Berliner Boersenzeitung - La Fed frappe fort pour tenter d'extirper l'économie américaine de l'inflation

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La Fed frappe fort pour tenter d'extirper l'économie américaine de l'inflation
La Fed frappe fort pour tenter d'extirper l'économie américaine de l'inflation / Photo: Olivier DOULIERY - AFP

La Fed frappe fort pour tenter d'extirper l'économie américaine de l'inflation

Face à l'inflation qui ne ralentit pas aux États-Unis, la Banque centrale américaine (Fed) a frappé fort mercredi avec une nouvelle forte hausse de ses taux directeurs pour tenter de juguler l'inflation, sur fond de menace de récession.

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Le comité monétaire de la Fed (FOMC) s'est réuni mardi et mercredi, et a relevé ses taux directeurs de trois quarts de point de pourcentage. Ceux-ci se situent désormais entre 2,25% et 2,50%.

Il s'agit du quatrième relèvement consécutif: un quart de point en mars, un demi-point en mai, et de trois quarts de point en juin - sa plus forte hausse depuis 1994.

Et "le comité monétaire anticipe que de nouvelles hausses des taux directeurs seront appropriées", a commenté la Fed dans un communiqué.

La décision a été prise à l'unanimité des 12 membres votants. Le comité monétaire était au complet, sans siège vacant, pour la première fois depuis 2013.

La Fed, qui opère habituellement par hausses d'un quart de point, a procédé à une nouvelle forte hausse, pour tenter de juguler une inflation qui a atteint en juin un nouveau record depuis plus de 40 ans, à 9,1% sur un an.

L'objectif de ces hausses de taux est de rendre le crédit plus onéreux pour faire ralentir la consommation et l'investissement et, in fine, desserrer la pression sur les prix.

Les taux directeurs avaient été abaissés en urgence entre 0 et 0,25% en mars 2020, pour soutenir l'économie face à la crise du Covid-19, et sont restés dans cette fourchette jusqu'en mars dernier.

- Emploi toujours robuste -

"Les récents indicateurs de dépenses et de production ont ralenti", assure la Fed, évoquant notamment la consommation, locomotive de l'économie américaine.

"Cependant, les créations d'emplois sont restées robustes ces derniers mois, et le taux de chômage est toujours bas", commente aussi le FOMC, qui assure de nouveau être "très attentif aux risques d'inflation".

Le président de la Fed, Jerome Powell, tiendra une conférence de presse à 18H30 GMT.

La Fed espère réussir un "atterrissage en douceur" mais le ralentissement économique tant attendu pour faire baisser les prix pourrait s'avérer trop fort, ce qui pourrait peser sur le marché de l'emploi, voire précipiter la première économie du monde dans une récession.

La bonne santé de l'économie américaine devrait cependant lui permettre d'y échapper, selon la ministre de l'Économie et des Finances de Joe Biden, Janet Yellen.

Le FMI est cependant moins optimiste. "L'environnement actuel suggère que la possibilité que les États-Unis échappent à la récession est mince", a averti mardi son chef économiste, Pierre-Olivier Gourinchas.

- "Primordial" -

La Banque centrale européenne (BCE) a elle aussi commencé à resserrer sa politique monétaire, suivant ainsi nombre d'instances financières. Le FMI a indiqué mardi qu'il était primordial que ces institutions continuent de lutter contre l'inflation.

Cela ne se fera, certes, pas sans mal et "une politique monétaire plus stricte aura inévitablement des coûts économiques, mais tout retard ne fera que les exacerber", selon le FMI.

L'institution a fortement abaissé sa prévision de croissance pour les États-Unis en 2022 et ne table plus désormais que sur 2,3%.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre sera publiée jeudi. Elle devrait être très légèrement positive, après un premier trimestre négatif (-1,6%).

Mais le risque de récession continue de peser sur la première économie mondiale.

La définition même de la récession fait débat dans le pays.

S'agit-il de deux trimestres consécutifs de contraction du Produit intérieur brut (PIB) ? Ou d'une dégradation plus large des indicateurs économiques ?

La polémique risque de se poursuivre à mesure qu'approchent les élections de mi-mandat au mois de novembre.

(Y.Yildiz--BBZ)