Berliner Boersenzeitung - Assurance chômage: en déficit en 2026, l'Unédic souligne que l'Etat doit cesser ses ponctions

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Assurance chômage: en déficit en 2026, l'Unédic souligne que l'Etat doit cesser ses ponctions
Assurance chômage: en déficit en 2026, l'Unédic souligne que l'Etat doit cesser ses ponctions / Photo: Emma DA SILVA - AFP/Archives

Assurance chômage: en déficit en 2026, l'Unédic souligne que l'Etat doit cesser ses ponctions

L'assurance chômage devrait être déficitaire de 2,1 milliards d'euros en 2026, selon les prévisions financières présentées mardi par l'Unédic, qui demande que l'Etat, dans un environnement économique dégradé, cesse de ponctionner le régime.

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Pour 2027 et 2028, l'Unédic prévoit des excédents de 2,8 milliards et 4,8 milliards d'euros, qui, en l'absence de nouveaux prélèvements de l'Etat, devraient permettre au régime de reprendre sa "trajectoire de désendettement", a précisé l'organisme paritaire dans un communiqué.

La dette de l'Unédic s'est lourdement creusée en 2020 et 2021 en raison du Covid et des mesures protectrices mises en place par l'Etat pour y répondre, atteignant 59,4 milliards d'euros, et 61,5 milliards prévus fin 2026.

Malgré la dégradation actuelle du marché de l'emploi, le nombre de chômeurs indemnisés (actuellement 2,6 millions) resterait stable cette année et l'an prochain avant un léger tassemement à 2,5 millions en 2028.

Une stabilité due à "l’effet des réformes d’assurance chômage mises en oeuvre depuis 2021" avec des indemnités réduites pour les demandeurs d'emploi.

Les dépenses de l'Unédic, évaluées à 45,3 milliards d'euros en 2025, progresseraient à 46,3 milliards en 2026 puis à 46,6 milliards en 2027, avant de retomber à 46,2 milliards en 2028.

Ces prévisions sont assises sur le scénario d'une croissance économique qui, après 1% en 2026, augmenterait légèrement à 1,1% en 2027 puis 1,2% en 2028.

Une trajectoire qui "doit être envisagée avec précaution en raison de divers aléas, liés notamment à la situation politique et géopolitique", nuance l'Unédic.

En 2026, l'Unédic subit un prélèvement de l'Etat de 4,1 milliards qui déséquilibre ses comptes. Sans cette ponction, le solde prévu aurait été positif de 2 milliards d'euros.

Au total, les ponctions de l'Etat sur les recettes de l'Unédic entre 2023 et 2026, prélevées sous forme de "moindre compensations sur les allègements généraux de cotisations patronales", s'élèvent à 12 milliards d'euros.

"Dans un contexte de perspectives économiques assombries, les prélèvements de l’État sur les recettes du régime dégradent mécaniquement sa situation financière : le désendettement est à l’arrêt depuis 2023", relève le communiqué.

- Interdire toute nouvelle ponction -

La situation financière est aussi plus difficile en raison du "démarrage du remboursement de la dette Covid", une contribution au fonctionnement de France Travail qui excède pour la première fois 5 milliards d'euros et de moindres recettes liées à la réforme de la CSG des indépendants, a indiqué lors d'une conférence de presse la présidente de l'organisme paritaire, Patricia Ferrand (CFDT).

Il "devient majeur pour nous que cessent les prélèvements de l'Etat", a-t-elle souligné.

"Il faut que toute nouvelle mesure qui ne correspond pas à la raison d'être initiale de l'Unédic soit interdite", a renchéri le vice-président de l'Unédic Jean-Eudes Tesson (Medef).

L’Unédic doit ainsi contracter de nouveaux emprunts à des taux élevés sur les marchés financiers, notamment pour faire face aux remboursements de la dette Covid, initialement souscrite à taux bas, et que l'Etat lui demander de rembourser. En 2028, la charge de la dette représenterait 1,7% des recettes de l'Unédic, contre moins de 1% jusqu'en 2022.

"Quand on va sortir des années de prélèvements de l'État, si rien ne change d'ici là, les recettes retrouveront le poids qu'elles avaient avant cette période et avant la période Covid, de l'ordre de 1,6% du produit intérieur brut (PIB)", a expliqué la directrice des études de l'Unédic, Lara Muller.

"Les dépenses, elles, sont plutôt sur une tendance décroissante" et comprises entre 1,45% et 1,4% du PIB, a-t-elle ajouté.

Enfin, les effets de l'accord conclu la semaine dernière sur une moindre indemnisation des chômeurs ayant conclu une rupture conventionnelle ne sont pas pris en compte dans ces prévisions.

Cette mesure, qui devra encore passer devant le parlement une fois signée par des organisations patronales et syndicales, n'aura pas d'effets importants à court terme. Elle permettra d'économiser 20 millions d'euros la première année de son application, probablement en 2027, 270 millions la deuxième, 760 la troisième et 940 à partir de la cinquième, en régime de croisière.

(S.G.Stein--BBZ)