Berliner Boersenzeitung - Dans le camp de Jénine, "ce n'est pas une vie"

EUR -
AED 4.180613
AFN 74.565217
ALL 93.585518
AMD 416.864612
AOA 1043.872082
ARS 1704.090397
AUD 1.643182
AWG 2.04904
AZN 1.939364
BAM 1.955054
BBD 2.292245
BDT 140.496383
BHD 0.429238
BIF 3400.087496
BMD 1.138356
BND 1.470758
BOB 12.946287
BRL 5.857293
BSD 1.138076
BTN 108.799957
BWP 15.657231
BYN 3.321476
BYR 22311.769197
BZD 2.288947
CAD 1.603783
CDF 2589.75873
CHF 0.933463
CLF 0.027149
CLP 1068.505877
CNY 7.70809
CNH 7.707851
COP 3666.72298
CRC 517.906902
CUC 1.138356
CUP 30.166423
CVE 110.22342
CZK 24.179244
DJF 202.675324
DKK 7.475696
DOP 66.024803
DZD 151.765089
EGP 57.679319
ERN 17.075334
ETB 183.696703
FJD 2.543888
FKP 0.855375
GBP 0.856556
GEL 2.988154
GGP 0.855375
GHS 13.310096
GIP 0.855375
GMD 83.655078
GNF 9991.230948
GTQ 8.683648
GYD 238.072282
HKD 8.928094
HNL 30.492363
HRK 7.532152
HTG 148.803212
HUF 362.689225
IDR 20576.915306
ILS 3.503494
IMP 0.855375
INR 109.003067
IQD 1490.931018
IRR 1565381.204903
ISK 142.612702
JEP 0.855375
JMD 179.891348
JOD 0.807139
JPY 186.524687
KES 147.322081
KGS 99.549162
KHR 4601.304643
KMF 492.907942
KRW 1652.983669
KWD 0.353689
KYD 0.948451
KZT 543.005159
LAK 25807.377881
LBP 101918.895497
LKR 382.344087
LRD 206.005002
LSL 19.083817
LTL 3.361268
LVL 0.68858
LYD 7.297247
MAD 10.677972
MDL 20.13858
MGA 4919.16592
MKD 61.496801
MMK 2389.82229
MNT 4094.475292
MOP 9.194253
MRU 45.501635
MUR 53.935541
MVR 17.587601
MWK 1973.472871
MXN 19.939698
MYR 4.655305
MZN 72.745285
NAD 19.083817
NGN 1554.288034
NIO 41.8842
NOK 10.992815
NPR 174.081859
NZD 1.972457
OMR 0.437688
PAB 1.138071
PEN 3.863825
PGK 5.094078
PHP 69.934892
PKR 316.079675
PLN 4.329048
PYG 6835.391421
QAR 4.149516
RON 5.239171
RSD 117.405465
RUB 91.072846
RWF 1675.28274
SAR 4.277218
SBD 9.199171
SCR 15.338926
SDG 683.013539
SEK 11.069421
SGD 1.471865
SLE 27.576682
SOS 650.460337
SRD 42.96948
STD 23561.661995
STN 24.490869
SVC 9.958243
SZL 19.078635
THB 38.207194
TJS 10.504829
TMT 3.984244
TND 3.373613
TRY 53.955548
TTD 7.731118
TWD 36.876457
TZS 2999.570351
UAH 51.026251
UGX 4250.396597
USD 1.138356
UYU 45.772733
UZS 13699.771779
VES 846.135259
VND 29964.364525
VUV 135.715637
WST 3.135128
XAF 655.715401
XAG 0.019963
XAU 0.000284
XCD 3.076463
XCG 2.051126
XDR 0.815267
XOF 655.709643
XPF 119.331742
YER 271.213434
ZAR 19.11322
ZMK 10246.562446
ZMW 21.254262
ZWL 366.55003
  • AEX

    0.5500

    1093.1

    +0.05%

  • BEL20

    -17.8100

    5727.91

    -0.31%

  • PX1

    -50.7500

    8408.27

    -0.6%

  • ISEQ

    -191.1500

    13560.72

    -1.39%

  • OSEBX

    9.7800

    2006.56

    +0.49%

  • PSI20

    -84.9500

    9049.41

    -0.93%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    14.0700

    4410.44

    +0.32%

  • N150

    7.2000

    4243.39

    +0.17%

Dans le camp de Jénine, "ce n'est pas une vie"
Dans le camp de Jénine, "ce n'est pas une vie" / Photo: RONALDO SCHEMIDT - AFP

Dans le camp de Jénine, "ce n'est pas une vie"

Depuis des semaines, lorsque sonne l'heure d'aller à l'école, Ahlem Benara hésite à envoyer ses enfants en classe. C'est souvent pile à ce moment là qu'éclatent, dans le camp de réfugiés palestiniens de Jénine, en Cisjordanie occupée, des heurts parfois meurtriers entre habitants et armée israélienne.

