Berliner Boersenzeitung - Des ours polaires aux eaux souterraines, "aucun écosystème n'échappe" aux "polluants éternels"

EUR -
AED 4.206023
AFN 72.72297
ALL 93.511654
AMD 421.701583
ANG 2.050504
AOA 1050.793343
ARS 1645.459316
AUD 1.634729
AWG 2.061495
AZN 1.945989
BAM 1.929992
BBD 2.307839
BDT 140.660272
BGN 1.936523
BHD 0.431888
BIF 3425.517525
BMD 1.145275
BND 1.46797
BOB 7.946734
BRL 5.830367
BSD 1.145877
BTN 108.297806
BWP 15.353685
BYN 3.172378
BYR 22447.39
BZD 2.304582
CAD 1.620095
CDF 2657.038139
CHF 0.92276
CLF 0.025775
CLP 1014.438637
CNY 7.739139
CNH 7.775198
COP 3934.019625
CRC 521.920702
CUC 1.145275
CUP 30.349788
CVE 109.20206
CZK 23.824068
DJF 203.53812
DKK 7.371151
DOP 67.11305
DZD 152.182966
EGP 57.158611
ERN 17.179125
ETB 181.382953
FJD 2.558201
FKP 0.854908
GBP 0.867886
GEL 3.029251
GGP 0.854908
GHS 12.938973
GIP 0.854908
GMD 83.604714
GNF 10052.650185
GTQ 8.734279
GYD 239.694722
HKD 8.975829
HNL 30.575632
HRK 7.534073
HTG 149.648846
HUF 344.326519
IDR 20327.027865
ILS 3.367281
IMP 0.854908
INR 108.01031
IQD 1500.31025
IRR 1574753.124934
ISK 142.392076
JEP 0.854908
JMD 181.226578
JOD 0.812022
JPY 183.545206
KES 148.336222
KGS 100.154026
KHR 4595.407995
KMF 486.741659
KPW 1030.747901
KRW 1731.501185
KWD 0.352857
KYD 0.95493
KZT 558.802625
LAK 25230.408025
LBP 102559.376312
LKR 383.87998
LRD 208.611647
LSL 18.547566
LTL 3.381699
LVL 0.692766
LYD 7.301151
MAD 10.588087
MDL 19.995612
MGA 4810.154941
MKD 60.798799
MMK 2405.015416
MNT 4099.376896
MOP 9.24517
MRU 45.902674
MUR 53.977086
MVR 17.706231
MWK 1988.197695
MXN 19.881699
MYR 4.655319
MZN 73.185483
NAD 18.55565
NGN 1556.565759
NIO 41.928632
NOK 11.163774
NPR 173.275391
NZD 1.99251
OMR 0.440356
PAB 1.145877
PEN 3.908263
PGK 5.025181
PHP 69.143698
PKR 318.727956
PLN 4.177585
PYG 6992.494033
QAR 4.169376
RON 5.161796
RSD 115.754152
RUB 83.572488
RWF 1704.1692
SAR 4.296951
SBD 9.232547
SCR 16.165698
SDG 687.736863
SEK 10.992475
SGD 1.468277
SHP 0.855063
SLE 28.34589
SLL 24015.848309
SOS 654.533283
SRD 42.755436
STD 23704.880199
STN 24.508885
SVC 10.026016
SYP 126.589648
SZL 18.549882
THB 37.26095
TJS 10.622157
TMT 4.019915
TND 3.334755
TOP 2.757548
TRY 53.183565
TTD 7.783911
TWD 36.143164
TZS 3006.350277
UAH 51.3185
UGX 4239.310523
USD 1.145275
UYU 46.261776
UZS 13749.026212
VES 682.625584
VND 30150.50965
VUV 136.275014
WST 3.137769
XAF 647.301074
XAG 0.017743
XAU 0.000274
XCD 3.095164
XCG 2.065166
XDR 0.805927
XOF 647.08058
XPF 119.331742
YER 273.291276
ZAR 18.855619
ZMK 10308.844751
ZMW 20.253168
ZWL 368.778083
  • AEX

    -1.3000

    1081.41

    -0.12%

  • BEL20

    -54.7500

    5648.88

    -0.96%

  • PX1

    37.1000

    8467.98

    +0.44%

  • ISEQ

    48.0800

    13786.23

    +0.35%

  • OSEBX

    -24.4000

    1927.39

    -1.25%

  • PSI20

    -50.0000

    9040.4

    -0.55%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.3500

    4200.66

    -2.06%

  • N150

    -44.0500

    4232.51

    -1.03%

Des ours polaires aux eaux souterraines, "aucun écosystème n'échappe" aux "polluants éternels"
Des ours polaires aux eaux souterraines, "aucun écosystème n'échappe" aux "polluants éternels" / Photo: Ekaterina ANISIMOVA - AFP/Archives

Des ours polaires aux eaux souterraines, "aucun écosystème n'échappe" aux "polluants éternels"

Inventés depuis moins d'un siècle, les PFAS, ces molécules surnommées "polluants éternels" qu'une proposition de loi débattue jeudi veut restreindre, sont désormais détectés sur toute la planète, des neiges de l'Antarctique au foie des ours polaires ou à nos eaux souterraines. Et seule la "partie émergée de l'iceberg" est connue.

