Berliner Boersenzeitung - "Nos enfants seront les prochains à mourir": dans le nord-est du Kenya, la sécheresse fait des ravages

EUR -
AED 4.169986
AFN 72.100737
ALL 94.391098
AMD 417.77146
ANG 2.032937
AOA 1041.786236
ARS 1679.663048
AUD 1.646912
AWG 2.045254
AZN 1.926735
BAM 1.958195
BBD 2.286697
BDT 139.653864
BGN 1.919933
BHD 0.428237
BIF 3389.149222
BMD 1.135464
BND 1.474949
BOB 7.845837
BRL 5.914406
BSD 1.135389
BTN 107.442235
BWP 15.533338
BYN 3.199813
BYR 22255.086817
BZD 2.283463
CAD 1.61698
CDF 2576.367024
CHF 0.922793
CLF 0.026505
CLP 1043.17317
CNY 7.710363
CNH 7.736084
COP 3911.024933
CRC 516.84801
CUC 1.135464
CUP 30.089786
CVE 110.392713
CZK 24.231246
DJF 201.795215
DKK 7.476335
DOP 66.553443
DZD 151.588929
EGP 56.33296
ERN 17.031954
ETB 180.141168
FJD 2.54821
FKP 0.860905
GBP 0.862572
GEL 2.998038
GGP 0.860905
GHS 12.716944
GIP 0.860905
GMD 82.319575
GNF 9948.385397
GTQ 8.660591
GYD 237.496721
HKD 8.900877
HNL 30.339263
HRK 7.535614
HTG 148.45613
HUF 355.896878
IDR 20466.163894
ILS 3.392653
IMP 0.860905
INR 107.234262
IQD 1487.457333
IRR 1561319.240986
ISK 144.215003
JEP 0.860905
JMD 178.822628
JOD 0.805079
JPY 183.648184
KES 147.076334
KGS 99.295871
KHR 4561.719358
KMF 492.791461
KPW 1021.917649
KRW 1755.996953
KWD 0.351415
KYD 0.946178
KZT 552.542763
LAK 25054.004953
LBP 101680.766264
LKR 383.038436
LRD 206.938611
LSL 18.83747
LTL 3.352729
LVL 0.68683
LYD 7.272605
MAD 10.690957
MDL 20.108034
MGA 4797.333658
MKD 61.63027
MMK 2383.951162
MNT 4065.035148
MOP 9.170116
MRU 45.498454
MUR 54.740689
MVR 17.54292
MWK 1972.300769
MXN 20.014925
MYR 4.697432
MZN 72.567796
NAD 18.837011
NGN 1560.236095
NIO 41.569315
NOK 11.191907
NPR 171.903229
NZD 2.012535
OMR 0.436591
PAB 1.135424
PEN 3.885514
PGK 4.977021
PHP 69.762949
PKR 315.715125
PLN 4.285671
PYG 6925.591626
QAR 4.138741
RON 5.215294
RSD 117.396712
RUB 85.049257
RWF 1664.589657
SAR 4.248073
SBD 9.142699
SCR 15.685497
SDG 681.27782
SEK 11.077447
SGD 1.473503
SHP 0.847738
SLE 28.160419
SLL 23810.108396
SOS 648.912077
SRD 42.534885
STD 23501.804299
STN 24.611174
SVC 9.934368
SYP 125.505175
SZL 18.837622
THB 37.978423
TJS 10.542125
TMT 3.974123
TND 3.335424
TOP 2.733924
TRY 52.815974
TTD 7.698652
TWD 36.133746
TZS 2975.48579
UAH 50.964774
UGX 4189.12308
USD 1.135464
UYU 45.32623
UZS 13642.594942
VES 704.842427
VND 29902.434251
VUV 134.891297
WST 3.135744
XAF 656.780453
XAG 0.019704
XAU 0.000283
XCD 3.068647
XCG 2.046266
XDR 0.814089
XOF 650.62094
XPF 119.331742
YER 270.950018
ZAR 18.822155
ZMK 10220.529277
ZMW 20.465659
ZWL 365.61882
  • AEX

    -0.3200

    1065.35

    -0.03%

  • BEL20

    -41.1300

    5671.66

    -0.72%

  • PX1

    45.0400

    8385.49

    +0.54%

  • ISEQ

    137.9800

    13936.44

    +1%

  • OSEBX

    -18.2800

    1926.78

    -0.94%

  • PSI20

    -80.4000

    9055.89

    -0.88%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -300.8100

    4116.43

    -6.81%

  • N150

    -15.5400

    4183.4

    -0.37%

"Nos enfants seront les prochains à mourir": dans le nord-est du Kenya, la sécheresse fait des ravages
"Nos enfants seront les prochains à mourir": dans le nord-est du Kenya, la sécheresse fait des ravages / Photo: Tony KARUMBA - AFP

"Nos enfants seront les prochains à mourir": dans le nord-est du Kenya, la sécheresse fait des ravages

"J'ai perdu toutes mes vaches et mes chèvres": dans le nord-est du Kenya, des mois de sécheresse ont causé une hécatombe parmi le bétail, les craintes grandissant que l'homme, et notamment les enfants, soient les prochaines victimes.

