Berliner Boersenzeitung - En France, le PIB recule au 3ème trimestre et "l'économie française est à l'arrêt"

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En France, le PIB recule au 3ème trimestre et "l'économie française est à l'arrêt"
En France, le PIB recule au 3ème trimestre et "l'économie française est à l'arrêt" / Photo: SIMON WOHLFAHRT - AFP/Archives

En France, le PIB recule au 3ème trimestre et "l'économie française est à l'arrêt"

Recul du PIB au premier trimestre, stagnation au deuxième, et désormais nouveau recul de 0,1 % annoncé vendredi par l'Insee : "l'économie française est à l'arrêt", a dû reconnaître le ministre de l'Economie Roland Lescure.

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Le produit intérieur brut avait déjà baissé de 0,2 % au premier trimestre, et stagné au deuxième. Attendu généralement à +0,1 %, le troisième trimestre déçoit de nouveau, et le pays est proche de la récession.

Un fort contraste avec les pays voisins : le PIB a augmenté de 0,2 % au troisième trimestre en Allemagne, dépassant les attentes, et a continué à caracoler en Espagne, avec +0,6 %.

En France, "ça fait trois trimestres que la croissance n'est pas au rendez-vous" et "la conclusion de tout ça, c'est qu'en 2026, l'économie française est à l'arrêt", n'a pu que constater Roland Lescure sur France Info.

A six mois de la présidentielle, le pays se débat dans un profond marasme politique, alimenté de surcroît par la crainte de nouvelles violences et de pillages de magasins dans les prochains jours.

L'économie est aussi plombée par une inflation au plus haut depuis janvier 2024 en raison de la guerre au Moyen-Orient : +3,4 % sur un an en octobre, a révélé vendredi l'Institut national de la statistique (Insee).

Le recul de l'activité à l'été s'explique surtout par une forte contraction des exportations, et le commerce extérieur est responsable à hauteur de -0,6 point du recul du PIB de 0,1 %, seulement limité par une légère amélioration de la demande intérieure et une contribution positive des stocks.

- "Dans le mur" -

Au total, "l'acquis de croissance" à fin septembre, c'est-à-dire ce que serait la croissance sur l'année si le PIB restait stable au quatrième trimestre, est de 0,2 %.

Dans ces circonstances, "il faudrait 0,9 % de croissance au dernier trimestre pour pouvoir atteindre 0,5 % sur l'année", la prévision du gouvernement, "et 0,5 % pour atteindre 0,4 % sur l'année", la prévision la plus récente de l'Insee et de la Banque de France, a commenté vendredi auprès de la presse Marie Leclair, la cheffe du département des comptes nationaux de l'Insee.

Or, la faiblesse des données collectées ce mois-ci ne va pas dans le sens d'un quatrième trimestre solide.

L'indicateur de confiance des ménages sur la situation économique et leur situation financière propre est tombé en octobre au plus bas depuis plus de treize ans, signalant une faible consommation en fin d'année.

Du côté des entreprises, leurs perspectives d'activité à douze mois sont "au plus bas niveau depuis six ans et demi", selon l'enquête PMI.

"La France ne va pas à la crise", mais "aujourd'hui, si on n'a pas le redressement budgétaire qu'on a mis dans le budget, on ira dans le mur", a prévenu M. Lescure.

- "Scénarios pessimistes" -

"On va commencer 2027 sur des bases très faibles en termes de croissance", alors que le gouvernement mise sur 1 % de croissance l'an prochain, constate Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade.

Tout cela "pose question sur la crédibilité de la réduction du déficit".

Le gouvernement tient à maintenir celui-ci à 5 % du PIB en 2027 et a construit son budget en ce sens. Mais avec une croissance moins élevée qu'espéré, "le déficit ne se réduira pas" par rapport aux 5,4 % attendus cette année, selon M. Darmet.

Alors que les taux d'intérêt sur la dette française sont déjà au plus haut depuis plus de vingt ans, on risque "un engrenage : faible croissance, marchés qui demandent une prime de risque encore plus élevée, ce qui pèse sur la croissance, etc.", remarque-t-il.

"Les perspectives sont plutôt moroses", renchérit Sylvain Bersinger, du site Bersingéco, et "les scénarios pessimistes sont nombreux".

Notamment celui "d'une crise politique et budgétaire durable", particulièrement "si les prochaines élections ne donnaient pas d'orientation politique claire".

"La crise de la dette publique pourrait s'aggraver, plongeant le pays dans une crise économique et politique bien plus grave que celle que l'on connaît actuellement", pronostique-t-il.

(S.G.Stein--BBZ)