Taille du texte:

"Aucun écosystème n'échappe aux contaminations" des substances per- et polyfluoroalkylées, désignées par le sigle PFAS, résume pour l'AFP Yann Aminot, chercheur à l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

Depuis six ans, ce spécialiste de la contamination de l'environnement a examiné des thons des océans Indien et Pacifique, des foies de dauphins du Golfe de Gascogne ou des prélèvements de parcs ostréicoles français. "Je crois que je n'ai jamais vu un seul échantillon exempt de contaminants perfluorés", raconte-t-il.

Ces molécules de synthèse, dont la plus connue a donné naissance au Téflon des poêles, ont été développées après-guerre pour conférer aux emballages, peintures et revêtements une résistance exceptionnelle à l'eau ou à la chaleur.

Une qualité devenue une menace: "s'agissant de composés persistants, qui ne se dégradent pas, et qui sont mobiles, ils vont se retrouver dans le milieu marin, qui est toujours le réceptacle ultime des contaminations", détaille le chercheur français.

La prise de conscience de cette dissémination date de 2001, quand une étude américaine fit la synthèse des recherches menées autour des Grands Lacs d'Amérique du Nord, en mer Baltique et en mer Méditerranée: le pygargue à tête blanche, l'ours polaire, l'albatros et diverses espèces de phoques, tous étaient contaminés par le PFOS - un des PFAS utilisé dans les détergents, les mousses anti-incendies, les cires, désormais quasi-interdit, mais toujours présente dans l'environnement.

Depuis, de multiples études ont établi leur diffusion massive, via le transport des molécules dans l'air, l'eau et à travers la chaîne alimentaire, même si les effets restent difficiles à mesurer.

Dans l'estuaire de la Seine, récemment scruté par l'Ifremer, tout est contaminé: du zooplancton assimilé par les coquillages, eux-mêmes consommés par les petits poissons, jusqu'aux soles et bars, prédateurs en bout de chaîne alimentaire.

Une fois dans l'organisme, les PFAS semblent pouvoir atteindre le cerveau des vertébrés et affecter le système nerveux, relevaient en 2021 deux écotoxicologues de Pittsburgh, aux États-Unis. Tandis qu'une étude australienne détectait en 2022 leur présence dans des œufs de tortues, établissant une transmission de la femelle à la progéniture.

- "Substitutions regrettables" -

Entre la Norvège et le Groenland, plus de 100 tonnes de PFAS passent annuellement entre l'océan Atlantique Nord et l'Arctique, à travers le détroit de Fram, estime une étude publiée en janvier par l'American Chemical Society (ACS), avec des traces détectées à 3.000 pieds de profondeur.

Si la famille des PFAS contient plus de 4.000 molécules au moins, la contamination mondiale est la "mieux documentée pour une vingtaine d'entre eux, les plus stables", "mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg", résume Yann Aminot.

Les plus détectés sont ceux le PFOS et le PFOA (utilisés notamment pour rendre les plastiques imperméables à l'eau ou à l'huile), fortement restreints depuis 2009 pour le premier et 2019 pour le second, par la Convention de Stockholm.

Mais "les molécules introduites en remplacement ne sont pas moins nocives, ni moins toxiques et pas nécessairement moins persistantes", explique M. Aminot.

Ces alternatives, qualifiées de "substitutions regrettables" par les chimistes environnementaux, sont parfois dégradables, mais vont se lier dans la nature aux PFAS plus robustes et devenir "indirectement persistants", décrit Pierre Labadie, chercheur au CNRS.

"Derrière la famille historique, c'est une vraie jungle, on a du mal à estimer le volume de la partie immergée", ajoute-t-il.

Faute d'avoir une liste à disposition, "on fait des approches détournées, presque de police judiciaire", raconte Yann Aminot, obligé de "chercher à l'aveugle des molécules" dont l'industrie garde le secret.

Mais les PFAS sont-ils nocifs à faible dose ? Si les données manquent encore, Yann Aminot fait le parallèle avec les perturbateurs endocriniens, qui ne suivent pas le principe "la dose fait le poison" et sont toxiques à très faible concentration.

"Un organisme sauvage n'est jamais exposé à un seul PFAS, mais à un cocktail de PFAS et aussi de micropolluants", rajoute Pierre Labadie. Personne ne sait encore évaluer ces effets cumulés, "un véritable défi" pour la science, qui invite à prendre toutes les précautions sans attendre, justifie-t-il.

(A.Lehmann--BBZ)