Berliner Boersenzeitung - Almodovar, le réalisateur qui a donné des couleurs au cinéma espagnol

EUR -
AED 4.325115
AFN 75.960045
ALL 95.502105
AMD 434.86493
ANG 2.107954
AOA 1081.131951
ARS 1639.146274
AUD 1.625507
AWG 2.119867
AZN 2.005656
BAM 1.957893
BBD 2.371724
BDT 144.491599
BGN 1.964531
BHD 0.444636
BIF 3505.247586
BMD 1.177704
BND 1.493297
BOB 8.1377
BRL 5.789944
BSD 1.177554
BTN 111.199974
BWP 15.810904
BYN 3.328058
BYR 23083.000864
BZD 2.368321
CAD 1.612377
CDF 2727.563092
CHF 0.915417
CLF 0.026664
CLP 1049.393639
CNY 8.014336
CNH 8.004449
COP 4413.940847
CRC 541.330493
CUC 1.177704
CUP 31.209159
CVE 110.373163
CZK 24.292264
DJF 209.714213
DKK 7.473098
DOP 70.034877
DZD 155.763467
EGP 62.090682
ERN 17.665562
ETB 183.883897
FJD 2.572047
FKP 0.865402
GBP 0.864288
GEL 3.155907
GGP 0.865402
GHS 13.266183
GIP 0.865402
GMD 85.972603
GNF 10332.125269
GTQ 8.991613
GYD 246.403439
HKD 9.220214
HNL 31.307472
HRK 7.536367
HTG 154.184845
HUF 354.593164
IDR 20429.633469
ILS 3.416876
IMP 0.865402
INR 111.194996
IQD 1542.749409
IRR 1546207.746698
ISK 143.78596
JEP 0.865402
JMD 185.608441
JOD 0.835018
JPY 184.405653
KES 152.100798
KGS 102.955487
KHR 4725.051722
KMF 493.457997
KPW 1059.875934
KRW 1720.53171
KWD 0.36238
KYD 0.981449
KZT 544.243347
LAK 25826.612157
LBP 105460.451551
LKR 379.121531
LRD 216.101041
LSL 19.320356
LTL 3.477455
LVL 0.712381
LYD 7.446297
MAD 10.769754
MDL 20.138531
MGA 4918.820342
MKD 61.661657
MMK 2472.715575
MNT 4214.888329
MOP 9.495452
MRU 47.071326
MUR 55.139624
MVR 18.201375
MWK 2041.682836
MXN 20.266415
MYR 4.617803
MZN 75.226608
NAD 19.320356
NGN 1601.724866
NIO 43.332465
NOK 10.853009
NPR 177.936238
NZD 1.976529
OMR 0.452833
PAB 1.177659
PEN 4.07139
PGK 5.200096
PHP 71.23949
PKR 328.187817
PLN 4.233434
PYG 7193.049039
QAR 4.304218
RON 5.220994
RSD 117.367624
RUB 87.395277
RWF 1726.445805
SAR 4.452457
SBD 9.459623
SCR 16.870726
SDG 707.204687
SEK 10.853957
SGD 1.492339
SHP 0.879275
SLE 28.968733
SLL 24695.862149
SOS 673.019549
SRD 44.082684
STD 24376.097627
STN 24.524033
SVC 10.304098
SYP 130.18806
SZL 19.307642
THB 37.932704
TJS 10.987647
TMT 4.133741
TND 3.420657
TOP 2.835629
TRY 53.422894
TTD 7.980821
TWD 36.878616
TZS 3060.139342
UAH 51.72599
UGX 4412.323986
USD 1.177704
UYU 46.966026
UZS 14283.998023
VES 584.387458
VND 30983.040139
VUV 138.999877
WST 3.18462
XAF 656.659058
XAG 0.014577
XAU 0.00025
XCD 3.182804
XCG 2.12228
XDR 0.819107
XOF 656.600455
XPF 119.331742
YER 281.004388
ZAR 19.315467
ZMK 10600.751704
ZMW 22.420971
ZWL 379.220248
  • AEX

    -1.9400

    1017.5

    -0.19%

  • BEL20

    -6.5600

    5463.32

    -0.12%

  • PX1

    -89.4000

    8112.57

    -1.09%

  • ISEQ

    -222.6400

    12721.67

    -1.72%

  • OSEBX

    -8.9100

    1970.28

    -0.45%

  • PSI20

    -66.6800

    9067.26

    -0.73%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.2800

    3998.61

    -2.16%

  • N150

    -10.0800

    4188.97

    -0.24%

Almodovar, le réalisateur qui a donné des couleurs au cinéma espagnol
Almodovar, le réalisateur qui a donné des couleurs au cinéma espagnol / Photo: Marco BERTORELLO - AFP

Almodovar, le réalisateur qui a donné des couleurs au cinéma espagnol

Né dans l'Espagne en noir et blanc de la dictature, Pedro Almodovar, couronné samedi par le Lion d'or à Venise, a su raconter dans des films hauts en couleur la libération d'une société et s'est imposé comme l'incarnation du cinéma espagnol.

