Berliner Boersenzeitung - Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres

EUR -
AED 4.172342
AFN 72.710612
ALL 94.168298
AMD 416.905528
ANG 2.034081
AOA 1042.371374
ARS 1678.31029
AUD 1.65118
AWG 2.044985
AZN 1.9286
BAM 1.953543
BBD 2.284331
BDT 139.388972
BGN 1.921014
BHD 0.427626
BIF 3379.668848
BMD 1.136103
BND 1.47142
BOB 7.830678
BRL 5.903261
BSD 1.134218
BTN 106.921597
BWP 15.47679
BYN 3.2276
BYR 22267.609445
BZD 2.280951
CAD 1.613709
CDF 2578.952433
CHF 0.920584
CLF 0.026563
CLP 1045.441695
CNY 7.729871
CNH 7.732513
COP 3916.883862
CRC 516.189873
CUC 1.136103
CUP 30.106717
CVE 110.133891
CZK 24.26945
DJF 201.972005
DKK 7.474919
DOP 66.832794
DZD 151.6401
EGP 56.247867
ERN 17.041538
ETB 178.882691
FJD 2.574516
FKP 0.863381
GBP 0.861603
GEL 2.999799
GGP 0.863381
GHS 12.745827
GIP 0.863381
GMD 82.374992
GNF 9937.954521
GTQ 8.645746
GYD 237.107734
HKD 8.909054
HNL 30.348649
HRK 7.534292
HTG 148.234877
HUF 354.840039
IDR 20421.556456
ILS 3.388909
IMP 0.863381
INR 107.521196
IQD 1485.701749
IRR 1562197.774025
ISK 144.001077
JEP 0.863381
JMD 178.747237
JOD 0.805487
JPY 183.755445
KES 147.17041
KGS 99.352152
KHR 4567.301578
KMF 493.068367
KPW 1022.492668
KRW 1758.908246
KWD 0.351795
KYD 0.945119
KZT 549.658668
LAK 25207.846413
LBP 101564.502763
LKR 382.246361
LRD 206.248102
LSL 18.781437
LTL 3.354616
LVL 0.687217
LYD 7.283548
MAD 10.696976
MDL 20.130894
MGA 4835.32959
MKD 61.665491
MMK 2385.286853
MNT 4071.590517
MOP 9.159416
MRU 45.047662
MUR 54.74872
MVR 17.55286
MWK 1966.720578
MXN 19.935202
MYR 4.662111
MZN 72.600692
NAD 18.781437
NGN 1563.41347
NIO 41.733012
NOK 11.244909
NPR 171.205307
NZD 2.016571
OMR 0.436833
PAB 1.133251
PEN 3.887705
PGK 4.976974
PHP 69.678275
PKR 315.645935
PLN 4.286572
PYG 6930.66674
QAR 4.141125
RON 5.233345
RSD 117.38096
RUB 85.43419
RWF 1666.621562
SAR 4.258129
SBD 9.147844
SCR 15.043431
SDG 681.661005
SEK 11.084614
SGD 1.473553
SHP 0.848215
SLE 28.17688
SLL 23823.506013
SOS 648.136161
SRD 42.399316
STD 23515.028438
STN 24.490031
SVC 9.924004
SYP 125.575795
SZL 18.780677
THB 38.010011
TJS 10.476812
TMT 3.976359
TND 3.337298
TOP 2.735463
TRY 52.964947
TTD 7.702898
TWD 36.180204
TZS 2975.379763
UAH 50.999382
UGX 4193.008418
USD 1.136103
UYU 45.466075
UZS 13613.03396
VES 705.239032
VND 29896.537885
VUV 136.128641
WST 3.155838
XAF 655.690086
XAG 0.020225
XAU 0.000285
XCD 3.070373
XCG 2.043977
XDR 0.815518
XOF 655.736242
XPF 119.331742
YER 271.102488
ZAR 18.803803
ZMK 10226.281982
ZMW 20.472108
ZWL 365.824549
  • AEX

    2.3400

    1067.71

    +0.22%

  • BEL20

    60.1200

    5732.05

    +1.06%

  • PX1

    46.9500

    8431.61

    +0.56%

  • ISEQ

    105.9200

    14042.55

    +0.76%

  • OSEBX

    -10.6000

    1916.16

    -0.55%

  • PSI20

    102.3200

    9157.33

    +1.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    128.0200

    4244.51

    +3.11%

  • N150

    -5.4400

    4177.95

    -0.13%

Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres
Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres / Photo: Delil souleiman - AFP/Archives

Au procès de Lafarge, les parties civiles dénoncent le cynisme de la société et de ses cadres

"La perspective des bénéfices était supérieure aux risques": au procès de Lafarge, les parties civiles ont dénoncé vendredi le cynisme de la multinationale et de ses ex-responsables, qui ont choisi de maintenir une usine en Syrie jusqu'en 2014 moyennant des paiements à des groupes jihadistes classés comme "terroristes".

