Berliner Boersenzeitung - Guerre et inflation mettent à mal la croissance mondiale

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Guerre et inflation mettent à mal la croissance mondiale
Guerre et inflation mettent à mal la croissance mondiale / Photo: Jim WATSON - AFP

Guerre et inflation mettent à mal la croissance mondiale

L'économie mondiale, secouée par des chocs à répétition depuis un an, se rapproche un peu plus de la récession, qui risque de toucher plusieurs pays développés en 2023, a prévenu mardi le FMI à l'occasion de la publication de son rapport d'automne sur l'économie.

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Certes, le Fonds monétaire international (FMI) a maintenu à 3,2% sa prévision de croissance pour 2022, déjà révisée trois fois cette année. Mais il a abaissé de nouveau celle attendue pour 2023, cette fois à 2,7%, soit 0,2 point de moins que ce qui était anticipé en juillet.

"Notre rapport souligne qu'il existe une probabilité de 25% de voir la croissance mondiale passer sous les 2% l'année prochaine, un niveau historiquement bas que le monde n'a connu que cinq fois depuis 1970", a expliqué le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, lors d'une conférence de presse au siège de l'institution, à Washington.

Les trois locomotives mondiales, les Etats-Unis, la Chine et l'Europe, en effet, ralentissent.

Car l'économie mondiale, qui se remettait doucement des effets de la pandémie et restait confrontée à des problèmes de logistique dans de nombreux secteurs, fait désormais face à un enchaînement de chocs inhabituel.

Au centre des difficultés, une inflation persistante, touchant les économies avancées mais, plus encore, les pays émergents et en développement, et qui devrait atteindre 8,8% en moyenne au niveau mondial cette année (+0,5 point par rapport aux prévisions de juillet).

- Risque de mauvais calibrage -

"Trop resserrer les politiques monétaires, mais aussi ne pas suffisamment le faire, pourrait renforcer l'ancrage de l'inflation. L'histoire nous le rappelle, cela ne pourra que rendre la lutte contre l'inflation encore plus chère" pour les économies, a alerté M. Gourinchas, qui appelle les banques centrales à "poursuivre la normalisation".

Une note positive cependant: l'inflation mondiale devrait avoir atteint son pic au troisième trimestre (9,5%) et commencer à refluer dès le dernier trimestre 2022, poursuivant cette tendance l'année prochaine, pour revenir au dernier trimestre 2023 à un niveau comparable à l'inflation de 2021 (4,7%).

Le chef-économiste du Fonds a cependant alerté sur le risque d'un "mauvais calibrage des politiques, tant monétaires que budgétaires ou financières, un risque qui se renforce face aux incertitudes et fragilités croissantes".

Le ralentissement économique va toucher l'ensemble des Etats les plus riches, à commencer par les Etats-Unis: la croissance y a été révisée à tout juste 1,6% en 2022, contre 2,3% attendus en juillet. 2023 pourrait être plus difficile encore, le Fonds tablant sur tout juste 1%.

Et la situation n'est guère meilleure dans la zone euro: certes, la croissance devrait atteindre 3,1% en 2022, mieux qu'attendu en juillet (+0,5 point) mais la zone devrait frôler la récession en 2023, à 0,5% de croissance (-0,7 point par rapport aux prévisions de juillet).

Et pour certains Etats membres, l'Allemagne et l'Italie, la récession semble inévitable l'an prochain (respectivement -0,3% et -0,2%), alors que la France peut espérer rester au-dessus de la ligne de flottaison, avec une croissance de 0,7%. Tout comme, hors UE, le Royaume-Uni, à 0,3%.

- Les pays émergents résistent mieux -

La Chine, deuxième puissance économique mondiale, devrait de son côté connaître en 2022 sa pire année depuis plus de 40 ans, si l'on excepte la pandémie en 2020, avec une croissance attendue de tout juste 3,2%, avant de repartir légèrement en 2023 (4,4%).

En cause, les confinements à répétition causés par la politique de tolérance zéro vis-à-vis du Covid-19 qui ont touché plusieurs villes du pays, à commencer par son pôle économique, Shanghai, fermé pendant plus d'un mois.

La Russie, dont l'économie subit de plein fouet les sanctions mises en place notamment par les Etats-Unis et l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine, connaîtra une récession cette année, mais la situation devrait être moins marquée qu'envisagé au début de l'été.

Le FMI y anticipe désormais une contraction de 3,4% pour 2022, mais c'est 2,6 points de mieux que les prévisions faites en juillet dernier. La Russie devrait cependant être la seule économie du G20, qui se réunira mercredi à Washington, à connaître la récession cette année.

Dans un contexte mondial morose, la région Amérique latine et Caraïbes voit quant à elle ses prévisions s'améliorer, avec une croissance désormais attendue à 3,5% (+0,5 point) cette année, même si ses deux principales économies, le Brésil et le Mexique, auront une croissance moins marquée que la moyenne de la région.

L'avenir reste néanmoins incertain, souligne le Fonds, qui reconnaît que ses prévisions, en particulier pour 2023, ne sont valables que "si les anticipations d'inflation restent stables et que le resserrement monétaire n'entraîne ni récession généralisée ni ajustement désordonné des marchés financiers".

(H.Schneide--BBZ)