Taille du texte:

"Quand on se lève on se dit, +aujourd'hui y a école ou non?+. De 07H30 à 08H30, c'est une heure très difficile", raconte Mme Benara, mère de trois enfants, dans le camp du nord de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Soit elle décide de les garder à la maison, soit elle s'inquiète de ce qui pourrait leur arriver et décide de les accompagner.

"Le petit de huit ans dit qu'il ne veut plus aller à l'école parce qu'elle est à côté de la route" où passent les jeeps israéliennes et où a été tuée le 11 mai Shireen Abou Akleh, une journaliste palestino-américaine qui y couvrait un des raids de l'armée, explique cette travailleuse sociale de 43 ans.

L'armée israélienne a multiplié les raids dans le camp de Jénine, considéré comme un bastion des factions armées palestiniennes, et où elle affirme conduire des opérations de "contre-terrorisme" et arrêter des "suspects" liés à une vague d'attaques anti-israéliennes sanglantes menée à partir du 22 mars.

Souvent matinaux, les raids sont émaillés d'affrontements avec des habitants et des combattants. Les échanges de tirs, à balles réelles, font sursauter le camp qui accueille quelque 14.000 habitants, volant au passage le sommeil des résidents.

A 10 ans, la fille d'Ahlem Benara s'est récemment mise à faire pipi au lit. "Elle ne dort pas bien, elle a peur du bruit. Parfois je monte le son de la télévision la nuit pour qu'elle n'entende pas" le chaos dehors.

- "Effrayant" -

"On est en train de dormir et on se réveille avec les affrontements. Alors on a peur et on est inquiets", témoigne Majd Owis, un adolescent de 16 ans.

La maison du jeune homme donne sur la rue où a été tuée Shireen Abou Akleh. C'est une allée comme toutes les autres, mais qui se distingue par l'attroupement autour d'un arbre.

A son pied ont été déposés des fleurs, des portraits de la reporter d'Al Jazeera, des bouts de papier manuscrits et des affiches où l'on peut lire "Au revoir" ou "Merci Shireen".

Et tout autour, sur des chevalets de bois, des dessins, souvent noirs, "pour représenter la tristesse", explique l'artiste Fidaa Sammar.

A Jénine, "chaque maison a sa propre histoire de tristesse et de douleur. Ce n'est pas une vie, nous voulons vivre dans la dignité et la paix", dit-elle à l'AFP, regrettant le manque de sécurité.

"On se réveille au son des tirs, la situation est effrayante. Tout le monde a peur de voir débarquer des véhicules blindés et l'armée", poursuit l'artiste qui porte une large keffieh sur les épaules.

Comme la plupart des habitants, elle blâme les forces israéliennes pour le chaos, et non les combattants armés palestiniens, symboles de la "résistance".

- Partir? -

Partout dans le camp gris, les murs de béton sont couverts de portraits des "héros" locaux qui se sont élevés au rang de "martyrs" en se battant au prix de leur vie, et parfois de vies civiles israéliennes, contre l'occupant israélien. Pour l'Etat hébreu, ce sont des "terroristes".

Le camp de Jénine a connu une longue histoire d'affrontements avec les forces d'Israël. Assiégé par l'armée en 2002, il avait été dévasté lors de combats au cours desquels 52 Palestiniens et 23 soldats israéliens avaient été tués.

Vingt ans plus tard, Ahlem Benara ressent la même frayeur, à la différence qu'elle a désormais des enfants, source d'inquiétude supplémentaire.

Née en Algérie, elle dit réfléchir à partir, persuadée que les raids israéliens ne vont pas cesser.

"Je voudrais (être) ailleurs pour mes enfants", confie-t-elle. "Mon mari (palestinien) me dit +c'est la vie, il faut s'habituer+. Moi je ne peux pas".

(G.Gruner--BBZ)