Berliner Boersenzeitung - Tir de missile iranien près d'un site nucléaire israélien, après une frappe sur Natanz

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Tir de missile iranien près d'un site nucléaire israélien, après une frappe sur Natanz
Tir de missile iranien près d'un site nucléaire israélien, après une frappe sur Natanz / Photo: - - Satellite image ©2026 Vantor/AFP/Archives

Tir de missile iranien près d'un site nucléaire israélien, après une frappe sur Natanz

Après les infrastructures énergétiques, la guerre au Moyen-Orient, entrée samedi dans sa quatrième semaine, s'est étendue aux sites nucléaires, l'Iran ayant visé une ville abritant un centre de recherche en Israël en riposte à une frappe contre un de ses complexes.

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Une trentaine de personnes ont été blessées par des éclats de projectile, à Dimona, dans le sud du pays, où un bâtiment a essuyé un "impact direct de missile" iranien, selon les autorités locales.

Le site frappé est situé dans une zone résidentielle, à près de cinq kilomètres du centre de recherche nucléaire.

Autour d'un large cratère au sol, la terre est partout retournée et les façades de tous les immeubles aux alentours ont été en grande partie détruites, a constaté un correspondant de l'AFP.

Débris de toutes sortes, arbres sectionnés, blocs de bétons jonchent le site aux allures de champ de bataille.

Israël est considéré comme le seul pays doté de l'arme nucléaire au Moyen-Orient mais entretient l'ambiguïté sur le sujet. Le site de Dimona est officiellement dédié à la recherche nucléaire et l'approvisionnement énergétique.

L'Iran a revendiqué le tir de missile, affirmant qu'il s'agissait d'une "réponse" à l'attaque "ennemie" contre le complexe de Natanz (centre), rapportée plus tôt par Téhéran.

D'après l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, "aucune fuite de matières radioactives n'a été signalée" sur ce site qui avait déjà été frappé début mars.

L'armée israélienne a assuré ne "pas être au courant" d'une telle frappe, la télévision publique Kan rapportant qu'il s'agissait d'une action américaine.

Israël a par contre affirmé en soirée avoir frappé à Téhéran un centre universitaire, Malek-Ashtar, "utilisé par le régime terroriste iranien pour développer des composants d'armes nucléaires".

- "Risques de catastrophe" -

Après chacune de ces frappes, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi a appelé "à la retenue militaire maximale" afin d'éviter tout risque d'accident nucléaire.

Le Kremlin, allié de longue date de l'Iran, a condamné des frappes "irresponsables" faisant peser "des risques réels de catastrophe à l'échelle de tout le Moyen-Orient".

En lançant l'offensive contre Téhéran avec Israël le 28 février, Donald Trump avait dit notamment vouloir éliminer la menace nucléaire iranienne, déjà fortement affaiblie par la guerre de douze jours en juin 2025.

Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'il dément, et des pourparlers sur le sujet avaient justement eu lieu en février avant d'être brutalement stoppés par l'attaque israélo-américaine.

- "Impact considérable" -

Ces derniers jours, les frappes avaient redoublé d'intensité contre des installations énergétiques dans le Golfe, faisant s'envoler les prix des hydrocarbures.

Le blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie commerciale cruciale pour l'approvisionnement mondial en carburant, aggrave cette flambée.

Le chef du commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom), l'amiral Brad Cooper, a assuré samedi qu'une installation qui abritait des missiles de croisière avait été "détruite" cette semaine et des sites de renseignement et des relais de radar de missiles qui servaient à surveiller les mouvements des navires "anéantis".

"La capacité de l'Iran à menacer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz et aux alentours est, de ce fait, réduite, et nous n'arrêterons pas de poursuivre ces cibles", a-t-il ajouté.

Une vingtaine de pays, dont les Emirats arabes unis, le Royaume-Uni, la France ou encore le Japon se sont de leur côté dit "prêts à contribuer aux efforts" nécessaires à la réouverture du détroit et ont condamné les récentes attaques iraniennes ayant visé des navires et des infrastructures pétrolières et gazières.

Vendredi, les cours du pétrole ont terminé en hausse, restant toutefois sous le seuil des 120 dollars le baril, tutoyé à plusieurs reprises depuis le début du conflit.

La Commission européenne a appelé les Etats membres à réduire leurs objectifs de remplissage de gaz pour l'hiver prochain, afin d'atténuer la pression sur les prix, déplorant "l'impact considérable" de la guerre sur les marchés mondiaux.

- "Quatre à six semaines" -

Israël a prévenu samedi que l'intensité des frappes en Iran allait "augmenter considérablement" dans les prochains jours.

"Nous ne nous arrêterons pas tant que tous les objectifs de la guerre n'auront pas été atteints", a lancé Israël Katz, le ministre de la Défense, alors que l'armée israélienne a bombardé dans la nuit des sites de production de missiles à Téhéran.

Et si vendredi, Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis étaient "sur le point d'atteindre" leurs objectifs et envisageaient de "réduire graduellement" les efforts militaires américains, il a aussi écarté toute idée de cessez-le-feu.

Après trois semaines de conflit, l'Iran continue de riposer en lançant drones et missiles tous azimuts.

Vendredi, il a tenté de frapper "sans succès" la base américano-britannique de Diego Garcia, située à 4.000 kilomètres de son territoire, selon une source officielle britannique.

C'est un "fait notable", l'île se situant "au-delà de la portée max estimée jusqu'alors des missiles iraniens", estime sur X le chercheur français Etienne Marcuz, de la Fondation pour la recherche stratégique, y voyant là "une démonstrtion de force".

Depuis le début de la guerre, l'Iran a perdu plusieurs figures du pouvoir iranien, notamment le guide suprême Ali Khamenei.

Son fils Mojtaba Khamenei l'a remplacé mais n'est toujours pas apparu en public depuis sa désignation.

Il n'était pas présent à Téhéran samedi à la prière de l'Aïd, la fête de fin du ramadan, traditionnellement dirigée par le guide suprême.

Une foule de croyants s'est réunie dès l'aube à la Grande Mosquée de l'Imam Khomeini. Des scènes similaires étaient observées dans d'autres villes du pays, où l'accès à internet est très restreint.

burx-cgo/anb

(Y.Yildiz--BBZ)