Berliner Boersenzeitung - Uruguay et Argentine, premiers à ratifier l'accord UE-Mercosur

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Uruguay et Argentine, premiers à ratifier l'accord UE-Mercosur
Uruguay et Argentine, premiers à ratifier l'accord UE-Mercosur / Photo: Juan Mabromata - AFP

Uruguay et Argentine, premiers à ratifier l'accord UE-Mercosur

L'Uruguay et l'Argentine sont devenus jeudi les premiers pays à ratifier l'accord UE-Mercosur, alors que l'Union européenne traîne des pieds après la réticence manifestée par les députés européens qui ont saisi la Cour de justice de l'UE.

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Les députés uruguayens ont largement voté la ratification avec 91 voix pour et deux contre, après une approbation à l'unanimité mercredi au Sénat.

Deux heures plus tard, les sénateurs argentins ont approuvé l'accord commercial à une très large majorité, 69 voix pour et 3 contre, faisant de l'Argentine le deuxième pays du bloc sud-américain à donner son aval au traité signé le 17 janvier à Asuncion.

Au Brésil, les députés ont approuvé mercredi l'accord à une large majorité. Il reste au Sénat à en débattre, à une date non encore fixée. Enfin au Paraguay, l'accord devrait être soumis au Parlement dans les jours suivant la réouverture de la session parlementaire, le 1er mars.

Cet accord de libre-échange conclu au bout de 25 ans de négociations, créée une des plus grandes zones de libre-échange au monde, pesant 30% du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs.

Il doit permettre à l'UE d'exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux, tout en facilitant l'entrée en Europe de viande bovine, de volailles, de sucre, de riz, de miel et de soja sud-américains.

Pour ses détracteurs, cet accord va bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants.

Pour ses partisans, il va relancer une économie européenne en difficulté face à la concurrence chinoise et aux droits de douane aux États-Unis.

- "Signal" pour l'Europe -

Mais face à l'opposition de nombreux agriculteurs dans plusieurs pays, le Parlement européen a voté le 21 janvier la saisine de la Cour de justice de l'UE, un revers pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, principale artisane de ce traité qui supprime les droits de douane sur plus de 90% des échanges bilatéraux.

La CJUE devra maintenant vérifier si l'accord est conforme aux traités européens ou s'il doit être retoqué. Cette saisine suspend le processus de ratification pendant un an et demi, mais la Commission européenne a le droit dans l'intervalle d'appliquer provisoirement cet accord.

L'Allemagne soutient ardemment sa mise en oeuvre rapide, tout comme l'Espagne. Mais la France y est farouchement opposée, en raison de craintes pour son secteur agricole.

Le Parlement européen a, depuis la signature, adopté des clauses de sauvegarde, des mesures de protection des agriculteurs pour des produits sensibles comme le bœuf, la volaille ou le sucre.

Le ministre uruguayen des Affaires étrangères, Mario Lubetkin, a salué jeudi une étape "historique" et "un signal" pour l'Europe.

L'accord "ne fait plus partie d'un débat, il fait désormais partie d'une construction", a-t-il ajouté, avertissant que sa mise en oeuvre "ne sera sans doute pas facile".

- Opportunités -

L'empressement du bloc Mercosur à ratifier l'accord vise à ne pas fournir "d'excuses côté européen pour repousser l'accord ou ne pas l'appliquer", relève l'expert argentin en relations internationales Fabian Calle.

"Après 25 ans de négociations, l'idée du côté du Mercosur est de faire tout ce qu'il faut au niveau politique, législatif et bureaucratique", a-t-il estimé auprès de l'AFP.

Outre l'accord avec l'UE via le Mercosur, l'Argentine de Javier Milei, favorabe à une ouverture maximale de l'économie, a annoncé début février un accord de commerce et d'investissement avec les Etats-Unis, avec pour axe majeur la réduction de barrières douanières réciproques.

L'ultralibéral Milei, en quête d'un partenariat toujours plus étroit avec Washington, continue par ailleurs de poursuivre l'objectif, a priori plus hypothétique, d'un vaste traité de libre-échange avec les Etats-Unis.

"Le signal général du gouvernement Milei est : ouverture sur le monde, concurrence, accès au marché américain, accès au marché européen", explique M. Calle.

Patricia Bullrich, cheffe du groupe pro-Milei au Sénat, a vanté jeudi les opportunités "concrètes, mesurables, immédiates" qu'offre l'accord.

Selon les prévisions du gouvernement, grâce à lui, les exportations argentines "vont augmenter de 76% en cinq ans", a-t-elle affirmé, énumérant toute une série de produits qui seront à l'avenir "taxés zéro" vers l'Europe, parmi lesquels la viande, le vin, les calamars et les agrumes.

(B.Hartmann--BBZ)