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Plus de 500 000 personnes ont apposé leur signature sur une pétition demandant la suppression de la chaîne CNews. Mise en ligne le 10 juin sur le site de l’Assemblée nationale, elle a franchi lundi 2 novembre le seuil du demi-million qui ouvre la voie à un potentiel débat dans l’hémicycle.
Plus de 500 000 personnes ont apposé leur signature sur une pétition demandant la suppression de la chaîne CNews. Mise en ligne le 10 juin sur le site de l’Assemblée nationale, elle a franchi lundi 2 novembre le seuil du demi-million qui ouvre la voie à un potentiel débat dans l’hémicycle. Comment expliquer le succès soudain de cette pétition ?
« CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande », dénonce Lucas Massoni, l’auteur de la pétition intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français ».
Le texte rappelle que depuis 2019, la chaîne du groupe Bolloré, qui occupe comme les autres un canal public, « cumule 27 rappels à l’ordre et 630 000 € d’amendes ». Soit « le record absolu de l’audiovisuel français », ajoute-t-il. Trois mois après son dépôt, la pétition ne recueillait mercredi dernier que 45 000 signatures.
Depuis lors, elle a connu un succès fulgurant. Le nombre de signataires a franchi le seuil des 100 000 jeudi, puis celui des 500 000 ce lundi 2 novembre.
À 17 heures, elle affleurait le cap des 600 000 signatures. Une accélération soudaine en réaction à l’attentat raciste survenu à Trappes et La Verrière le 24 octobre 2026, dans lequel Pengo Bossio Wangi est mort et sept personnes ont été blessées. À la suite du drame, des voix comme celle du maire de Trappes, Ali Rabeh, s’étaient élevées pour dénoncer le rôle des chaînes d’information et singulièrement de CNews dans la radicalisation du tireur, Kevin T.
Mis en examen par un juge antiterroriste le 29 octobre, ce dernier a reconnu avoir ciblé des personnes qu’il pensait musulmanes, africaines ou nord-africaines et avoir choisi la ville de Trappes qu’il considère comme un « repaire d’islamistes ». Quels effets peut produire cette initiative citoyenne ?
Les textes déposés sur la plateforme en ligne de l’Assemblée nationale sont systématiquement renvoyés à une commission permanente. Lorsqu’une pétition franchit le seuil de 500 000 signataires comme c’est le cas ici, et s’ils sont issus d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer, elle peut alors faire l’objet d’un débat à l’Assemblée. À condition que la conférence des présidents de l’Assemblée et la commission compétente donnent leur aval.
D’après des informations de Télérama, une réunion d’urgence de la commission des affaires culturelles et de l’éducation aurait été demandée et le sujet pourrait être débattu dès mardi 3 novembre en conférence des présidents. Ce débat à l’Assemblée aurait pour intérêt principal d’attirer l’attention sur l’objet de la pétition.
Il n’aboutira néanmoins ni à la fermeture pure et simple de CNews, ni même à l’examen d’un texte de loi ou au déclenchement automatique d’une procédure de l’Arcom. Néanmoins, comme le rappelle le texte de la pétition, le retrait de sa fréquence à une chaîne qui manquerait de façon répétée à sa convention d’exploitation fait effectivement partie des sanctions à la disposition du gendarme de l’audiovisuel. À ce jour ni l’Arcom, ni le CSA – son prédécesseur – n’y ont jamais eu recours.
Que sont devenues les précédentes pétitions ayant dépassé les 500 000 signatures ? L’Assemblée nationale a ouvert le 1er octobre 2020 sa plateforme en ligne de pétitions citoyenne dans le but de « rénover profondément cette procédure historique pour développer le droit de pétition en le rendant plus accessible ».
Une initiative lancée à la suite du grand débat national de janvier à mars 2019, conduit en réponse au mouvement des gilets jaunes. Actuellement, 2 036 pétitions sont ouvertes et en ligne sur la plateforme. Plusieurs ont déjà franchi le cap des 500 000 signatures.
Mais seule la pétition « Non à la loi Duplomb, pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective », publiée en juillet 2025, a obtenu en septembre 2025 d’être débattue dans l’hémicycle, après qu’un nombre record de 2 millions de personnes l’ont signée. La loi visée avait néanmoins déjà été promulguée un mois plus tôt.
Un débat sans vote a tout de même eu lieu en février 2026, tournant principalement autour d’une nouvelle proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb au sujet de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques. Plus récemment, la pétition contre la loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre a été classée par les députés membres de la commission des lois, malgré les 732 086 signatures recueillies. La proposition de loi en question a été adoptée le 7 juillet par l’Assemblée nationale et doit être examinée au Sénat.
La pétition contre la loi Yadan visant à lutter contre les « nouvelles formes d’antisémitisme », que près de 708 000 personnes avaient signées, a elle aussi été classée par la commission des lois en avril. Si la pétition n’a pas été débattue, le texte visé a néanmoins été retiré de l’ordre du jour face à la forte contestation qu’il a suscité.
(U.Gruber--BBZ)