Berliner Boersenzeitung - Eau, énergie: Sainte-Emilie ou la mue d'une sucrerie française

EUR -
AED 4.258508
AFN 73.052649
ALL 94.746493
AMD 427.523191
ANG 2.076094
AOA 1063.9017
ARS 1657.565213
AUD 1.641065
AWG 2.090121
AZN 1.971378
BAM 1.954078
BBD 2.336641
BDT 142.415706
BGN 1.960691
BHD 0.437511
BIF 3471.810088
BMD 1.159568
BND 1.48629
BOB 8.045909
BRL 5.86544
BSD 1.160177
BTN 109.649358
BWP 15.545299
BYN 3.211969
BYR 22727.532488
BZD 2.333343
CAD 1.625048
CDF 2691.357342
CHF 0.922332
CLF 0.026229
CLP 1032.433269
CNY 7.839317
CNH 7.836303
COP 4048.631617
CRC 528.434251
CUC 1.159568
CUP 30.728552
CVE 110.16885
CZK 24.148177
DJF 206.597909
DKK 7.474627
DOP 68.060014
DZD 154.08225
EGP 58.18666
ERN 17.39352
ETB 187.042945
FJD 2.567226
FKP 0.863732
GBP 0.864765
GEL 3.06705
GGP 0.863732
GHS 13.051497
GIP 0.863732
GMD 84.072602
GNF 10162.130974
GTQ 8.843282
GYD 242.686102
HKD 9.083649
HNL 31.023389
HRK 7.531741
HTG 151.516457
HUF 349.674703
IDR 20551.023382
ILS 3.37737
IMP 0.863732
INR 109.609961
IQD 1519.847335
IRR 1595278.555519
ISK 144.40121
JEP 0.863732
JMD 183.488278
JOD 0.822167
JPY 185.958742
KES 150.071696
KGS 101.403745
KHR 4658.893761
KMF 492.816648
KPW 1043.611592
KRW 1749.336082
KWD 0.357553
KYD 0.966848
KZT 565.776459
LAK 25529.498901
LBP 103892.731395
LKR 388.670787
LRD 211.153894
LSL 18.725857
LTL 3.423903
LVL 0.701411
LYD 7.391549
MAD 10.726538
MDL 20.245156
MGA 4820.751104
MKD 61.631605
MMK 2434.398662
MNT 4147.269075
MOP 9.36055
MRU 46.304588
MUR 54.778191
MVR 17.915646
MWK 2011.726911
MXN 19.948837
MYR 4.717233
MZN 74.108256
NAD 18.725696
NGN 1574.925498
NIO 42.69274
NOK 11.046711
NPR 175.43786
NZD 1.990526
OMR 0.445857
PAB 1.160177
PEN 3.952251
PGK 5.082564
PHP 69.933306
PKR 322.789684
PLN 4.243514
PYG 7079.760066
QAR 4.241298
RON 5.232004
RSD 117.348278
RUB 83.691794
RWF 1720.483606
SAR 4.350808
SBD 9.351963
SCR 16.042513
SDG 696.324105
SEK 10.899348
SGD 1.486795
SHP 0.865735
SLE 28.699244
SLL 24315.565092
SOS 663.009921
SRD 43.504676
STD 24000.716112
STN 24.478425
SVC 10.151141
SYP 128.169482
SZL 18.722337
THB 37.704564
TJS 10.754721
TMT 4.058488
TND 3.396007
TOP 2.791962
TRY 53.673622
TTD 7.881054
TWD 36.539032
TZS 3038.071623
UAH 51.958953
UGX 4292.216941
USD 1.159568
UYU 46.839121
UZS 13933.839207
VES 686.204098
VND 30496.637982
VUV 137.834314
WST 3.178627
XAF 655.379364
XAG 0.016417
XAU 0.000267
XCD 3.133791
XCG 2.090939
XDR 0.815985
XOF 655.385011
XPF 119.331742
YER 276.67096
ZAR 18.774507
ZMK 10437.509391
ZMW 20.505927
ZWL 373.380418
  • AEX

    -1.4000

    1074.17

    -0.13%

  • BEL20

    -15.9100

    5667.59

    -0.28%

  • PX1

    60.3600

    8444.08

    +0.72%

  • ISEQ

    87.9500

    13618.26

    +0.65%

  • OSEBX

    -3.9200

    1956.55

    -0.2%

  • PSI20

    -76.8900

    8968.85

    -0.85%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -82.9800

    4216.55

    -1.93%

  • N150

    -6.0000

    4278.01

    -0.14%

Eau, énergie: Sainte-Emilie ou la mue d'une sucrerie française
Eau, énergie: Sainte-Emilie ou la mue d'une sucrerie française / Photo: FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

Eau, énergie: Sainte-Emilie ou la mue d'une sucrerie française

Produire de l'eau en fabriquant du sucre: dans son usine de Sainte-Émilie, dans la Somme, le groupe Cristal Union accélère sa décarbonation en essorant ses betteraves.

