Berliner Boersenzeitung - Frère et soeur à Kaboul, mais deux destins soudainement séparés

EUR -
AED 4.190388
AFN 75.874588
ALL 93.859535
AMD 416.274986
AOA 1046.314438
ARS 1707.327971
AUD 1.629329
AWG 2.053834
AZN 1.939027
BAM 1.957093
BBD 2.294185
BDT 140.502814
BHD 0.429572
BIF 3402.828576
BMD 1.141019
BND 1.470307
BOB 12.649356
BRL 5.803332
BSD 1.139022
BTN 109.934658
BWP 15.73398
BYN 3.267158
BYR 22363.967361
BZD 2.290883
CAD 1.607753
CDF 2578.702671
CHF 0.929639
CLF 0.027497
CLP 1082.199536
CNY 7.727091
CNH 7.723174
COP 3672.539977
CRC 518.328774
CUC 1.141019
CUP 30.236997
CVE 110.33692
CZK 24.121597
DJF 202.831321
DKK 7.475658
DOP 66.332074
DZD 152.143502
EGP 58.58253
ERN 17.115281
ETB 183.844212
FJD 2.539622
FKP 0.856448
GBP 0.854343
GEL 2.995211
GGP 0.856448
GHS 13.246634
GIP 0.856448
GMD 84.435768
GNF 9993.119638
GTQ 8.68974
GYD 238.305333
HKD 8.948217
HNL 30.508351
HRK 7.537336
HTG 148.92185
HUF 359.345579
IDR 20526.470778
ILS 3.465964
IMP 0.856448
INR 109.775356
IQD 1492.18572
IRR 1568900.771986
ISK 143.003514
JEP 0.856448
JMD 180.664595
JOD 0.809005
JPY 186.64271
KES 147.757141
KGS 99.781676
KHR 4605.840731
KMF 495.202064
KRW 1672.362654
KWD 0.35383
KYD 0.949227
KZT 541.587766
LAK 25792.037903
LBP 102002.181385
LKR 382.782862
LRD 206.164383
LSL 19.239009
LTL 3.369131
LVL 0.690191
LYD 7.288719
MAD 10.666953
MDL 20.132299
MGA 5047.201417
MKD 61.593826
MMK 2396.138529
MNT 4100.817242
MOP 9.200778
MRU 45.460836
MUR 54.015819
MVR 17.629454
MWK 1975.052767
MXN 19.885281
MYR 4.66163
MZN 72.911668
NAD 19.239009
NGN 1557.102301
NIO 41.915669
NOK 10.9236
NPR 175.892568
NZD 1.96678
OMR 0.438645
PAB 1.139052
PEN 3.876361
PGK 5.09512
PHP 70.436793
PKR 316.391986
PLN 4.311306
PYG 6886.458579
QAR 4.140935
RON 5.229742
RSD 117.387948
RUB 88.770502
RWF 1678.364579
SAR 4.276069
SBD 9.220692
SCR 15.363408
SDG 685.184361
SEK 11.029983
SGD 1.471341
SLE 27.641148
SOS 650.912871
SRD 43.121954
STD 23616.784271
STN 24.515013
SVC 9.966584
SZL 19.236201
THB 38.258539
TJS 10.507649
TMT 3.993566
TND 3.37623
TRY 54.037049
TTD 7.739112
TWD 36.90454
TZS 3006.582083
UAH 51.045778
UGX 4293.798799
USD 1.141019
UYU 45.739814
UZS 13785.106271
VES 845.838791
VND 30025.90822
VUV 135.408239
WST 3.145013
XAF 656.373335
XAG 0.019205
XAU 0.000279
XCD 3.08366
XCG 2.052856
XDR 0.816318
XOF 656.381969
XPF 119.331742
YER 272.189869
ZAR 19.051167
ZMK 10270.53691
ZMW 21.100661
ZWL 367.40757
  • AEX

    7.0900

    1097.13

    +0.65%

  • BEL20

    -2.8700

    5731.94

    -0.05%

  • PX1

    60.2800

    8432.7

    +0.72%

  • ISEQ

    150.6400

    13721.51

    +1.11%

  • OSEBX

    -23.4900

    1984.03

    -1.17%

  • PSI20

    -76.4800

    9138.35

    -0.83%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    25.3600

    4553.8

    +0.56%

  • N150

    7.2000

    4243.58

    +0.17%

Frère et soeur à Kaboul, mais deux destins soudainement séparés
Frère et soeur à Kaboul, mais deux destins soudainement séparés / Photo: Ahmad SAHEL ARMAN - AFP

Frère et soeur à Kaboul, mais deux destins soudainement séparés

"J'aurais préféré que Dieu n'ait pas créé de filles": Marwa n'était qu'à quelques mois de devenir la première femme de sa famille afghane à aller à l'université - au lieu de cela, elle va regarder avec désespoir son frère s'y rendre sans elle.