Taille du texte:

Bishar Maalim Mohammed raconte avoir dû brûler 130 bêtes déshydratées, toute sa fortune, afin d'éviter que les hyènes ne s'approchent trop de chez lui. "Je me retrouve sans rien", avec quatre poulets comme seul futur, s'attriste-t-il.

L'homme de 60 ans vit à Tawakal, village du comté aride de Mandera, qui borde la Somalie à l'est et l'Éthiopie au nord. Depuis mai, pratiquement aucune goutte de pluie n'est tombée. Un désastre pour les communautés locales, essentiellement pastorales.

Le seul taureau de Tawakal encore en vie n'arrive plus à se lever et gît au même endroit depuis près d'une semaine. Ses os saillent sous sa peau. Son propriétaire le regarde, impuissant.

"Il n'y a plus d'eau", "nous n'avons plus de nourriture", se lamente Bishar Maalim Mohammed. "Nous sommes en danger."

Dans la grande ville voisine de Banisa, le grand bassin de rétention d'eau s'est asséché, laissant place à une vaste étendue stérile désormais utilisée par les enfants comme terrain de jeu.

- Rationnement -

La ville dépend désormais d'un bassin plus petit, dans le village de Lulis, mais son niveau baisse dangereusement.

Des troupeaux de chèvres, de vaches et de chameaux – dont certains ont parcouru jusqu'à 30 kilomètres – se bousculent pour accéder à l'eau qui reste, que les autorités rationnent afin de prolonger les réserves.

"Dans deux semaines, cette eau sera finie", observe Aden Hussein, un habitant de Lulis, interrogé par l'AFP. "Nous sommes dans une très mauvaise situation", s'effraie l'homme de 40 ans.

Plus de 2 millions de Kényans (sur environ 53 millions) sont confrontés à une insécurité alimentaire croissante après les déficits de pluviométrie entre octobre et décembre, estime l'Autorité nationale de gestion de la sécheresse (NDMA).

Selon la Famine early warning systems network (FEWS Net), une organisation de surveillance de la sécurité alimentaire, entre 20 et 25  millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire humanitaire entre Kenya, Somalie et Éthiopie, plus de la moitié d'entre elles du fait de la sécheresse.

Face à cette situation, les hôpitaux du comté de Mandera sont débordés. Dans celui de Banisa, l'afflux d'enfants gravement malnutris, dont certains viennent d'Ethiopie, a saturé le service pédiatrique.

Lors d'une récente visite de l’AFP, huit enfants admis souffraient de malnutrition sévère. Une fillette de 32  mois ne pesait que 4,5  kg. Un autre enfant venait d'être réadmis après être retourné chez ses parents, où il n'y avait pas de nourriture.

"Les cas de malnutrition augmentent" car les enfants dépendaient "uniquement du lait de chèvre et de chameau, mais il n'y en a plus du tout", constate Khalid Ahmed Wethow, nutritionniste hospitalier à Banisa.

L'hôpital ne dispose plus que de huit boîtes de lait thérapeutique pour son unité pédiatrique. De quoi tenir à peine une semaine.

- "Que Dieu les sauve!" -

Le service dépendait jusqu'à récemment du Programme alimentaire mondial (PAM) pour les suppléments alimentaires destinés aux nourrissons et aux mères allaitantes. Mais les coupes claires ces derniers mois dans l'aide internationale - notamment des Etats-Unis et de l'UE - a contraint l'agence onusienne à réduire ses aides. L'hôpital n'a rien reçu depuis six mois.

Si la sécheresse persiste, "nos enfants seront les prochains à mourir", craint Bishar Mohamed, qui n'a rien à voir avec son homonyme précédemment mentionné.

Celui-ci, qui a perdu 170 chèvres, a tenté de "fuir à la recherche d'endroits meilleurs, mais sans succès". "Nous avons soif", soupire-t-il, avant de désigner le champ où gisent les carcasses de ses animaux.

Dans le village proche de Jabi Bar, plus de la moitié des élèves sont partis, la plupart avec leurs parents, et aujourd'hui, "il n'en reste que 99", souligne le directeur de l'école, Ali Haji  Shabure.

Le gouvernement kényan et des organisations humanitaires comme la Croix-Rouge ont intensifié les distributions d'eau par camion, d'aide alimentaire et de transferts en espèces pour soulager les populations, mais les besoins restent immenses.

Bishara Maalim attend avec appréhension la prochaine saison des pluies, prévue en avril. Elle prie pour ses dix enfants: "Que Dieu les sauve."

(L.Kaufmann--BBZ)