Berliner Boersenzeitung - En Irak, la sécheresse ravage aussi les marais mésopotamiens du mythique jardin d'Eden

EUR -
AED 4.210959
AFN 75.100181
ALL 94.309395
AMD 419.89528
AOA 1052.595747
ARS 1714.75349
AUD 1.646872
AWG 2.065346
AZN 1.950849
BAM 1.969245
BBD 2.308884
BDT 141.516185
BHD 0.432392
BIF 3419.789389
BMD 1.146618
BND 1.481434
BOB 13.040258
BRL 5.880435
BSD 1.146336
BTN 109.589689
BWP 15.77088
BYN 3.345585
BYR 22473.720713
BZD 2.305561
CAD 1.609147
CDF 2620.023094
CHF 0.932946
CLF 0.027252
CLP 1072.558264
CNY 7.758363
CNH 7.751771
COP 3671.942242
CRC 521.666165
CUC 1.146618
CUP 30.385388
CVE 111.393827
CZK 24.173525
DJF 203.77701
DKK 7.475235
DOP 66.790868
DZD 152.517468
EGP 58.101219
ERN 17.199276
ETB 183.516253
FJD 2.556036
FKP 0.861584
GBP 0.857894
GEL 3.004444
GGP 0.861584
GHS 13.409698
GIP 0.861584
GMD 84.849954
GNF 10055.843512
GTQ 8.746679
GYD 239.800346
HKD 8.992527
HNL 30.803884
HRK 7.533625
HTG 149.883311
HUF 363.338166
IDR 20737.74045
ILS 3.528925
IMP 0.861584
INR 109.764575
IQD 1502.070109
IRR 1576886.959814
ISK 142.616553
JEP 0.861584
JMD 181.197102
JOD 0.812959
JPY 187.192904
KES 148.36131
KGS 100.271977
KHR 4634.631827
KMF 493.045944
KRW 1654.18015
KWD 0.355922
KYD 0.955335
KZT 546.946599
LAK 25985.242383
LBP 102679.677915
LKR 385.119358
LRD 207.967868
LSL 19.136851
LTL 3.385666
LVL 0.693578
LYD 7.355567
MAD 10.76273
MDL 20.284757
MGA 4953.391048
MKD 61.5582
MMK 2407.16898
MNT 4124.195324
MOP 9.26099
MRU 45.985144
MUR 54.326692
MVR 17.726827
MWK 1991.67676
MXN 19.996647
MYR 4.677168
MZN 73.280173
NAD 19.136626
NGN 1565.775763
NIO 42.023804
NOK 10.998591
NPR 175.345444
NZD 1.976059
OMR 0.44089
PAB 1.146331
PEN 3.901656
PGK 5.042251
PHP 70.482906
PKR 318.648016
PLN 4.32596
PYG 6885.006581
QAR 4.181729
RON 5.239127
RSD 117.398798
RUB 91.553863
RWF 1680.94258
SAR 4.315718
SBD 9.254989
SCR 15.430392
SDG 688.550779
SEK 11.057036
SGD 1.477567
SLE 27.662223
SOS 655.181748
SRD 43.281405
STD 23732.685944
STN 24.824288
SVC 10.030526
SZL 19.136961
THB 38.377728
TJS 10.58108
TMT 4.024631
TND 3.387681
TRY 54.361529
TTD 7.787234
TWD 37.109041
TZS 3021.337182
UAH 51.396629
UGX 4281.248394
USD 1.146618
UYU 46.104977
UZS 13808.150505
VES 852.276988
VND 30181.862933
VUV 136.700738
WST 3.157885
XAF 660.474956
XAG 0.019693
XAU 0.000281
XCD 3.098794
XCG 2.066014
XDR 0.821185
XOF 658.734988
XPF 119.331742
YER 273.267824
ZAR 19.083033
ZMK 10320.944356
ZMW 21.408538
ZWL 369.210658
  • AEX

    0.5500

    1093.1

    +0.05%

  • BEL20

    -17.8100

    5727.91

    -0.31%

  • PX1

    -50.7500

    8408.27

    -0.6%

  • ISEQ

    -191.1500

    13560.72

    -1.39%

  • OSEBX

    9.7800

    2006.56

    +0.49%

  • PSI20

    -84.9500

    9049.41

    -0.93%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    14.0700

    4410.44

    +0.32%

  • N150

    7.2000

    4243.39

    +0.17%

En Irak, la sécheresse ravage aussi les marais mésopotamiens du mythique jardin d'Eden
En Irak, la sécheresse ravage aussi les marais mésopotamiens du mythique jardin d'Eden / Photo: Asaad NIAZI - AFP

En Irak, la sécheresse ravage aussi les marais mésopotamiens du mythique jardin d'Eden

Pour nourrir et rafraîchir ses buffles, Hachem Gassed doit désormais parcourir une dizaine de kilomètres à travers des terres arides, brûlées par le soleil. Dans le sud de l'Irak, la sécheresse a emporté des pans entiers de marais mésopotamiens du mythique jardin d'Eden.

