Berliner Boersenzeitung - L'industrie en Ukraine, autre grande victime de la guerre

EUR -
AED 4.283293
AFN 76.976985
ALL 92.174014
AMD 423.861482
ANG 2.087448
AOA 1070.675861
ARS 1763.287834
AUD 1.623725
AWG 2.096449
AZN 2.000094
BAM 1.954256
BBD 2.346905
BDT 143.394863
BGN 1.978495
BHD 0.439345
BIF 3478.783045
BMD 1.166314
BND 1.480516
BOB 13.418456
BRL 6.004648
BSD 1.165239
BTN 111.132767
BWP 15.602138
BYN 3.515472
BYR 22859.745013
BZD 2.343608
CAD 1.616528
CDF 2657.456563
CHF 0.937022
CLF 0.027064
CLP 1065.159708
CNY 7.838035
CNH 7.837813
COP 3610.836682
CRC 528.655125
CUC 1.166314
CUP 30.907308
CVE 110.177007
CZK 24.068398
DJF 207.500047
DKK 7.475568
DOP 68.242572
DZD 155.171499
EGP 58.796774
ERN 17.494703
ETB 188.075105
FJD 2.5572
FKP 0.855138
GBP 0.855543
GEL 3.038229
GGP 0.855138
GHS 12.993511
GIP 0.855138
GMD 85.704053
GNF 10238.38417
GTQ 8.890899
GYD 243.808417
HKD 9.144487
HNL 31.254163
HRK 7.533805
HTG 152.437146
HUF 360.232843
IDR 20665.909279
ILS 3.469036
IMP 0.855138
INR 111.107931
IQD 1526.587332
IRR 1603214.56613
ISK 141.205274
JEP 0.855138
JMD 184.941196
JOD 0.826912
JPY 185.494026
KES 150.979148
KGS 101.993951
KHR 4715.788958
KMF 493.350126
KPW 1049.682512
KRW 1615.888085
KWD 0.359994
KYD 0.971129
KZT 533.586138
LAK 26154.887087
LBP 104350.781186
LKR 382.747754
LRD 211.500178
LSL 18.639234
LTL 3.44382
LVL 0.705492
LYD 7.377918
MAD 10.768138
MDL 20.1364
MGA 4986.888937
MKD 61.476429
MMK 2448.87236
MNT 4197.368838
MOP 9.407964
MRU 46.725282
MUR 54.548293
MVR 18.030821
MWK 2020.634241
MXN 19.765358
MYR 4.69555
MZN 74.533246
NAD 18.639793
NGN 1570.953802
NIO 42.885382
NOK 10.875378
NPR 177.805373
NZD 1.958894
OMR 0.448441
PAB 1.165384
PEN 3.91096
PGK 5.166873
PHP 71.816334
PKR 323.280396
PLN 4.301644
PYG 6985.062024
QAR 4.248007
RON 5.255759
RSD 117.292675
RUB 97.562603
RWF 1717.625126
SAR 4.379639
SBD 9.353106
SCR 16.114598
SDG 701.534844
SEK 11.037997
SGD 1.481148
SHP 0.864082
SLE 28.749606
SLL 24457.010478
SOS 665.928187
SRD 44.228972
STD 24140.335108
STN 24.4794
SVC 10.1969
SYP 15164.408291
SZL 18.637636
THB 38.160558
TJS 10.744173
TMT 4.09376
TND 3.395588
TOP 2.808203
TRY 56.119975
TTD 7.916576
TWD 37.124808
TZS 3089.422199
UAH 52.06318
UGX 4346.491398
USD 1.166314
UYU 46.842388
UZS 13724.156842
VES 914.019438
VND 30431.452391
VUV 137.684964
WST 3.160747
XAF 655.427921
XAG 0.016885
XAU 0.000251
XCD 3.152021
XCG 2.100232
XDR 0.824644
XOF 655.416691
XPF 119.331742
YER 276.522362
ZAR 18.570428
ZMK 10498.275715
ZMW 22.192135
ZWL 375.552478
  • AEX

    -3.6600

    1104.65

    -0.33%

  • BEL20

    21.0000

    5855.41

    +0.36%

  • PX1

    41.3500

    8480.48

    +0.49%

  • ISEQ

    41.6200

    14392.19

    +0.29%

  • OSEBX

    -14.9000

    2083.02

    -0.71%

  • PSI20

    -31.1700

    9413.92

    -0.33%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    103.6100

    4834.69

    +2.19%

  • N150

    1.3000

    4337.7

    +0.03%

L'industrie en Ukraine, autre grande victime de la guerre
L'industrie en Ukraine, autre grande victime de la guerre / Photo: Genya SAVILOV - AFP

L'industrie en Ukraine, autre grande victime de la guerre

Dans le gigantesque complexe ArcelorMittal de Kryvyï Rig (Sud), trois des quatre hauts fourneaux sont à l'arrêt, tout comme la mine de fer et le reste tourne au ralenti. En Ukraine, la guerre frappe l'industrie, poumon de l'économie nationale.