Taille du texte:

Le précieux tubercule s'amoncelle en énormes tas sur le site, planté au milieu des champs alentour. L'usine tourne sans arrêt, pendant toute la campagne sucrière, de mi-septembre à janvier, les betteraves étant transformées à mesure qu'elles sont récoltées.

Il s'écoule en moyenne huit heures entre le premier rinçage des racines blanches et l'obtention d'un sucre prêt à l'emploi. Une odeur puissante imprègne les lieux, allant, selon les étapes de la fabrication, d'un mélange de terre et de chou fermenté à un arôme de sucre caramélisé.

Depuis 2018, le site de Sainte-Émilie ne puise plus une goutte d'eau dans les nappes phréatiques et constitue même des stocks pour les agriculteurs en été.

"La première production d'une sucrerie, c'est de l'eau, puisqu'une betterave contient entre 75 et 78% d'eau pour en moyenne 18% de sucre et de la pulpe", explique Pascal Hamon, directeur industriel du deuxième groupe sucrier français (marque Daddy).

- Infusion de "cossettes" -

"Donc, au fil des années, nous avons travaillé pour devenir progressivement autonomes en eau, mais aussi pour réduire notre consommation d'énergie", poursuit-il.

Au cœur de l'usine, où grondent les machines dans une chaleur étouffante, il explique que la clé de cette autonomie réside dans le processus industriel lui-même.

Comment la betterave devient-elle sucre? Le tubercule blanc encore maculé de terre est d'abord rincé, puis découpé en "cossettes" — sortes de frites d'environ 5 cm — qui sont plongées dans un bain d'eau chaude : c'est "l'infusion" qui permet au sucre de migrer dans une eau chauffée à 70°C. Ensuite, le liquide est épaissi pour donner un sirop sucré, avant la dernière phase, celle de "la cristallisation", où le sucre se forme.

A chaque étape, l'eau — sous forme liquide ou de vapeur — est récupérée, traitée et stockée dans d'immenses bassins tout proches de l'usine.

"Ici on traite 1,8 tonne de betteraves par an et on parvient à stocker 700.000 m3 d'eau: une partie est gardée pour redémarrer l'usine à la campagne suivante, une partie est mise à disposition de nos agriculteurs coopérateurs pour leurs cultures", explique Thibaut Vaissière, directeur du site de Sainte-Émilie.

Cinq des huit sucreries de Cristal Union sont déjà autonomes en eau et elles le seront toutes d'ici un an, estime le groupe, qui produit aussi de l'alcool et de l'éthanol.

Avec l'eau, l'énergie est le deuxième axe majeur de travail du groupe coopératif, qui élimine progressivement les combustibles les plus polluants de ses sites. Pour cela, le groupe, qui a fermé deux usines et réorganisé son outil industriel en 2020, s'appuie sur ses bons résultats, portés par les prix élevés du sucre.

Après avoir "réduit sa consommation énergétique de 15% depuis 2010", la sucrerie de Sainte-Émilie a investi en 2023 dans une nouvelle unité de séchage de ses pulpes de betteraves, essentiellement destinées à l'alimentation du bétail.

La chaleur de la vapeur d'eau émise par la chaudière de la sucrerie, qui se perdait autrefois dans l'atmosphère, est récupérée : elle sert à chauffer l'air dans un immense cylindre de 400 tonnes où les pulpes sont déshydratées.

- Produire de l'énergie ? -

Surmontant le vacarme du sécheur, Thibaut Vaissière explique: "Avant, on envoyait les pulpes sur un autre site qui fonctionnait au charbon. Aujourd'hui, on sèche 75 tonnes de pulpe par heure, en émettant 40.000 tonnes de CO2 de moins".

"La première décarbonation c'est l'énergie que nous ne consommons pas", résume le directeur industriel du groupe, estimant que Cristal Union a pris "une longueur d'avance" sur ses concurrents en engageant "il y a plus de 20 ans un travail de maîtrise de sa consommation d'eau et d'énergie".

Le sécheur innovant de Sainte-Émilie a vocation à être installé sur d'autres sites du groupe, qui réfléchit à la prochaine étape pour parvenir à la neutralité carbone en 2050.

"Nous produisons déjà de l'eau, nous pourrions demain produire de l'énergie", souligne Pascal Hamon.

Cristal Union a ainsi lancé l'expérimentation de panneaux solaires flottants sur ses bassins de stockage d'eau à Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) et envisage "de brûler de la pulpe pour en faire (sa) source d'énergie principale, en lieu et place du gaz naturel" des actuelles chaudières.

Le premier groupe sucrier français, Tereos, qui a réduit de "28% sa consommation d'eau dans ses sucreries" entre 2019 et 2023, a, lui, annoncé en mars dernier des investissements massifs pour décarboner ses activités, notamment basés sur l'électrification des procédés de production.

(F.Schuster--BBZ)