Berliner Boersenzeitung - Visa pour l'image explore l'adaptation humaine aux crises de l'environnement

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Visa pour l'image explore l'adaptation humaine aux crises de l'environnement
Visa pour l'image explore l'adaptation humaine aux crises de l'environnement / Photo: Valentine CHAPUIS - AFP

Visa pour l'image explore l'adaptation humaine aux crises de l'environnement

La mer d'Aral "est partie mais pas les habitants". Au festival Visa pour l'Image, la photojournaliste Anush Babajanyan montre l'adaptation des populations locales au changement climatique aux confins de l'Ouzbékistan et du Kazakhstan.

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A l'instar d'autres reporters exposés à Perpignan pour le festival international de photojournalisme, Anush Babajanyan braque son objectif sur les effets du réchauffement climatique ou de l'intervention humaine sur l'environnement.

Certains explorent même de possibles solutions.

Comme le photographe sud-africain de Getty Images, Brent Stirton, qui a fait douze voyages depuis 2007 au coeur du centenaire Parc national des Virunga, le plus ancien et le plus grand d'Afrique, aux mains d'une quinzaine de groupes armés, dont beaucoup ont pillé ses richesses, entre Rwanda, Ouganda et République démocratique du Congo (RDC).

Sur ses clichés, on voit un éléphant décapité pour son ivoire ou un gorille massacré dans la jungle, mais aussi des rangers patrouillant pour lutter contre la production illégale de charbon de bois ou arrêtant des braconniers.

Le parc "a pour politique de rétablir la sécurité", explique Brent Stirton à l'AFP. Ses rangers interviennent en cas d'attaque et une force aérienne "évacue les blessés, protège les rangers et surveille les animaux".

Avec sa biosphère unique, le plus grand groupe de gorilles de montagne au monde, mais aussi des éléphants, des chimpanzés, des lions et des hippopotames, il y a, selon lui "un potentiel énorme pour le tourisme". Des usines de savon, chocolat et café prospèrent grâce aux centrales électriques qui ont été érigées et "les locaux voient ça d'un très bon oeil".

- Retrait et montée des eaux -

Sur la mer d'Aral, dont l'eau saumâtre se retire depuis les années 1960, "tout l'écosystème pâtit de ce lent processus mais là-bas, les gens disent: +la mer est partie, pas les habitants+ alors ils ont trouvé d'autres manières de vivre", souligne la photographe arménienne Anush Babajanyan.

Sur cette photo, une fillette examine les plants de saxaoul noir adaptés à son jardin désertique, sur cette autre, un quadragénaire s'occupe de ses ruches tandis que, plus loin, une famille se regroupe autour des chameaux qu'elle élève. Un barrage a été construit, une écloserie reconstitue les populations de poissons et un laboratoire tente d'identifier les cultures adaptées aux sols salins, autant d'images des "efforts concrets" des populations locales.

Au milieu du paysage désertique qui avance sur la mer d'Aral, trois baigneuses profitent d'une source jaillissante d'eau naturelle. Un cliché dont la photographe veut faire un "symbole de la résilience humaine au changement de leur environnement".

A Jakarta, à force "de pomper l'eau souterraine, la surface s'affaisse" et la ville est lentement en train de sombrer, explique à l'AFP la photographe néerlandaise Cynthia Boll, qui expose des clichés d'Indonésiens, de l'eau jusqu'à la poitrine, dans les rues inondées.

"La seule solution est d'arrêter de pomper" mais l'ancien gouvernement indonésien a décidé de déplacer sa capitale sur l'île de Bornéo où Nusantara, un projet pharaonique qui reste désespérément vide. "C'est le contraste entre la vie dans la ville sous un grand stress et une possible solution", dit-elle, qui veut "éveiller les consciences" sur les villes "qui sombrent".

- "Voter avec sa fourchette" -

Le photographe américain de l'AFP Josh Edelson aussi appelle les "gens à réfléchir" aux conséquences du changement climatique avec ses gigantesques clichés des mégafeux en Californie.

"Les gens ne semblent pas s'en soucier tant que ça ne les affecte pas", dit le reporter qui a constaté une "aggravation" des incendies en dix ans de couverture.

Avec ses images de mégafermes, de surpêche ou d'énormes élevages, l'Américain George Steinmetz a pris de la hauteur, en parapente motorisé ou avec un drone, pour faire toute "la transparence" sur l'alimentation mondiale et son "impact significatif sur l'environnement".

"C'est intéressant de savoir d'où vient ce que vous mangez", dit-il, "on doit être conscient de ses choix quand on fait ses courses". Car "on vote trois fois par jour avec sa fourchette".

(A.Lehmann--BBZ)