Taille du texte:

Le dernier haut fourneau en activité, immense cathédrale de métal qu'enserrent de colossaux tuyaux, est en activité réduite lors de la venue de l'AFP.

Une poignée d'ouvriers se relaie autour d'une petite rivière de métal rougeoyant.

Dans un autre hangar de ce site de 70 km2, grand comme les deux tiers de la ville de Paris, des billettes, grosses poutres d'acier carrées, sortent sur un vaste tapis roulant.

Mais deux autres installations similaires attendent en silence, un peu plus loin, que le travail reprenne.

Plus grand site "intégré" d'Ukraine, comprenant une mine de fer et une aciérie, le complexe de Kryvyï Rig est un joyau national, acheté en 2005 par ArcelorMittal pour 4,85 milliards de dollars.

Ses produits ont permis l'édification de Burj Khalifa, plus haut gratte-ciel du monde, à Dubaï.

Mais depuis l'invasion de l'Ukraine le 24 février, le complexe connaît un énorme coup de frein.

D'abord arrêté pendant un mois, alors que les troupes russes étaient aux portes de Kryvyï Rig, il a ensuite redémarré, à un rythme bien moins élevé.

Fin août, la production atteignait "entre 15 et 20%" de ce qu'elle était sur les huit premiers mois de 2021, estime Artem Filipiev, le directeur adjoint du site.

- Casse-tête logistique -

"Nous maintenons le site en marche, c'est notre mission", affirme-t-il. Quand 2.000 des 22.000 salariés luttent au sein de l'armée ukrainienne, et 17 ont été tués, "il ne s'agit pas seulement de profit" mais de "responsabilité sociale".

Or les défis sont multiples, pour toute industrie ukrainienne, en temps de guerre. Maintenir ses approvisionnements, garder ses clients, livrer ses produits...

"Parce que les ports de la mer Noire sont fermés, et les industries métallurgiques de Marioupol étaient parmi les principales consommatrices de notre minerai de fer, celles de Zaporijjia (Sud) ayant aussi ralenti leur activité, nos mines de fer sont à l'arrêt", tout comme "nos entreprises métallurgiques", regrette Serguiï Milioutine, le maire adjoint de Kryvyï Rig, où six énormes complexes, dont ArcelorMittal, font vivre la ville.

En envahissant le sud-est ukrainien, Moscou a pris le contrôle de ports majeurs, notamment ceux de Marioupol et Berdiansk.

Dans le sud-ouest, ceux d'Odessa et Tchornomorsk sont encore sous bannière ukrainienne, mais la Russie n'a permis leur utilisation ces derniers mois que pour des exportations de céréales, sous forte pression internationale.

ArcelorMittal Kryvyï Rig, qui exporte 85% de ses produits, passe désormais par le rail et le transport fluvial pour ses livraisons, principalement via la Pologne et la mer Baltique, à moindre mesure par la Roumanie, selon son directeur.

Mais les coûts sont "multipliés par deux ou trois" pour les producteurs d'acier, ce qui est d'autant moins tenable que la demande et les prix mondiaux pour cet alliage sont en berne, estime Marina Bozkurt, analyste pour le cabinet Rystad.

- Prendre ou détruire -

Les difficultés ne sont pas que logistiques. Le pilonnage des mois durant de l'aciérie Azovstal de Marioupol, dans laquelle l'armée ukrainienne était retranchée, a montré que ces infrastructures pouvaient protéger les troupes de Kiev mais aussi être anéanties.

Début septembre, le centre Kyiv School of Economics estimait à 422 le nombre d'industries et d'entreprises ukrainiennes endommagées ou détruites par la guerre, pour une perte de 30 milliards de dollars.

Alors que l'industrie minière et la transformation représentaient 17% du PIB de l'Ukraine en 2021, celui-ci s'étant effondré de 37% au deuxième trimestre 2022 par rapport à l'an passé, l'industrie est "une composante de la sécurité économique du pays", rappelle Dmytro Goriounov, du Centre de la stratégie économique.

C'est pourquoi l'armée russe la pilonne, estime Anatoli Kovaliov, le recteur de l'université nationale d'économie d'Odessa.

"Après trois jours de Blitzkrieg ratée, les Russes ont compris qu'ils ne prendraient pas notre pays, alors ils ont décidé de le détruire", analyse ce docteur ès sciences économiques.

Et M. Kovaliov d'envisager déjà "5 à 8 années" de reconstruction, une fois la guerre remportée par les siens. "Il nous faudra un plan Marshall".

(Y.Berger--BBZ)