Berliner Boersenzeitung - Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil

EUR -
AED 4.326998
AFN 75.393857
ALL 95.5279
AMD 434.702457
ANG 2.108524
AOA 1081.424837
ARS 1646.882189
AUD 1.625688
AWG 2.123385
AZN 2.007315
BAM 1.958422
BBD 2.372365
BDT 144.530626
BGN 1.965061
BHD 0.444591
BIF 3504.616123
BMD 1.178022
BND 1.4937
BOB 8.139898
BRL 5.789277
BSD 1.177872
BTN 111.230009
BWP 15.815175
BYN 3.328957
BYR 23089.235637
BZD 2.368961
CAD 1.611929
CDF 2727.12188
CHF 0.914805
CLF 0.026656
CLP 1049.09994
CNY 8.011435
CNH 8.006045
COP 4417.229942
CRC 541.476707
CUC 1.178022
CUP 31.217589
CVE 110.402975
CZK 24.303664
DJF 209.358573
DKK 7.472714
DOP 70.053793
DZD 155.802101
EGP 62.103687
ERN 17.670333
ETB 183.933564
FJD 2.572216
FKP 0.865636
GBP 0.864374
GEL 3.15756
GGP 0.865636
GHS 13.269767
GIP 0.865636
GMD 85.996041
GNF 10334.916001
GTQ 8.994042
GYD 246.469993
HKD 9.222129
HNL 31.315928
HRK 7.533499
HTG 154.22649
HUF 354.383295
IDR 20450.46585
ILS 3.417801
IMP 0.865636
INR 111.208774
IQD 1543.166109
IRR 1546625.381397
ISK 143.789847
JEP 0.865636
JMD 185.658574
JOD 0.835264
JPY 184.485395
KES 152.142024
KGS 102.983297
KHR 4726.32797
KMF 493.591725
KPW 1060.162209
KRW 1722.139364
KWD 0.362466
KYD 0.981714
KZT 544.390349
LAK 25833.587986
LBP 105047.746667
LKR 379.223933
LRD 216.159411
LSL 19.325575
LTL 3.478394
LVL 0.712574
LYD 7.448308
MAD 10.772663
MDL 20.14397
MGA 4920.148927
MKD 61.660503
MMK 2473.383461
MNT 4216.02678
MOP 9.498017
MRU 47.08404
MUR 55.155446
MVR 18.206379
MWK 2042.2343
MXN 20.257447
MYR 4.619071
MZN 75.280013
NAD 19.325575
NGN 1601.462759
NIO 43.344169
NOK 10.842499
NPR 177.984299
NZD 1.975367
OMR 0.452939
PAB 1.177977
PEN 4.07249
PGK 5.201501
PHP 71.273294
PKR 328.276462
PLN 4.233989
PYG 7194.991899
QAR 4.305381
RON 5.219078
RSD 117.387604
RUB 87.410372
RWF 1726.912122
SAR 4.455323
SBD 9.462179
SCR 16.493534
SDG 707.406677
SEK 10.861006
SGD 1.492205
SHP 0.879513
SLE 28.983666
SLL 24702.532559
SOS 673.201333
SRD 44.056898
STD 24382.681668
STN 24.530657
SVC 10.306881
SYP 130.223224
SZL 19.312858
THB 37.941785
TJS 10.990615
TMT 4.134858
TND 3.421581
TOP 2.836395
TRY 53.436978
TTD 7.982977
TWD 36.926878
TZS 3060.965929
UAH 51.739962
UGX 4413.515765
USD 1.178022
UYU 46.978711
UZS 14287.856164
VES 584.545302
VND 30991.408731
VUV 139.037421
WST 3.18548
XAF 656.836423
XAG 0.014592
XAU 0.000249
XCD 3.183664
XCG 2.122853
XDR 0.819328
XOF 656.777804
XPF 119.331742
YER 281.080331
ZAR 19.296287
ZMK 10603.617886
ZMW 22.427027
ZWL 379.322676
  • AEX

    -1.9400

    1017.5

    -0.19%

  • BEL20

    -6.5600

    5463.32

    -0.12%

  • PX1

    -89.4000

    8112.57

    -1.09%

  • ISEQ

    -222.6400

    12721.67

    -1.72%

  • OSEBX

    -8.9100

    1970.28

    -0.45%

  • PSI20

    -66.6800

    9067.26

    -0.73%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -6.0000

    3992.65

    -0.15%

  • N150

    -9.6600

    4189.18

    -0.23%

Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil
Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil / Photo: Wakil KOHSAR - AFP/Archives

Journalistes en Afghanistan: censure, arrestations, violences ou exil

Censure, intimidation, détention arbitraire, violences allant jusqu'à la torture: le nombre de journalistes a fondu depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021 en Afghanistan, pays où la presse avait été relativement libre.

Taille du texte:

Une nouvelle loi de "promotion de la vertu et prévention du vice", visant une application ultra-rigoureuse de la loi islamique, inquiète encore davantage une profession sinistrée, entre reconversions et exils.

Au retour des talibans, l'Afghanistan comptait 8.400 salariés dans les médias dont 1.700 femmes. Il n'en reste que 5.100 dont 560 femmes, selon des sources de la profession.

