Berliner Boersenzeitung - Bataille pour une ville-clé de l'Est ukrainien: sur les réseaux, l'autre offensive russe

EUR -
AED 4.316515
AFN 74.63132
ALL 95.340551
AMD 434.884189
ANG 2.103761
AOA 1078.981832
ARS 1629.065029
AUD 1.623627
AWG 2.115651
AZN 2.001714
BAM 1.9505
BBD 2.367956
BDT 144.526701
BGN 1.960623
BHD 0.444291
BIF 3502.468771
BMD 1.175362
BND 1.488449
BOB 8.123893
BRL 5.809337
BSD 1.175701
BTN 111.239286
BWP 15.732188
BYN 3.320165
BYR 23037.085439
BZD 2.364565
CAD 1.601013
CDF 2720.962103
CHF 0.915794
CLF 0.026759
CLP 1053.017944
CNY 8.02813
CNH 8.006568
COP 4351.540889
CRC 536.440191
CUC 1.175362
CUP 31.14708
CVE 109.966218
CZK 24.332745
DJF 209.36027
DKK 7.473066
DOP 70.038084
DZD 155.368674
EGP 61.882552
ERN 17.630423
ETB 183.576136
FJD 2.565823
FKP 0.865797
GBP 0.864214
GEL 3.162383
GGP 0.865797
GHS 13.227005
GIP 0.865797
GMD 85.801212
GNF 10318.919241
GTQ 8.974578
GYD 245.930751
HKD 9.209422
HNL 31.256076
HRK 7.533123
HTG 153.84647
HUF 358.824958
IDR 20362.315269
ILS 3.412786
IMP 0.865797
INR 110.906874
IQD 1539.960385
IRR 1546775.736488
ISK 143.606075
JEP 0.865797
JMD 185.24825
JOD 0.833307
JPY 183.761302
KES 151.860782
KGS 102.750687
KHR 4712.176806
KMF 494.238283
KPW 1057.82946
KRW 1700.965573
KWD 0.36187
KYD 0.979734
KZT 544.428453
LAK 25826.718043
LBP 105283.991858
LKR 376.375773
LRD 215.742901
LSL 19.164747
LTL 3.470537
LVL 0.710964
LYD 7.441844
MAD 10.79497
MDL 20.210003
MGA 4898.669306
MKD 61.591323
MMK 2467.729355
MNT 4207.382242
MOP 9.488878
MRU 46.924305
MUR 54.983004
MVR 18.16523
MWK 2038.652239
MXN 20.260893
MYR 4.613297
MZN 75.106713
NAD 19.164828
NGN 1600.924649
NIO 43.262271
NOK 10.896918
NPR 177.982658
NZD 1.971998
OMR 0.451934
PAB 1.175701
PEN 4.101439
PGK 5.11211
PHP 71.390314
PKR 327.579561
PLN 4.233068
PYG 7195.449713
QAR 4.286055
RON 5.268438
RSD 117.386859
RUB 88.153238
RWF 1719.221502
SAR 4.409748
SBD 9.440807
SCR 16.142244
SDG 705.802097
SEK 10.8373
SGD 1.49074
SHP 0.877526
SLE 28.943299
SLL 24646.738509
SOS 671.871643
SRD 43.971436
STD 24327.610045
STN 24.433509
SVC 10.287006
SYP 130.704545
SZL 19.158863
THB 37.901293
TJS 10.986901
TMT 4.119642
TND 3.416019
TOP 2.829989
TRY 53.151377
TTD 7.967319
TWD 36.880562
TZS 3046.752042
UAH 51.548119
UGX 4420.969266
USD 1.175362
UYU 47.241643
UZS 14196.367585
VES 580.033802
VND 30941.391539
VUV 138.986999
WST 3.200022
XAF 654.176796
XAG 0.015178
XAU 0.00025
XCD 3.176473
XCG 2.118934
XDR 0.818555
XOF 654.179571
XPF 119.331742
YER 280.431257
ZAR 19.253655
ZMK 10579.665595
ZMW 22.25045
ZWL 378.465924
  • AEX

    16.9400

    1031.44

    +1.67%

  • BEL20

    114.7900

    5555.15

    +2.11%

  • PX1

    237.0300

    8299.42

    +2.94%

  • ISEQ

    528.6200

    12937.6

    +4.26%

  • OSEBX

    -32.3400

    2001.32

    -1.59%

  • PSI20

    103.5400

    9266.81

    +1.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    89.9300

    4086.79

    +2.25%

  • N150

    70.6800

    4252.9

    +1.69%

Bataille pour une ville-clé de l'Est ukrainien: sur les réseaux, l'autre offensive russe
Bataille pour une ville-clé de l'Est ukrainien: sur les réseaux, l'autre offensive russe / Photo: OLIVIER DOULIERY - AFP/Archives

Bataille pour une ville-clé de l'Est ukrainien: sur les réseaux, l'autre offensive russe

Les combats continuent en Ukraine pour le contrôle de Pokrovsk et sur le front de l'Est, mais sur les réseaux sociaux la messe est dite: appuyant le discours prorusse, des vidéos virales générées par l'IA montrent une armée ukrainienne en déroute, à grand renfort de faux soldats en larmes.