Taille du texte:

Dans les marais de Hawizeh, chevauchant la frontière avec l'Iran, ou ceux très touristiques de Chibayich, de vastes étendues de terres humides ont cédé la place à des sols craquelés, parsemés d'arbustes jaunissant.

En cause: trois années de sécheresse, des précipitations en baisse et un débit réduit des fleuves venus des pays voisins, Turquie et Iran, en raison des barrages construits en amont.

"La sécheresse touche les hommes autant que les animaux", raconte Hachem Gassed, 35 ans, habitant un hameau près de Hawizeh.

Autour de lui, l'immense lac d'Oum al-Naaj est devenu une terre aride. Par endroit subsistent des flaques d'eau boueuse et des rivières étranglées. On devine les lits asséchés des ruisseaux qui serpentaient dans des marais jadis luxuriants -- inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco.

Comme son père avant lui, Hachem élève des buffles. "Ces marais sont notre gagne-pain: on y pêchait et nos bêtes pouvaient y paître et s'y abreuver."

De la trentaine de têtes du troupeau familial, il n'en reste que cinq. Les autres buffles sont morts ou ont été vendus pour boucler des fins de mois difficiles. Ceux qui restent doivent être surveillés: ils pourraient se noyer dans la boue, car incapables de s'en extirper.

- Pauvreté, changement climatique -

Les marais ont déjà connu des années de sécheresse, avant des saisons de pluies fastes qui viennent les ressourcer.

Entre 2020 et 2022, dans les marais du sud de l'Irak, notamment ceux de Hawizeh et Chibayich, 41% des zones marécageuses ont souffert d'une réduction du niveau de l'eau et d'une baisse de l'humidité, tandis que 46% de ces zones ont perdu des eaux de surface, selon l'ONG néerlandaise PAX qui se base sur des données satellitaires.

Notant "une baisse sans précédent du niveau de l'eau", l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) rappelle que les marais sont "une des régions les plus pauvres d'Irak et parmi les plus touchées par le changement climatique."

L'agence souligne "l'impact désastreux" sur plus de 6.000 familles, "en train de perdre leurs buffles, leur unique gagne-pain".

Mobilisé à Hawizeh, le militant écologiste Ahmed Saleh Neema fustige les conséquences environnementales: "Il n'y a plus de poissons, de loutres à pelage lisse, de sangliers".

Un désastre pour ces marais abritant "de nombreuses populations d'espèces menacées", selon l'Unesco. Le secteur représente "un des plus grands sites d'escale et d'hivernage" pour les canards, et une étape majeure pour environ 200 espèces d'oiseaux migrateurs.

Ceux de Hawizeh sont irrigués par deux effluents du fleuve Tigre, qui prend sa source en Turquie, assure à l'AFP M. Neema. Leur débit a été réduit, dit-il, les autorités pratiquant un rationnement pour couvrir les besoins en eau du pays.

"Le gouvernement veut préserver la plus grande quantité d'eau possible", reconnaît le militant critiquant toutefois "une mauvaise gestion du dossier". Sous la pression de manifestations, les autorités ont rouvert partiellement les vannes, avant de les refermer, dit-il.

- "A la recherche d'eau" -

Côté iranien, ces marais appelés Hoor al-Azim souffrent également de stress hydrique: la moitié du secteur iranien est actuellement asséché, rapportait récemment l'agence officielle Irna.

"Le principal fleuve côté iranien qui alimente les marais de Hawizeh est totalement coupé depuis plus d'un an", explique Hatem Hamid, directeur du centre gouvernemental de gestion des ressources hydriques en Irak.

Côté irakien, les besoins en eau des activités agricoles ou des marais sont couverts pour moitié seulement, reconnaît-il, car une des "priorités" est de fournir de l'eau potable.

Par plus de 50 degrés, "impossible de compenser l'évaporation très élevée dans les marais", ajoute-t-il.

Les responsables mettent en avant des canaux et ruisseaux réhabilités pour alimenter les marais: après avoir quitté les zones asséchées, c'est ici que les familles s'installent.

Nichés entre les fleuves Tigre et Euphrate, les marais mésopotamiens -- considérés par certains comme le jardin d'Eden de la Bible -- ont déjà souffert du temps de l'ancien régime.

Pour éradiquer l'insurrection qui s'y cachait, le dictateur Saddam Hussein les avait fait assécher dans les années 1990. Depuis, leur surface humide a été divisée par deux.

A Chibayich, Ali Jawad, 20 ans, déplore le récent départ de dizaines de familles de son hameau.

"Elles ont migré vers d'autres régions, à la recherche de zones où il y a de l'eau", explique-t-il: "Avant quand on venait dans les marais, on y trouvait de la verdure, de l'eau, la paix intérieure. Maintenant c'est comme un désert."

(G.Gruner--BBZ)