Berliner Boersenzeitung - Vingt ans après le tsunami, la peur n'a jamais quitté les survivants d'Akkaraipettai

EUR -
AED 4.235108
AFN 72.638695
ALL 95.986116
AMD 435.092592
ANG 2.063949
AOA 1057.292369
ARS 1577.236365
AUD 1.673475
AWG 2.078266
AZN 1.958134
BAM 1.955386
BBD 2.320668
BDT 141.373711
BGN 1.970817
BHD 0.435957
BIF 3424.38207
BMD 1.152991
BND 1.480725
BOB 7.979516
BRL 6.049975
BSD 1.152186
BTN 108.575339
BWP 15.841123
BYN 3.460157
BYR 22598.615681
BZD 2.317349
CAD 1.59725
CDF 2635.149736
CHF 0.916506
CLF 0.027072
CLP 1068.948607
CNY 7.966185
CNH 7.980055
COP 4255.61911
CRC 534.200663
CUC 1.152991
CUP 30.554251
CVE 110.542933
CZK 24.511426
DJF 204.909943
DKK 7.471979
DOP 68.605777
DZD 153.395731
EGP 60.817599
ERN 17.294859
ETB 181.192506
FJD 2.594811
FKP 0.862247
GBP 0.865314
GEL 3.107286
GGP 0.862247
GHS 12.636424
GIP 0.862247
GMD 84.719455
GNF 10120.377686
GTQ 8.814361
GYD 241.055175
HKD 9.023247
HNL 30.577003
HRK 7.535828
HTG 150.891941
HUF 388.338432
IDR 19510.445669
ILS 3.602059
IMP 0.862247
INR 108.645093
IQD 1510.417681
IRR 1514222.549315
ISK 143.339936
JEP 0.862247
JMD 181.081615
JOD 0.817484
JPY 184.182756
KES 149.773716
KGS 100.828779
KHR 4629.257123
KMF 492.326899
KPW 1037.758177
KRW 1739.332384
KWD 0.35421
KYD 0.960221
KZT 555.084372
LAK 25063.132529
LBP 103250.307387
LKR 362.372615
LRD 211.803486
LSL 19.658594
LTL 3.404482
LVL 0.697433
LYD 7.35573
MAD 10.768576
MDL 20.238324
MGA 4813.735514
MKD 61.653053
MMK 2421.261549
MNT 4132.119635
MOP 9.284814
MRU 46.246593
MUR 53.751971
MVR 17.825775
MWK 2001.591211
MXN 20.574308
MYR 4.605027
MZN 73.687834
NAD 19.658789
NGN 1598.632905
NIO 42.337441
NOK 11.175356
NPR 173.720942
NZD 2.002185
OMR 0.443309
PAB 1.152181
PEN 3.988767
PGK 4.968807
PHP 69.448107
PKR 321.972295
PLN 4.27801
PYG 7540.995323
QAR 4.215912
RON 5.097026
RSD 117.441351
RUB 93.822176
RWF 1683.36627
SAR 4.326033
SBD 9.272321
SCR 15.995702
SDG 692.947394
SEK 10.884917
SGD 1.482394
SHP 0.865042
SLE 28.306224
SLL 24177.648784
SOS 658.93198
SRD 43.308612
STD 23864.577457
STN 24.616349
SVC 10.082038
SYP 128.492581
SZL 19.658268
THB 38.014217
TJS 11.02665
TMT 4.046997
TND 3.370773
TOP 2.776124
TRY 51.145977
TTD 7.820546
TWD 36.875174
TZS 2968.95063
UAH 50.55856
UGX 4286.184377
USD 1.152991
UYU 46.710504
UZS 14054.955391
VES 537.314539
VND 30382.455194
VUV 137.232784
WST 3.170183
XAF 655.832201
XAG 0.01708
XAU 0.000263
XCD 3.116015
XCG 2.076605
XDR 0.813367
XOF 653.172449
XPF 119.331742
YER 275.161365
ZAR 19.752487
ZMK 10378.307533
ZMW 21.632883
ZWL 371.262501
  • AEX

    -12.3900

    970.78

    -1.26%

  • BEL20

    -46.9900

    5006.12

    -0.93%

  • PX1

    -76.8900

    7769.31

    -0.98%

  • ISEQ

    -336.2700

    12026.59

    -2.72%

  • OSEBX

    7.9200

    1988.05

    +0.4%

  • PSI20

    -17.1300

    8997.09

    -0.19%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -3.6200

    3621.06

    -0.1%

  • N150

    -14.9700

    3822.84

    -0.39%

Vingt ans après le tsunami, la peur n'a jamais quitté les survivants d'Akkaraipettai
Vingt ans après le tsunami, la peur n'a jamais quitté les survivants d'Akkaraipettai / Photo: R. Satish BABU - AFP