Taille du texte:

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reconnu une situation "compliquée" à Pokrovsk où les troupes ukrainiennes, moins nombreuses et moins bien équipées, luttent pour empêcher que l'étau russe ne se referme sur ce nœud logistique dont Moscou tente de s'emparer depuis un an.

Des dizaines de vidéos générées par l'IA de soldats ukrainiens rendant les armes, ou en pleurs en chemin pour le front, se sont répandues sur les réseaux sociaux en novembre, accumulant des millions de vues et donnant corps et visages au récit prorusse d'une armée ukrainienne en déroute.

Elles s'inscrivent "dans le narratif plus large que l'on voit depuis le début de l'invasion, selon lequel (le président) Zelensky force des jeunes et des vieillards à aller au front parce que l'armée ne s'en sort pas", explique Pablo Maristany de las Casas, analyste de la propagande pro-Kremlin à l'Institut pour le dialogue stratégique (ISD).

"Il y a toujours un événement sur lequel vont se construire les fausses informations", renchérit Carole Grimaud, chercheuse en sciences de l'information à l'université d'Aix-Marseille (France) et spécialiste de la Russie. Ici, il s'agit d'"instrumentaliser l'incertitude" autour de la situation sur le terrain, pour manipuler l'opinion.

Sur une vidéo, un homme qui affirme "quitter Pokrovsk" marche sans difficulté malgré une jambe dans le plâtre, un brancard semble léviter et des jambes sans corps apparaissent au milieu de militaires identifiés par des drapeaux ukrainiens plus ou moins réussis.

Autant d'incohérences visuelles qui restent typiques des contenus créés par l'IA générative, mais qui deviennent de plus en plus difficiles à repérer à l'oeil nu.

Une autre série de fausses vidéos, certaines avec le logo de l'outil de création de vidéos Sora d'OpenAI, montrent des soldats en uniformes ukrainiens pleurant et suppliant de ne pas être envoyés au front.

Mais ce sont les visages de streamers russes qui semblent avoir été utilisés pour générer ces images. "Bien sûr que ce n'est pas moi", a commenté Alexeï Goubanov, un exilé dont le visage apparaît dans certaines vidéos et qui a déclaré sur YouTube que ces faux contenus "font le jeu de la propagande russe".

- "humaniser" la désinformation -

L’Observatoire européen des médias numériques (EDMO) a comptabilisé plus de 2.000 articles de vérification publiés dans l'UE depuis le début de l'invasion russe, l'IA devenant de plus en plus présente dans les contenus manipulateurs.

Pour Ian Garner, spécialiste de la propagande russe au Centre d'études totalitaires de l'Institut Pilecki à Varsovie, la production de fausses informations "est une vieille technique, c'est la technologie qui est nouvelle", l'IA rendant la désinformation plus efficace en permettant de "l'humaniser".

Ce genre de vidéos "effritent le moral en Ukraine en disant +regardez, cet homme pourrait être votre frère+", mais aussi l'opinion publique dans les pays alliés en martelant l'idée "que la victoire de la Russie est inévitable". Et en Russie, elles rassurent la population, explique-t-il.

TikTok a indiqué à l'AFP que les comptes qui semblent à l'origine de la publication de ces vidéos avaient été supprimés, mais pas avant que l'un d'eux recueille plus de 300.000 "j'aime" et plusieurs millions de vues.

Contacté par l'AFP, OpenAI a indiqué avoir mené une enquête, sans plus de précision.

Cela n'empêche pas les vidéos de continuer à circuler: l'AFP les a retrouvées, entre autres, sur Instagram, Telegram, Facebook et X dans des publications en grec, roumain, bulgare, tchèque, polonais et français, sur le site d'un hebdomadaire russe et dans un tabloïd serbe.

L'impact d'une fausse vidéo est difficile à mesurer, mais selon Carole Grimaud, "lorsqu'il y a répétition, la représentation que les gens ont peut changer".

Les chatbots dont les réponses sont générées par l'IA sont eux aussi instrumentalisés par le discours pro-Kremlin.

Une étude de l'ISD publiée en octobre a montré que parmi les réponses de certains des programmes les plus populaires, "presque un cinquième ont cité des sources liées à l'État russe, dont beaucoup sanctionnées dans l'UE".

Pour Pablo Maristany de las Casas, si certaines entreprises ont montré une volonté de lutter contre le détournement de leurs outils, "l'échelle et l'impact de la guerre informationnelle vont beaucoup plus vite que leur réponse".

(P.Werner--BBZ)