Berliner Boersenzeitung - Des tensions, des sanctions, mais les affaires reprennent entre Etats-Unis et Venezuela

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Des tensions, des sanctions, mais les affaires reprennent entre Etats-Unis et Venezuela
Des tensions, des sanctions, mais les affaires reprennent entre Etats-Unis et Venezuela / Photo: Federico PARRA - AFP

Des tensions, des sanctions, mais les affaires reprennent entre Etats-Unis et Venezuela

Malgré les sanctions décrétées contre le Venezuela, les importations de produits agricoles en provenance des Etats-Unis augmentent sensiblement. Les anciens partenaires commerciaux, "ennemis jurés" ces deux dernières décennies, reprennent les affaires sous l'impulsion du secteur privé.

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"Le Venezuela a disparu du monde de l'import-export pendant un certain temps mais le pays est de retour", estime auprès de l'AFP Luis Vincente Garcia, directeur de la Chambre de commerce américano-vénézuélienne (VENANCHAM). "On est à un tournant", dit-il.

Le montant total des importations de denrées alimentaires et d’intrants agricoles ont culminé à 2,4 milliards de dollars en 2021, soit 31,2% des plus qu’en 2020, tandis que le pays connaît une timide croissance après sept années consécutives de récession où le PIB à chuté de 80%.

Les importations en provenance des Etats-Unis ont atteint 634 millions de dollars, juste derrière les 934 millions de dollars d’achats auprès du Brésil, selon un rapport publié en avril par le ministère américain de l’Agriculture. "Les chances pour que les exportateurs d’aliments et intrants agricoles entrent et se développent sur le marché (vénézuélien) sont de plus en plus importantes", est-il stipulé.

On est loin des 1,4 milliard par an enregistrés entre 2010 et 2014, mais ce montant est en augmentation de 44,8% par rapport à l'an passé. En 2017, au plus fort de la crise, les importations siglées "US" ne se chiffraient qu'à 400 millions de dollars.

Principalement déchargés sur les ports vénézuéliens: céréales, pâtes, fruits et légumes, mais également spiritueux ou aliments pour animaux.

Les importations sont vitales pour le pays, la production nationale couvre seulement 50% de la consommation de maïs blanc, base de l’alimentation des Vénézuéliens, et 45% du riz, selon la corporation des producteurs Fedeagro.

En 2008, les échanges commerciaux entre Venezuela et Etats-Unis représentaient 38 milliards de dollars, selon VENANCHAM, une époque où la première puissance mondiale était le plus gros client du brut vénézuélien. En 2021, ces échanges ne représentaient plus que 1,955 milliard de dollars mais ont augmenté de 27,72% au premier trimestre 2022, par rapport à son équivalent un an plus tôt.

- Signaux politiques -

Le gouvernement de Nicolas Maduro n'a jamais eu cesse d'accuser les sanctions américaines d’être responsables de la pénurie de produits de première nécessité qui provoquait de longues files d’attente et dénonçait un "blocus".

Entre 2017 et 2018, les sanctions étaient individuelles, avec le gel des comptes bancaires et l’interdiction pour les entreprises américaines de faire affaire avec des dizaines de fonctionnaires d’État vénézuéliens. Puis, les Etats-Unis n’ont pas reconnu la réélection de Maduro en 2018, lançant une série de sanctions dont un embargo pétrolier pour tenter d'entraîner la chute du président.

"Lorsque les sanctions ont été mises en place (…) cela a eu un effet négatif sur les entreprises qui se sont retirées du marché", se souvient M. Garcia. Et bien que la nourriture et les médicaments aient été exemptés des sanctions, la peur des représailles a été un obstacle.

Mais le gouvernement Maduro, qui monopolisait pratiquement les importations alimentaires, a ouvert ses portes au privé en raison de problèmes de trésorerie. C’était "il y a peut être deux ou trois ans que le gouvernement a commencé à laisser les importations aux entreprises privées", souligne M. Garcia.

A partir de 2018, les importations vénézuéliennes ont bénéficié d’exemptions de droits de douane sur les produits alimentaires.

L’assouplissement du contrôle des changes a été décisif, ainsi que l’impulsion donnée à la consommation par les envois de fonds par des millions de migrants ayant fui le pays, estimés par le secteur privé entre 2,5 et 3 milliards de dollars par an.

Récemment des signaux politiques ont aussi ramené la confiance des marchands : le 17 mai, l’administration Biden a annoncé l’assouplissement de certaines sanctions pour tenter d’impulser des négociations entre Nicolas Maduro et l’opposition, suspendues depuis octobre dernier.

(G.Gruner--BBZ)