Des dizaines de médias ont été fermés et l'Afghanistan est passé en trois ans du 122e au 178e rang sur 180 au classement de Reporters sans Frontières (RSF) pour la liberté de la presse.

"On a enregistré environ 450 cas d'abus contre des journalistes depuis l'arrivée des talibans", indique Samiullah (prénom d'emprunt), cadre dans une association de protection de la presse.

Ceci inclut "des interpellations, menaces, détentions arbitraires, violences physiques et tortures" dues "à 70% au GDI", la Direction générale du renseignement, précise-t-il.

Contrairement à des pays comme la Chine ou l'Iran, l'Afghanistan n'emprisonne pas longuement ses journalistes.

"On n'a pas besoin de remplir les prisons de journalistes pour avoir un effet dissuasif", explique Célia Mercier, responsable de l'Asie du Sud chez RSF. "Les garder quelques jours en détention (...) peut les briser psychologiquement" car "ils sont en général torturés".

Des journalistes afghans ont rapporté à RSF avoir subi des tortures ainsi que l'enfermement dans des cellules avec des détenus du groupe jihadiste Etat islamique (EI) menaçant de les tuer jour et nuit.

"Après une telle épreuve, des journalistes vont essayer de quitter le pays", poursuit Célia Mercier.

- "Profession humiliée" -

Meena Akbari travaillait pour Khurshid TV mais a dû fuir au Pakistan en 2021 - comme des centaines d'autres journalistes afghans - "en raison de nombreuses menaces pour (sa) sécurité". Elle est encore menacée de mort, "apparemment par des gens des rangs des talibans", sur les réseaux sociaux et reçoit un soutien psychologique.

Arrêté en 2023 pour "espionnage", le journaliste franco-afghan Mortaza Behboudi, qui travaillait pour plusieurs médias français, a été détenu à Kaboul 10 mois et dit avoir été torturé "tous les jours ou presque".

"Les collaborateurs de médias en exil et médias étrangers sont particulièrement ciblés", précise Mme Mercier.

La chaîne Afghanistan International basée à Londres, pour laquelle plus aucun Afghan n'a le droit de travailler, a accusé ce mois-ci Kaboul de brouiller ses fréquences. Plutôt que de s'exiler, certains journalistes se reconvertissent en youtubeurs.

"Aucune autre profession n'a été autant humiliée", constate un journaliste du nord du pays, qui préfère garder l'anonymat après avoir été arrêté et battu. "Avec mes collègues, on réfléchit à un autre travail" car "chaque jour de nouvelles restrictions sont annoncées".

"Si on couvre des (attentats) ou des sujets liés aux femmes, on s'expose à des menaces par téléphone, des convocations ou une détention", dit-il.

Depuis quelques jours, les talk-shows politiques, dont les télévisions sont friandes, sont drastiquement encadrés, indiquent à l'AFP des responsables de médias.

Les experts invités doivent figurer sur une liste préalablement établie, les thèmes être approuvés. Toute critique du pouvoir est proscrite.

Les directeurs de chaîne doivent, après enregistrement, expurger les "points faibles".

La radiotélévision d'Etat RTA n'emploie plus aucune femme journaliste, selon une source en son sein. Dans le Helmand (sud), la voix des femmes est bannie à la télévision et sur les radios.

La surveillance des journalistes se poursuit sur les réseaux sociaux. La presse survit en s'autocensurant, ce "qui est un gros problème", concède Samiullah.

- "Seuls, perdus, sans défense" -

Les talibans affirment que la presse est libre.

Récemment, Hayatullah Muhajir Farahi, vice-ministre de l'Information, assurait que "tous les médias peuvent travailler" en Afghanistan à condition de respecter "les valeurs islamiques, l'intérêt supérieur du pays, sa culture et ses traditions".

L'entrée en vigueur en août de la "loi pour la promotion de la vertu et prévention du vice" fait trembler les rédactions, dont certaines indiquent être la cible de descentes des brigades du ministère éponyme.

Avec cette loi, qui interdit de prendre des images d'êtres vivants et aux femmes de faire entendre leur voix en public, la question se pose de savoir si "les médias pourront encore travailler et les femmes s'y montrer", dit le journaliste du Nord.

Le ministère de l'Information n'a pas répondu aux questions de l'AFP.

Bien que les autorités "nous assurent que (la loi) ne va pas affecter le travail des journalistes, on voit sur le terrain qu'elle a vraiment un impact", raconte Samiullah. "En juillet, on a eu deux ou trois cas d'abus contre des journalistes. En août, 15 ou 16 cas et 11 en septembre".

Seule note positive, les journalistes restent soutenus par des associations locales recevant des financements de l'Union européenne, de l'Unesco ou d'ONG internationales. Ces associations défendent des cas individuels ou encouragent le recrutement de femmes journalistes dans certains médias.

Des discussions régulières ont aussi lieu entre les médias et leur ministère de tutelle et le reste du gouvernement.

"Quand on parle avec le ministère de l'Information, on reçoit des assurances que les choses vont s'arranger", confie Samiullah. "Mais quand on voit comment se comporte un type du GDI en province, ça empire".

Une autre loi en préparation doit encadrer le fonctionnement des médias.

"Les journalistes ont très peur", conclut Samiullah. "Ils se sentent seuls, perdus, sans défense".

(G.Gruner--BBZ)