Berliner Boersenzeitung - Législatives: la Nupes et la macronie commencent une semaine de duel serré

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Législatives: la Nupes et la macronie commencent une semaine de duel serré
Législatives: la Nupes et la macronie commencent une semaine de duel serré / Photo: Ludovic MARIN - POOL/AFP

Législatives: la Nupes et la macronie commencent une semaine de duel serré

Après avoir fait jeu égal au premier tour des élections législatives, la gauche Nupes et la coalition présidentielle entament lundi une semaine de duel, dont l'enjeu est la capacité pour Emmanuel Macron de conserver la majorité absolue à l'Assemblée nationale.

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"Nous sommes la seule force politique en mesure d'obtenir une majorité forte et claire", a insisté la Première ministre Elisabeth Borne, qui repart en campagne dès lundi matin dans la 6e circonscription du Calvados où elle est arrivée confortablement en tête au premier tour.

La macronie, réunie sous l'étiquette Ensemble!, a devancé la gauche unie d'un peu plus de 21.000 voix seulement, sur 23,3 millions de votants au premier tour (25,75% des voix, contre 25,66% pour la Nupes) et garde l'avantage dans les projections des 577 sièges de députés.

Mais le suspense est total pour savoir si Emmanuel Macron parviendra, deux mois après sa réélection, à conserver une majorité absolue de 289 sièges lui permettant de faire voter ses réformes, à commencer par celle des retraites.

Les deux camps ont une semaine pour conjurer une abstention record qui a atteint 52,49% des inscrits, dépassant le précédent en 2017 (51,3%).

Une participation accrue est, en théorie, la seule réserve dont peut bénéficier la Nupes après avoir fait l'union des partis de gauche dès le premier tour. A l'inverse, Ensemble! peut bénéficier, toujours en théorie, de l'apport d'une partie des électeurs de LR au premier tour.

"Il y a un référendum anti-Macron qui est en train de s'installer pour le 2e tour", a affirmé lundi sur LCP le candidat Nupes Eric Coquerel, poursuivant la stratégie de personnalisation du scrutin qui a fait demander à Jean-Luc Mélenchon qu'on le porte à Matignon.

Les différents instituts donnent le camp Macron dans une fourchette de 255 à 295 sièges, quand la gauche (LFI, PCF, PS et EELV) rassemblée sous la bannière Nupes est évaluée entre 150 et 210 sièges.

- "Sérieux avertissement" -

"La majorité est loin d'être acquise (...) C'est un très sérieux avertissement qui est adressé à Emmanuel Macron", insiste Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France.

Les quinze ministres en lice ont passé le premier tour. Mais certains sont en grande difficulté, à commencer par la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Amélie Montchalin, pièce maîtresse du gouvernement. Le ministre des Affaires européennes Clément Beaune est également en ballotage défavorable à Paris où la Nupes a obtenu trois élues dès le premier tour et arrive en tête dans douze des dix-huit circonscriptions.

D'autres comme Elisabeth Borne ou les ministres Gabriel Attal et Olivier Véran sont en revanche bien partis pour l'emporter et conserver ainsi leur poste au gouvernement.

Le leader de la Nupes Jean-Luc Mélenchon a appelé le "peuple" à "déferler dimanche prochain" dans les isoloirs pour lui permettre de devenir Premier ministre et imposer une cohabitation à Emmanuel Macron, comme la gauche plurielle y était parvenue en 1997 avec Lionel Jospin.

- "Pas une seule voix pour le RN" -

D'ores et déjà M. Mélenchon a réussi son coup puisque la gauche, grâce à son accord d'union historique, devrait être le principal bloc d'opposition au Palais-Bourbon, au relais des Républicains qui vont compter leurs survivants parmi la centaine de sortants. LR limite toutefois la casse, au point d'espérer apparaître en parti charnière dans la future législature.

La majorité sortante, après des tâtonnements qui ont hérissé la gauche dimanche soir, a appelé clairement lundi matin à n'accorder aucune voix au RN dans les 58 circonscriptions où s'affronteront des candidats du parti lepéniste et de la Nupes au second tour.

"Dans ces cas précis, RN-Nupes, soyons très clairs: pas une seule voix pour le Rassemblement national. Nous n'avons jamais manqué de clarté à l'endroit de ce sujet (...), pas une voix pour un projet de fermeture, pour un projet que nous n'estimons pas bon pour le pays", a lancé sur RTL la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, précisant quand même que dans une poignée de cas, il n'y aurait pas de consigne de vote.

Comme prévu, les candidats du Rassemblement national (18,5% à 19,8%) n'ont pas réussi à capitaliser sur la dynamique de Marine Le Pen qui avait engrangé à la présidentielle plus de 40% des voix au second tour.

Cantonné à huit élus en 2017, le contingent de députés RN devrait cependant être nettement plus étoffé cette fois, et compter encore dans ses rangs Mme Le Pen, largement en tête dans sa circonscription du Pas-de-Calais (53,96% mais non élue au premier tour faute de votants suffisants).

En cas de duel entre Ensemble! et la Nupes, Mme Le Pen a incité ses électeurs à "ne pas choisir". "La France n'est ni une salle de marché, ni une ZAD", a-t-elle tonné.

De son côté, Eric Zemmour, qui fut l'un des animateurs de la présidentielle, a raté son atterrissage en politique. Le polémiste d'extrême droite a été éliminé dans le Var, tout comme les autres ambassadeurs de son parti Reconquête!, Guillaume Peltier dans le Loir-et-Cher et Stanislas Rigault dans le Vaucluse.

bur-jk-ib-cs/ggy/npk

(Y.Yildiz--BBZ)