Taille du texte:

Paradoxalement, c'est avec son premier long métrage en anglais, "La chambre d'à côté", qu'il l'emporte pour la première fois dans un festival majeur, même s'il avait reçu un Lion d'or d'honneur en 2019.

Cette histoire de suicide assisté, avec les stars américaines Tilda Swinton et Julianne Moore, est loin du bruit et de la fureur des comédies kitsch et provoc' des débuts de l'enfant terrible du cinéma espagnol, sans atteindre les sommets d'émotion de "Tout sur ma mère" ou "Parle avec elle".

"C'est mon premier film en anglais mais l'esprit est espagnol", a-t-il commenté, avant de livrer un plaidoyer en faveur du "droit fondamental" de "dire adieu à ce monde proprement et dignement". Almodovar s'éloigne également de sa veine autobiographique plus récente ("Douleur et gloire") pour aller franchement vers le mélo.

Son épaisse chevelure a blanchi et, à 74 ans, il doit se défendre de ne plus être aussi "almodovarien" que certains le voudraient. Alors que son nom aura longtemps été synonyme de transgression, d'humour osé, de mélodrames flamboyants et d'héroïnes hors normes, ses oeuvres sont de plus en plus tourmentées par le déclin physique et la peur de la mort.

Pour expliquer cette nouvelle gravité, il évoque souvent sa vie d'homme vieillissant, reclus avec chat et "fantasmas" (fantômes ou fantasmes).

- "Ni interdits ni scandaleux" -

Après le succès de "Femmes au bord de la crise de nerfs" en 1988, extravagant vaudeville qui le lança à l'international, le journaliste français Bernard Pivot énumérerait, en 1992, les thèmes abordés dans ses films: "masochisme, homosexualité, masturbation, drogue, pornographie, attaques contre la religion"...

"Tous ces thèmes dont on dit qu'ils sont tabous appartiennent à ma vie, je ne les considère pas comme interdits ni scandaleux", lui répondait Almodovar, surnommé "l'enfant terrible de la Movida", libération socio-culturelle qui suivit la mort du dictateur Franco en 1975.

Il aura suffi de quelques années pour que ce Madrilène tout en rondeurs, homosexuel revendiqué, devienne le porte-drapeau d'une Espagne moderne et tolérante.

Né en septembre 1949 dans la région aride de La Manche, au centre de l'Espagne, Pedro Almodovar Caballero a rarement évoqué son père, un muletier qui disparaissait des semaines entières pour vendre du vin, décédé l'année de son premier film.

Sa mère a été la grande figure de sa vie et l'exploration des liens maternels un de ses thèmes de prédilection.

"Ma passion pour la couleur est la réponse de ma mère à tant d'années de deuil et de noirceur contre nature. J'ai été sa vengeance sur la sombre monochromie imposée par la tradition", disait-il en 2004.

Pedro a 16 ans quand il prend son indépendance pour gagner Madrid. L'école de cinéma étant encore "fermée par Franco", c'est à la cinémathèque qu'il découvre ses maîtres pour toujours, d'Hitchcock à Bergman en passant par Bunuel.

Gagnant sa vie comme agent administratif de la compagnie de téléphone, il plonge dans "l'underground" madrilène, s'adonne au "punk-glam-rock" et, dès 1974, tourne de petits films en super 8.

- Actrices fétiches -

Son premier long métrage, "Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier" (1980) ressemble à un joyeux roman-photo érotique aux héroïnes désinhibées. Il tournera les 19 suivants dans son pays, retrouvant régulièrement ses actrices fétiches (Carmen Maura, Rossy de Palma, Penélope Cruz, Marisa Paredes...).

Ses héroïnes sont souvent des femmes passionnées, obstinées, tenues de se réinventer face aux crises et aux rebondissements - improbables - qu'il glisse dans ses scénarios.

Il est aussi l'un des premiers à peupler de personnages transgenre et de travestis ses œuvres à l'humanisme chaleureux et à l'esthétique kitsch, comme "La mauvaise éducation", son oeuvre la plus personnelle, sur l'amitié de deux garçons dans un internat catholique.

Almodovar est aussi passé d'un thriller dérangeant, "La piel que habito", à une comédie fantasque dans les airs, "Les amants passagers", puis au mélodrame pur, "Julieta", portrait d'une mère qui cache un lourd secret.

Cinq fois en compétition officielle à Cannes, il n'a jamais reçu la Palme d'or même si, en 2006, "Volver" a reçu le prix du meilleur scénario et celui d'interprétation pour ses actrices. Certains de ses plus grands succès, "Tout sur ma mère" et "Parle avec elle", ont été récompensés par des Oscars.

(P.Werner--BBZ)