Berliner Boersenzeitung - L'UE exige que Google partage ses données de recherche et ouvre Android aux IA rivales

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L'UE exige que Google partage ses données de recherche et ouvre Android aux IA rivales
L'UE exige que Google partage ses données de recherche et ouvre Android aux IA rivales / Photo: Nicolas TUCAT - AFP/Archives

L'UE exige que Google partage ses données de recherche et ouvre Android aux IA rivales

Bruxelles a imposé jeudi à Google des mesures visant à favoriser la concurrence dans les services de recherche, et à ouvrir Android aux IA développées par ses rivaux, malgré les vives protestations du géant américain qui y voit un risque pour la sécurité et le respect de la vie privée de millions d'Européens.

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Comme elle l'avait menacé en avril, la Commission européenne exige d'une part que le groupe partage de manière encadrée les données récoltées par son moteur Google Search avec les services de recherche concurrents, d'ici janvier 2027.

Et d'autre part, elle lui ordonne d'accorder aux assistants d'IA développés par des tiers un accès aux fonctions clés d'Android, son système d'exploitation pour téléphones et tablettes, les mettant ainsi sur un pied d'égalité avec ses propres services d'IA, comme Gemini.

Les utilisateurs de téléphones et tablettes équipés d'Android pourront ainsi utiliser la commande vocale pour activer l'IA de leur choix, ou les utiliser pour effectuer des réservations, obtenir des informations sur un lieu visité récemment, etc.

Bruxelles a donné un an au géant technologique pour appliquer cette seconde mesure, qui nécessitera une importante mise à jour d'Android.

"Grâce à ces mesures, nous espérons que des alternatives à Google Search et aux services d'IA de Google, tels que Gemini, vont pouvoir se développer, donnant un plus grand choix aux consommateurs", a affirmé dans un communiqué Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique.

"Ces décisions risquent de saper des garde-fous essentiels en matière de vie privée et de sécurité pour des millions d'Européens", a réagi Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, dans une déclaration transmise à l'AFP, reprochant à Bruxelles d'avoir "ignoré de nombreuses preuves d'un préjudice pour les utilisateurs".

"Les assistants d'IA utilisent déjà en toute sécurité les capacités d'Android, les fabricants de téléphones jouant un rôle clé dans leur validation. Cette décision concernant Android menace la sécurité des appareils en accordant à des applications externes des autorisations sensibles et puissantes sur les appareils, sans ces garanties", contredisant les objectifs de l'UE en matière de cybersécurité, avance ce haut responsable de Google.

En outre, l'obligation de partager les données de Google Search pourrait "affaiblir la vie privée des citoyens, mettre en péril le secret des affaires et menacer la sécurité nationale", a-t-il ajouté.

- Au coeur de l'écosystème Google -

De son côté, Bruxelles a assuré avoir pris en compte les craintes exprimées par Google.

"Nous avons accordé la plus grande importance à l'intégrité, la sécurité et la confidentialité", a assuré à des journalistes un responsable de la Commission, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Le groupe devra s'assurer que les services concurrents voulant bénéficier de ces dispositions ne posent pas de problèmes de sécurité.

Bruxelles assure en outre que les données de recherche seront totalement anonymisées, préservant la vie privée des internautes.

Enfin, les concurrents devront rémunérer Google pour l'utilisation de ses données.

Ces décisions touchent au coeur même du fonctionnement de l'écosystème de Google, bâti autour de Google Search et de l'exploitation des données des internautes pour la publicité ciblée, qui reste de loin sa principale source de revenus.

Elles ont été prises dans le cadre d'une procédure spéciale prévue par le règlement européen sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA), plus rapide que les enquêtes classiques de Bruxelles mais qui ne permet pas d'imposer des amendes.

Le DMA vise à lutter contre les abus de position de position dominante des géants de la tech, en les empêchant de verrouiller l'accès à certains marchés.

La Commission avait infligé en septembre une amende de 2,95 milliards au groupe américain pour abus de position dominante dans la publicité en ligne.

Et Google a échoué ce mois-ci à faire annuler une amende record, de 4,1 milliards d'euros, qui lui avait été infligée en 2018, pour avoir forcé des fabricants de téléphones et de tablettes utilisant Android à pré-installer Google Search, au détriment des services concurrents.

Le groupe n'en a pas fini avec Bruxelles : la Commission européenne pourrait infliger la semaine prochaine une amende à Google dans le cadre d'une autre enquête menée au titre du DMA, ont indiqué à l'AFP des sources proches du dossier, confirmant une information du Financial Times.

(K.Müller--BBZ)