Berliner Boersenzeitung - 2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan

EUR -
AED 4.246168
AFN 73.421127
ALL 96.080579
AMD 437.405912
ANG 2.069706
AOA 1060.240841
ARS 1591.813902
AUD 1.665343
AWG 2.083773
AZN 1.966007
BAM 1.955388
BBD 2.336928
BDT 142.389987
BGN 1.976314
BHD 0.436478
BIF 3446.288495
BMD 1.156206
BND 1.483194
BOB 8.017275
BRL 6.044181
BSD 1.160265
BTN 109.136524
BWP 15.811804
BYN 3.438805
BYR 22661.643378
BZD 2.333628
CAD 1.599178
CDF 2636.150356
CHF 0.915293
CLF 0.026874
CLP 1061.119847
CNY 7.979553
CNH 7.98805
COP 4279.524169
CRC 539.48862
CUC 1.156206
CUP 30.639467
CVE 110.241287
CZK 24.455613
DJF 206.619129
DKK 7.471735
DOP 69.955557
DZD 153.424549
EGP 61.001685
ERN 17.343094
ETB 181.171096
FJD 2.599441
FKP 0.864652
GBP 0.8656
GEL 3.115955
GGP 0.864652
GHS 12.685271
GIP 0.864652
GMD 85.038269
GNF 10169.900368
GTQ 8.88009
GYD 242.747784
HKD 9.046222
HNL 30.724657
HRK 7.536496
HTG 152.148588
HUF 387.349347
IDR 19537.573969
ILS 3.613318
IMP 0.864652
INR 108.675064
IQD 1520.08617
IRR 1518272.295998
ISK 143.196406
JEP 0.864652
JMD 182.762268
JOD 0.819755
JPY 184.379062
KES 149.962063
KGS 101.109316
KHR 4653.039354
KMF 493.700316
KPW 1040.652492
KRW 1739.801927
KWD 0.355406
KYD 0.9669
KZT 559.824421
LAK 25015.9435
LBP 103748.72112
LKR 364.916239
LRD 212.914201
LSL 19.544649
LTL 3.413977
LVL 0.699378
LYD 7.398537
MAD 10.813374
MDL 20.287899
MGA 4836.02249
MKD 61.669071
MMK 2428.014465
MNT 4143.644146
MOP 9.343371
MRU 46.230455
MUR 53.913328
MVR 17.863527
MWK 2011.993314
MXN 20.578332
MYR 4.617858
MZN 73.877671
NAD 19.544565
NGN 1602.628577
NIO 42.701184
NOK 11.179241
NPR 174.619949
NZD 1.997341
OMR 0.444557
PAB 1.160255
PEN 4.012272
PGK 5.012965
PHP 69.58686
PKR 323.840542
PLN 4.27183
PYG 7549.474017
QAR 4.23139
RON 5.095979
RSD 117.426623
RUB 95.184232
RWF 1694.250213
SAR 4.337549
SBD 9.298254
SCR 16.100424
SDG 694.880448
SEK 10.83654
SGD 1.483586
SHP 0.867454
SLE 28.384666
SLL 24245.080415
SOS 663.063107
SRD 43.173321
STD 23931.135931
STN 24.494943
SVC 10.152904
SYP 128.850948
SZL 19.555047
THB 37.947817
TJS 11.10971
TMT 4.046722
TND 3.404768
TOP 2.783867
TRY 51.298213
TTD 7.889371
TWD 36.885273
TZS 2977.299425
UAH 50.943403
UGX 4293.07654
USD 1.156206
UYU 46.969897
UZS 14151.078431
VES 534.271782
VND 30464.301558
VUV 137.615528
WST 3.179024
XAF 655.821602
XAG 0.016987
XAU 0.000261
XCD 3.124706
XCG 2.091168
XDR 0.815635
XOF 655.827273
XPF 119.331742
YER 275.928661
ZAR 19.665105
ZMK 10407.23896
ZMW 21.726608
ZWL 372.297955
  • AEX

    -11.1100

    971.9

    -1.13%

  • BEL20

    -50.5300

    5002.2

    -1%

  • PX1

    -77.6800

    7768.76

    -0.99%

  • ISEQ

    -259.6100

    12102.79

    -2.1%

  • OSEBX

    0.4000

    1980.54

    +0.02%

  • PSI20

    -19.8300

    8994.78

    -0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    80.4500

    3624.57

    +2.27%

  • N150

    -21.4900

    3816

    -0.56%

2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan
2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan / Photo: Arif ALI - AFP/Archives

2024-2025, un long hiver irrespirable au Pakistan

Pendant au moins 120 jours d'affilée, des dizaines de millions de Pakistanais ont dû survivre dans un air irrespirable, selon des données analysées par l'AFP qui révèlent les détails du pire hiver traversé par le pays, l'un des plus pollués au monde.

Taille du texte:

Pendant six mois sans discontinuer à Lahore et quatre mois à Islamabad et dans la capitale économique Karachi, la concentration moyenne de particules fines a été au moins 20 fois supérieure à celle tolérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Depuis leur installation en 2018, les capteurs de l'ambassade américaine s'affolent chaque hiver quand le "smog", ce brouillard de pollution piégée dans de l'air froid, enveloppe Lahore (est) et ses 14 millions d'habitants.

