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Les forces gouvernementales syriennes sont entrées lundi dans la ville de Hassaké, bastion kurde, en vertu d'un accord entre Damas et les Kurdes pour intégrer ces derniers à l'Etat syrien, selon une équipe de l'AFP sur place.
L'accord a été annoncé vendredi après des mois de tensions, et des combats, entre les troupes de Damas et les forces kurdes.
Un correspondant de l'AFP a vu une colonne de blindés et de véhicules des forces de sécurité syriennes franchir un poste de contrôle des forces kurdes, dont des membres, hommes et femmes, étaient alignés des deux côtés de la route, portant leurs armes.
Des habitants, brandissant le drapeau syrien, étaient massés des deux côtés de la route menant à la ville, et des femmes lançaient des you-yous en signe de joie, selon un correspondant de l'AFP.
Les autorités locales kurdes ont décrété un couvre-feu lundi dans le centre de Hassaké, peuplée de Kurdes et d'Arabes, pour "assurer la sécurité des habitants".
L'accord avec Damas porte un coup aux espoirs d'autonomie des Kurdes, qui avaient instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays entre 2011 et 2024.
- Aéroport et pétrole-
Le président islamiste Ahmad al-Chareh, qui a renversé en décembre 2024 le pouvoir de Bachar al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire syrien.
Avec le déploiement de ses troupes dans la zone kurde, il ne reste plus que la région druze de Soueïda, dans le sud, qui échappe à son contrôle.
Le chef des puissantes FDS, Mazloum Abdi, avait indiqué que la mise en oeuvre de l'accord commencerait lundi.
Il avait précisé qu'une "force de sécurité intérieure limitée" entrerait dans certains secteurs des deux principales villes de la zone kurde, Hassaké et Qamichli, mais qu'"aucune force militaire n'entrera dans une ville ou localité kurde".
Un couvre-feu doit être instauré à Qamichli mardi.
Le nouveau commandant des Forces de sécurité intérieure pour la province de Hassaké, Marwan al-Ali, nommé par Damas, a appelé ses hommes à "exécuter les missions de sécurité conformément aux plans établis et à respecter plenement les lois et les règlements".
Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités islamistes se sont engagées à protéger les minorités mais le pays a été depuis le théâtre de massacres d'alaouites sur la côte en mars dernier et des violences avec les druzes dans le sud en juillet.
Le ministre syrien de l'Information, Hamza Mustafa, a déclaré vendredi que l'accord prévoyait la remise au gouvernement, dans un délai de dix jours, de certains champs pétrolifères auparavant contrôlés par les Kurdes, et de l'aéroport de Qamichli - dont se sont retirées la semaine dernière des forces russes - ainsi que des postes-frontières.
Les FDS vont être intégrées dans l'armée syrienne, mais resteront au sein d'une division, constituée de trois brigades.
Ces forces avaient été le fer de lance de la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie menée par les Etats-Unis, qui soutiennent désormais le nouveau pouvoir syrien.
Cette ville, séparée territorialement de la zone autonome kurde, est le symbole de la première victoire des forces kurdes contre l'EI en 2015 et est actuellement encerclée par les troupes gouvernementales.
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(B.Hartmann--BBZ)