Taille du texte:

Après quatre semaines de débats, la parole est désormais aux avocats des parties civiles pour leurs plaidoiries.

Dans cette affaire, la société et huit anciens responsables sont jugés jusqu'au 19 décembre pour financement du terrorisme et violation d'embargo, soupçonnés d'avoir versé en 2013 et 2014 à des groupes rebelles, dont l'État islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, plusieurs millions d'euros afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

"Les salariés syriens ont été exposés aux conséquences de ce système pour maintenir l'activité de l'usine coûte que coûte", a dénoncé Me Mathieu Bagard, avocat de plusieurs anciens employés de la cimenterie. "Ce qu'il faut entendre c'est la manière dont la peur s'est infiltrée dans leur vie quotidienne, dans leurs trajets vers l'usine", qui étaient truffés de checkpoints tenus par les groupes rebelles, a relaté sa consœur, Me Elise Le Gall.

"Chaque paiement de sécurité nourrissait le contrôle territorial des groupes terroristes, chaque paiement consolidait les checkpoints", a-t-elle ajouté.

"Le mobile c'était la préservation de l'investissement", a abondé Me Grégoire Rialan, qui défend les ONG Sherpa et ECCHR.

"Des risques ont été pris en conscience car la perspective des bénéfices était supérieure aux risques", a lancé de son côté Me Julie Février, autre conseil de Sherpa. "On s'autorise à financer des factions armées pour continuer à opérer", mais "l'argent n'est pas neutre", a-t-elle observé.

"Si ces groupes sont terroristes, on finance le terrorisme", a-t-elle poursuivi. "Un financement parle, un financement n'est pas une ligne, un chiffre dans un tableau".

Pour l'avocate, "ce financement du terrorisme n'est pas l'œuvre d'une pomme pourrie comme tente à le faire croire (l'entreprise), c'est tout un système qui dysfonctionne".

- "Responsabilités diluées" -

"Les responsabilités sont diluées à divers niveaux de la hiérarchie", a encore pointé Me Février. Et pendant les débats, les prévenus se sont défaussés les uns sur les autres, a-t-elle fustigé. "C'est toujours soit la faute du N+1, soit la faute du N-1 (...) finalement c'est la faute à personne, comme dans la cour de récréation".

Elle a particulièrement critiqué la position adoptée par l'ex-PDG du groupe Bruno Lafont, qui s'est toujours défendu en disant qu'il n'était pas au courant des versements effectués. Un autre prévenu, l'ancien directeur général adjoint de Lafarge Christian Herrault, affirme lui que son supérieur avait bien été informé.

"Lorsqu'on est aux commandes, on est responsable, diriger une grande multinationale ça oblige, on a des milliers de personnes sous sa hiérarchie", a déroulé l'avocate de Sherpa. "On ne peut pas sérieusement croire que quand la guerre éclate (...) on ne surveille pas ce qui se passe près de l'usine" et "qu'on est tenus à l'écart des confidences".

"Une condamnation d'une multinationale aurait un effet dissuasif pour toutes les autres", a-t-elle enfin plaidé.

Au total, 337 parties civiles se sont constituées à ce jour dans cette affaire, dont 12 associations, 193 anciens salariés de l'usine de Lafarge en Syrie, et 132 victimes directes ou indirectes d'attentats liés à l'État islamique, a détaillé Aurélie Valente, une des deux représentantes du parquet national antiterroriste.

Le tribunal correctionnel de Paris dira lors de son jugement s'il les juge recevables et si à ce titre elles peuvent prétendre à des dommages et intérêts.

Mais selon la jurisprudence de la Cour de cassation, les personnes physiques ne peuvent être considérées comme des victimes de l'infraction de financement du terrorisme, a expliqué la procureure, qui a demandé de fait de rejeter leur constitution de partie civile. "Nous ne nions nullement la souffrance des salariés de LCS" et des victimes des attentats, a-t-elle assuré. "Mais notre métier de magistrat c'est uniquement de faire appliquer le droit".

(T.Renner--BBZ)