Cette année, ils sont passés dans le rouge dès octobre, un mois plus tôt qu'auparavant et dans des villes où le smog était autrefois plus clément.

En novembre, 80% des 240 millions de Pakistanais assuraient à l'institut de sondage Ipsos avoir été touchés par cet épais nuage que la NASA voit désormais depuis l'espace et qui brûle la gorge, pique les yeux et peut provoquer angine ou asthme.

Un tiers en avaient subi des conséquences directes, sur leur santé, ou indirectes: écoles fermées, chômage technique, interdiction de circuler...

Au nom de ses concitoyens, Risha Rashid, militante du climat de 21 ans, a décidé de poursuivre les autorités pour faire valoir le "droit à respirer un air pur" qu'elles ont inscrit en 2023 dans la Constitution.

Asthmatique, l'étudiante a dû se confiner une grande partie de l'hiver ratant jusqu'à ses examens. Elle dit porter plainte à Islamabad parce que la capitale "est en train de devenir un deuxième Lahore" et que "rien n'est fait pour y remédier".

- "En guerre" -

Le Pendjab, la province de Lahore, a lancé en 2024 la "guerre contre le smog". Son gouvernement a multiplié par dix le nombre de capteurs d'air, passés de trois à une trentaine, fixes et mobiles.

Il a aussi répertorié, pour la première fois de son propre aveu, les usines pour envoyer régulièrement des fonctionnaires contrôler leurs émissions.

Les briqueteries ont par exemple été forcées de changer leur méthode de fabrication.

Le gouvernement a promis de louer à prix coûtant un millier de "super semoirs" pour en finir avec les brûlis agricoles et assure vouloir gérer les déchets pour éviter leur incinération.

Mais il contrôle dans le même temps étroitement les capteurs privés, accusés de donner "des résultats erronés qui sèment la panique". Une hérésie pour les chercheurs qui ont besoin de ces capteurs pour compléter des données gouvernementales, trop parcellaires.

Quant à ses machines anti-smog, elles ne sont que des pansements sur des jambes de bois, estiment les experts.

Les brumisateurs censés faire retomber la poussière en suspension sur les chantiers?

"Les particules fines PM2.5, premier polluant, sont trop petites pour être arrêtées", répond Ahmad Ali Gul, universitaire spécialisé dans la gestion de crise et des risques.

La "tour anti-pollution" censée purifier l'air, inaugurée en décembre et retirée deux mois plus tard, officiellement pour "raisons techniques"?

"C'est comme si vous mettiez un climatiseur en plein air pour lutter contre le changement climatique", rétorque un expert sous couvert d'anonymat. "C'est aussi inefficace que les pluies artificielles déclenchées chaque année par avion".

- "La baignoire déborde" -

"Quand une baignoire déborde, est-ce que vous prenez d'abord une serviette pour éponger ou est-ce que vous fermez le robinet?", lance M. Gul.

Pour lui, "il faut commencer par réduire les émissions avant de parler du meilleur moyen de se protéger du smog".

"Le gouvernement répète: 'l'Inde est responsable', 'les agriculteurs sont des ennemis de la nation', 'les briqueteries sont la principale source de pollution', mais il ne dit jamais un mot sur le transport", poursuit-t-il.

Et cela alors que la feuille de route gouvernementale estime le transport responsable de 83% des émissions à Lahore.

La directrice de la cellule anti-smog, Sabah Ashgar, renvoie la balle dans le camp des constructeurs automobiles.

Elle dit ne pas pouvoir "contraindre" les automobilistes, mais Islamabad promet que 30% des véhicules vendus au Pakistan en 2030 seront électriques, transport en commun inclus.

Pour le moment, les premières voitures électriques chinoises mises sur le marché peinent à s'écouler dans un pays où 40% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

Et les autorités évacuent deux questions: comment vont-elles financer une telle révolution? Et pourquoi ne pas d'abord se débarrasser des carburants de mauvaise qualité utilisés massivement car moins chers?

"Passer à un carburant plus propre aurait un effet immédiat", assure pourtant Frank Hammes, PDG mondial de IQAir, société de surveillance de la qualité de l'air.

D'ailleurs le Pakistan a déjà eu un avant-goût d'air pur: en 2020, lors du confinement anti-Covid quand usines et transports se sont arrêtés.

"La qualité de l'air s'est tellement améliorée que pour la première fois depuis des années, nous pouvions même voir les étoiles à Lahore la nuit", se souvient Umar Masood, directeur du centre Urban Unit, qui analyse les données sur la pollution pour le compte du gouvernement.

Abdul Sattar Babar, directeur d'Ipsos Pakistan, plaide de son côté pour une prise de conscience collective.

Aujourd'hui, 28% des Pakistanais rejettent le changement climatique ou ne se sentent pas personnellement responsables --bien au-dessus de la moyenne mondiale de 19%.

"Lorsque vous arrivez à peine à vivre, les enjeux climatiques ne sont évidemment pas votre préoccupation première", assure-t-il à l'AFP.

(K.Lüdke--BBZ)