378
SLE 28.486023
SOS 656.640573
SRD 43.562709
STD 23865.12585
STN 24.475633
SVC 10.053991
SZL 19.003081
THB 38.415055
TJS 10.605549
TMT 4.04709
TND 3.377966
TRY 54.813854
TTD 7.802232
TWD 37.190547
TZS 3045.737304
UAH 51.285342
UGX 4314.741794
USD 1.153017
UYU 46.23357
UZS 13754.306627
VES 859.800697
VND 30309.36027
VUV 136.851421
WST 3.152915
XAF 655.304599
XAG 0.019812
XAU 0.000284
XCD 3.116086
XCG 2.070838
XDR 0.814989
XOF 655.304599
XPF 119.331742
YER 274.763661
ZAR 18.999766
ZMK 10378.514816
ZMW 21.584511
ZWL 371.271033
  • AEX

    -5.5200

    1099.18

    -0.5%

  • BEL20

    31.6600

    5685.82

    +0.56%

  • PX1

    24.6100

    8509.64

    +0.29%

  • ISEQ

    -118.7900

    13535.33

    -0.87%

  • OSEBX

    3.6300

    2018.08

    +0.18%

  • PSI20

    -30.1800

    9116.04

    -0.33%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.6300

    4276.33

    -0.48%

  • N150

    -1.7100

    4262.41

    -0.04%

Catherine Ribeiro, la révolte en chantant
Catherine Ribeiro, la révolte en chantant / Photo: Joel ROBINE - AFP/Archives

Catherine Ribeiro, la révolte en chantant

Rebelle et militante, Catherine Ribeiro, décédée à l'âge de 82 ans, fut une figure incontournable de la musique expérimentale des années 70, mettant ses chansons au service de ses engagements multiples, avant d'être marginalisée et de finir sa vie recluse.

Taille du texte:

"Libre et libertaire sans jamais accepter un clan plutôt qu'un autre", se définissait en 2018 cette fille d'immigrés portugais dans Les Inrockuptibles.

Après un passage au cinéma, cette brune aux yeux noirs et à la voix grave démarre sagement sa carrière de chanteuse au milieu des années 60 comme vedette yéyé.

Mais elle refuse de s'y attarder et choisit les chemins parallèles en créant avec Patrice Moullet le groupe Alpes. Elle s'impose alors comme l'héritière de Colette Magny et de Léo Ferré et ses chansons engagées lui valent d'être surnommée la "pasionaria rouge" ou encore "la grande prêtresse de la chanson française".

Née le 22 septembre 1941 à Lyon, fille d'un ouvrier-chaudronnier venu du Portugal, Catherine Ribeiro grandit avec pour seul horizon les hautes cheminées fumantes des industries chimiques de Saint-Fons.

Elle fait son baluchon pour monter à Paris où elle prend des cours d'art dramatique qui la mènent au cinéma. On la voit notamment dans "Les Carabiniers" (1963) de Jean-Luc Godard, au côté de Patrice Moullet, son futur partenaire d'Alpes.

- Du yéyé à l'avant-garde -

Elle enregistre aussi, entre 1964 et 1966, une quinzaine de titres, créations originales ou reprises de Bob Dylan.

Sa voie semble tracée, ses disques se vendent bien. Elle apparaît en avril 1966 en Une de "Salut les copains", sur la fameuse "photo du siècle", avec toutes les stars montantes de la chanson.

Mais la jeune femme indocile et tourmentée --elle fera plusieurs tentatives de suicide dont une qui la voit passer Mai 68 à l'hôpital-- refuse ce destin.

"Je ne veux pas me transformer en cover-girl. La chansonnette de tous les jours ne m'intéresse plus. J'ai gâché beaucoup trop de temps", lâche-t-elle.

Elle opte pour l'avant-garde et s'oriente vers des sonorités à mi-chemin entre le psychédélisme et le rock progressif, entre la musique minimaliste et le jazz.

"Âme debout", "Paix", "Le Rat débile et l'Homme des champs", "Libertés ?"... Elle réalise au total neuf albums avec Alpes. Ses chansons témoignent de ses multiples engagements: pour la Palestine, pour les réfugiés chiliens, contre la guerre au Vietnam, pour l'écologie, contre le président Valéry Giscard d'Estaing...

Jugée trop rebelle et à mille lieues des canons commerciaux, elle est boycottée par les médias. "La beauté insoumise de Catherine et sa colère chevillée à l'âme incommodent le show business", disait Léo Ferré.

Ce qui ne l'empêche de trouver son public, souvent militant comme elle. Elle se produit dans les grandes salles et fait un carton à Bourges ou à la Fête de l'Humanité où elle chante devant 120.000 personnes.

- Un fan nommé Mitterrand -

En 1982, elle remplit pendant trois semaines Bobino. C'est l'apogée de sa carrière. Avec un soir un spectateur célèbre, qui se faufile incognito: le tout nouveau président socialiste François Mitterrand.

Si elle revendique fièrement ses engagements, Catherine Ribeiro vit mal d'être résumée à cela. "J'en ai assez qu'on me fasse porter cette seule étiquette rouge", disait-elle en 1980. "Ce n'est pas moi qui me suis marginalisée, on m'a marginalisée! J'irai vers un public plus large si les chaînes de radio et la télévision se décident enfin à me considérer comme une chanteuse à part entière".

Mais on ne la verra désormais plus beaucoup sur scène. Repliée dans les Ardennes dans les années 80, elle épouse le maire socialiste de Sedan, Claude Démoulin. Elle subit en 2020 un AVC et doit être hospitalisée dans une clinique allemande.

Ces dernières décennies, elle sortait peu de son silence. Se produisant tout de même au Bataclan et aux Francofolies. Avec toujours la même soif d'engagement: "Jusqu'à mon dernier souffle, je me battrai pour les libertés".

Elle est décédée dans la nuit de jeudi à vendredi à 82 ans dans une maison de retraite de Martigues.

(K.Müller--BBZ)