Vingt ans après le tsunami, la peur n'a jamais quitté les survivants d'Akkaraipettai

C'était il y a 20 ans, mais la peur ne l'a plus jamais quittée. Depuis le tsunami meurtrier qui a déferlé sur les côtes de l'océan Indien, détruit sa maison et tué sa fille, M Lakshmi s'affole dès que la pluie redouble ou le vent forcit.

Taille du texte:

Ce 26 décembre 2004, son père était venu, comme tous les dimanches, chercher sa petite fille Yashoda, pour passer la journée avec elle dans leur maison voisine d'Akkaraipettai, sur la côte sud de l'Etat indien du Tamil Nadu.

Quelques heures plus tard, Lakshmi a d'abord entendu le bruit fracassant puis aperçu au large l'écume de l'énorme vague - jusqu'à 40 m de haut en certains points - qui approchait de la côte.

La mère de famille se souvient encore de tous ces gens balayés par les flots ou désespérément cramponnés à ce qu'ils pouvaient pour y échapper.

"Certains étaient entièrement nus ou n'avaient déjà plus grand chose sur eux", décrit-elle.

Provoqué par un séisme sous-marin d'une magnitude de 9,1 sur l'échelle ouverte de Richter au large de l'île indonésienne de Sumatra, ce tsunami "historique" a causé 220.000 morts, dont 10.749 en Inde, selon le bilan officiel.

Aucun raz-de-marée n'a depuis atteint les mêmes proportions dantesques en Asie.

Mais, selon les scientifiques, le réchauffement climatique, et de la température des océans, a accru le risque de répétition des cyclones d'intensité exceptionnelle dans l'océan Indien.

Lakshmi en est elle aussi persuadée. Même si elle a été contrainte de quitter sa maison sur la côte pour vivre à l'intérieur des terres, elle redoute plus que jamais les colères de la météo.

"Aujourd'hui, les étés sont beaucoup plus sévères et les pluies plus fortes", constate-t-elle.

"Les vents forts nous font peur. Et chaque fois que la pluie est forte, l'eau stagne tout autour de nous", confirme son pêcheur de mari Maragathavel, 49 ans. "Ces jours-là, c'est comme si la mer n'en avait toujours pas fini avec nous".

- "J'ai très peur" -

A chaque alerte météo émise par les autorités, la famille se calfeutre dans sa maison.

"Les alertes nous sont très utiles", confie son épouse, "mais la peur de ce que la pluie ou le vent peut nous apporter ne nous quitte plus".

Ces alertes, leur voisin et pêcheur P Mohan confie en suivre à la lettre les recommandations.

"Je ne sais rien faire d'autre que pêcher", dit-il. "Mais dès que j'entends un avertissement, je ne sors plus de chez moi. Et jusqu'à ce que la pluie ou le cyclone soit passé, j'ai très peur".

Le 26 décembre 2004, il a été grièvement blessé par le tsunami - il en garde une tige de métal dans la jambe - et sa mère a été tuée.

Mais Mohan ignore toujours dans quelles circonstances exactes et n'a jamais pu voir son corps. "Est-ce qu'elle a été enterrée avec d'autres personnes non-identifiées ? Est-ce que son corps est toujours dans la mer ? Je n'en sais rien..."

Ses voisins ont certifié avoir vu sa mère sur la plage juste avant l'arrivée de la vague. Et des amis lui ont assuré l'avoir reconnue à la morgue.

"Mais c'était plusieurs jours plus tard, les visages et les corps étaient gonflés et défigurés. Ils ne pouvaient pas la reconnaître", assure le pêcheur.

Sur la côte engloutie par le tsunami, la vie a lentement repris, la peur toujours au ventre.

Un mur a été construit pour défendre la côte et un temple érigé pour accueillir ceux qui ont préféré confier leur protection à un dieu.

"La mer protège ceux qui font le bien", professe C Bhagyam, 68 ans, qui a refusé de quitter la côte balayée il y a 20 ans. Elle en est désormais persuadée, la tragédie est derrière elle.

"Dieu ne peut pas contrôler la nature", estime, plus prudent, le pêcheur Mohan. Fataliste, il répète que "ce qui doit arriver arrivera".

(K.Müller--BBZ)