Taille du texte:

Ils ont 20 et 19 ans. Hamid suit des cours en administration dans un institut public, Marwa était inscrite à l'université pour devenir sage-femme et devait commencer les cours après les vacances d'hiver, en mars.

Mais mardi soir, l'annonce brutale par le régime taliban de fermer les universités du pays, privées comme publiques, aux femmes pour une durée indéterminée a scellé l'avenir de Marwa et séparé les chemins des deux frère et soeur pourtant proches, élevés au sein d'une même famille pauvre.

"S'ils avaient ordonné la décapitation des femmes tout de suite, cela aurait été mieux", fond en larmes Marwa que l'AFP a rencontré dans la maison familiale à Kaboul.

"J'aurais préféré que nous ne soyons pas nées si c'est pour être si malheureuses, que Dieu n'ait pas créé de filles", poursuit, rongée par le désarroi, la jeune fille qui espérait qu'entre les 20 ans qui ont séparé leurs deux règnes, les talibans "changent".

"Nous sommes traitées pire que des animaux. Les animaux peuvent aller n'importe où, mais nous, les filles, nous n'avons même pas le droit de sortir de chez nous", résume Marwa sous le regard impuissant de son aîné.

Après avoir terminé son cursus, Marwa avait l'intention de se rendre dans les régions reculées d'Afghanistan où les femmes sont privées de services de santé.

- "Avenir misérable" -

Depuis leur retour au pouvoir il y a seize mois, les talibans ont interdit aux femmes de voyager seules, de fréquenter les parcs ou encore d'occuper de nombreux emplois publics.

Cette nouvelle mesure a suscité l'indignation du monde entier, y compris des nations musulmanes qui l'ont jugée contraire à l'islam.

Pour justifier l'exclusion des étudiantes, le ministre de l'Enseignement supérieur Neda Mohammad Nadeem a notamment expliqué qu'elles n'étaient pas assez couvertes dans les établissements.

En réalité, les religieux à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui conseillent le chef suprême du mouvement, Hibatullah Akhundzada, restent profondément sceptiques à l'égard de l'éducation moderne, en particulier pour les filles et les femmes, qui ont également été interdites d'école secondaire dans la majeure partie du pays.

Dans la froide maison où s'entassent les dix membres de la famille, la jeune fille ainsi que sa jeune soeur de 17 ans, privée de lycée, ont pu notamment compter sur le soutien de leur père, vendeur de fruits et légumes ambulant, et de leur frère.

"Comment peuvent-ils dire qu'elles ne portaient pas le hijab? Si elles n'étaient pas masquées et en hijab, elles n'étaient pas autorisées à entrer", s'indigne Hamid, habillé à l'occidentale d'un jean et d'une veste.

"Lorsque les universités ont ouvert leurs portes sous le régime des talibans, des jours différents étaient prévus pour les garçons et les filles", insiste-t-il.

"Je voulais que ma sœur atteigne ses objectifs à mes côtés, qu'elle réussisse et aille de l'avant. Les filles travaillent dur, mais que pouvons nous dire ?", déplore l'étudiant, à la recherche d'un emploi pour aider sa famille qui manque d'argent pour se chauffer.

Occupée à bercer le dernier né de ses 8 enfants (quatre garçons et quatre filles), la timide mère de famille, qui souhaitait un meilleur destin pour ses filles, voit ses espérances anéanties.

Née sous le premier régime taliban (1996-2001), la quadragénaire n'a pas eu le droit de dépasser l'école primaire.

"D'un côté, je suis heureuse que mon fils puisse poursuivre son objectif, de l'autre, j'ai le cœur brisé de voir que ma fille ne peut pas faire de même", commente-t-elle.

"Si ma fille n'atteint pas ses objectifs, elle aura le même avenir misérable que le mien".

(P.Werner--BBZ)