Berliner Boersenzeitung - Les Français consomment toujours plus de vêtements neufs

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Les Français consomment toujours plus de vêtements neufs
Les Français consomment toujours plus de vêtements neufs / Photo: ROMAIN PERROCHEAU - AFP/Archives

Les Français consomment toujours plus de vêtements neufs

En 2025, les Français ont acheté toujours plus de vêtements neufs, reflet du succès de la mode ultra-éphémère, visée par une loi en discussion au Parlement, et au grand dam des associations qui alertent sur la pollution environnementale de l'industrie textile.

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L'année dernière, les Français ont acheté en moyenne 43 pièces d'habillement neuves par personne, soit une de plus qu'en 2024, 4 paires de chaussures et 12 pièces de linge de maison.

Cela représente 3,6 milliards d'articles neufs mis sur le marché en 2025, contre 3,5 milliards en 2024, soit 10 millions de produits par jour.

Ces articles "seront demain des déchets", a alerté Maud Hardy, la directrice générale de Refashion, l'éco-organisme mandaté par l'Etat pour gérer la filière textile et qui a rendu publics ces chiffres mercredi.

Aujourd'hui, deux tiers des déchets textiles finissent incinérés ou enfouis en France, a rappelé la dirigeante qui a souligné dans un communiqué "l'urgence" de "se doter enfin des capacités industrielles nécessaires pour gérer ces volumes, à commencer par une vraie industrie du recyclage textile".

Pour établir ce panorama qu’il dresse annuellement depuis trois ans, l'éco-organisme a analysé les données que doivent obligatoirement lui transmettre les 11.000 marques qui vendent en France du textile, y compris les plateformes asiatiques type Shein et Temu.

- Un marché transformé -

Depuis quelques années, le marché de la mode est bouleversé par l'arrivée de plateformes de vente en ligne, notamment d'origine asiatique, Shein, Temu et AliExpress en étant les représentants les plus puissants.

Ils sont accusés par les pouvoirs publics, les associations, et les commerçants européens d'inonder le marché de produits bas de gamme voire non conformes et à prix cassés.

Refashion constate que les consommateurs plébiscitent ces entreprises vendant exclusivement en ligne, qui ont enregistré en 2025 une croissance de 12% de leurs ventes en volumes. Ce sont elles qui tirent le marché à la hausse qui, sans elles, serait "stable", analyse Refashion.

L'éco-organisme dévoile également que 7 produits textiles vendus sur 10 sont d'entrée de gamme, au prix moyen de 8,30 euros.

Ces chiffres révélés par Refashion interviennent alors qu'est discutée au Parlement une loi visant la mode ultra-éphémère, particulièrement incarnée par le mastodonte asiatique Shein.

La proposition de loi met en place toute une panoplie d'outils pour limiter le phénomène en pleine expansion de "l'ultra fast-fashion" via des mesures comme l'interdiction de la publicité ou des pénalités financières sur les articles vendus.

Mais dans son combat contre les grandes plateformes asiatiques, le gouvernement joue les équilibristes pour éviter que ne se retrouvent prises dans la tourmente de grandes entreprises qui emploient sur le sol européen et ont un poids fiscal important, telles Kiabi, Decathlon, H&M ou encore Zara.

Une position qui déplaît fortement à une coalition d'associations environnementales qui estime "que l’ambition initiale du texte était de réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, et donc de couvrir l’ensemble de la fast-fashion et non pas seulement les acteurs de l’ultra fast-fashion".

Dans un communiqué, "Stop Fast fashion", qui regroupe notamment Emmaüs, Max Havelaar, Fashion Revolution ou encore Les Amis de la Terre, rappelle que "le secteur textile représente près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et génère une pollution chimique des sols et des cours d'eau dans les pays producteurs".

(A.Lehmann--BBZ)