Berliner Boersenzeitung - En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts

EUR -
AED 4.301785
AFN 73.208507
ALL 96.29501
AMD 441.512065
ANG 2.096404
AOA 1074.129257
ARS 1648.620407
AUD 1.654241
AWG 2.102575
AZN 1.986881
BAM 1.954659
BBD 2.361871
BDT 143.29878
BGN 1.929972
BHD 0.442004
BIF 3480.482742
BMD 1.171351
BND 1.491129
BOB 8.120397
BRL 6.075678
BSD 1.17264
BTN 107.26937
BWP 15.525134
BYN 3.397845
BYR 22958.48146
BZD 2.358433
CAD 1.602133
CDF 2588.686365
CHF 0.912166
CLF 0.026237
CLP 1036.165316
CNY 8.033301
CNH 8.082551
COP 4436.726542
CRC 551.882489
CUC 1.171351
CUP 31.040804
CVE 110.202069
CZK 24.276427
DJF 208.81897
DKK 7.471557
DOP 70.419486
DZD 152.696121
EGP 57.659714
ERN 17.570266
ETB 183.559027
FJD 2.604792
FKP 0.868734
GBP 0.87343
GEL 3.13899
GGP 0.868734
GHS 12.57596
GIP 0.868734
GMD 84.922518
GNF 10285.170512
GTQ 8.994748
GYD 245.320013
HKD 9.162331
HNL 31.032146
HRK 7.535415
HTG 153.581641
HUF 379.906055
IDR 19751.322163
ILS 3.615083
IMP 0.868734
INR 107.295351
IQD 1536.21618
IRR 1539524.314148
ISK 143.701621
JEP 0.868734
JMD 183.712737
JOD 0.830466
JPY 184.587944
KES 151.256177
KGS 102.429032
KHR 4704.273443
KMF 488.453663
KPW 1054.215993
KRW 1719.391271
KWD 0.359757
KYD 0.977229
KZT 584.181413
LAK 25102.343745
LBP 105012.187582
LKR 362.619829
LRD 215.180691
LSL 18.833404
LTL 3.458695
LVL 0.708538
LYD 7.439751
MAD 10.802885
MDL 20.123251
MGA 4897.161647
MKD 61.636638
MMK 2459.711589
MNT 4179.775218
MOP 9.448399
MRU 46.7555
MUR 54.631673
MVR 18.097338
MWK 2033.512713
MXN 20.304024
MYR 4.599884
MZN 74.855143
NAD 18.833565
NGN 1603.978028
NIO 43.154804
NOK 11.20057
NPR 171.631524
NZD 1.970259
OMR 0.450374
PAB 1.17273
PEN 3.942115
PGK 5.046097
PHP 68.165018
PKR 327.766925
PLN 4.23806
PYG 7569.74189
QAR 4.288787
RON 5.098072
RSD 117.36359
RUB 90.780922
RWF 1713.811588
SAR 4.396077
SBD 9.423733
SCR 16.643158
SDG 704.570125
SEK 10.703953
SGD 1.491792
SHP 0.878817
SLE 28.756666
SLL 24562.646024
SOS 670.208692
SRD 44.185712
STD 24244.602716
STN 24.485913
SVC 10.261272
SYP 129.463555
SZL 18.827088
THB 36.863591
TJS 11.162544
TMT 4.099729
TND 3.414136
TOP 2.820333
TRY 51.486573
TTD 7.946496
TWD 36.908092
TZS 2986.945354
UAH 50.742357
UGX 4256.514791
USD 1.171351
UYU 45.094249
UZS 14294.897856
VES 488.261544
VND 30648.401399
VUV 139.371888
WST 3.18128
XAF 655.577033
XAG 0.012949
XAU 0.000219
XCD 3.165636
XCG 2.113484
XDR 0.810308
XOF 655.582627
XPF 119.331742
YER 279.425396
ZAR 18.8924
ZMK 10543.565244
ZMW 22.398018
ZWL 377.174575
  • AEX

    -10.8900

    1016.15

    -1.06%

  • BEL20

    -77.3000

    5366.22

    -1.42%

  • PX1

    -186.2000

    8394.32

    -2.17%

  • ISEQ

    -244.2000

    12884.83

    -1.86%

  • OSEBX

    22.8900

    1914.86

    +1.21%

  • PSI20

    -3.7100

    9272.47

    -0.04%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -42.3200

    3876.06

    -1.08%

  • N150

    -51.1600

    4041.6

    -1.25%

En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts
En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts / Photo: Glody MURHABAZI - AFP

En RDC, des communautés s'unissent face à la ruée sur leurs forêts

Les chants allègres des travailleurs du village de Romée résonnent encore sous les voûtes de leur cathédrale sylvestre aux piliers à la sève rouge sang. En RDC, les communautés tentent de faire face à la prédation de leurs forêts et à l'anarchie foncière qui engendrent parfois des conflits meurtriers.

Taille du texte:

Les quelque 150 millions d'hectares de forêts en République démocratique du Congo (RDC), un "poumon vert" essentiel à la lutte contre le changement climatique, sont l'enjeu d'âpres disputes entre les communautés locales mais aussi les acheteurs de concessions forestières, destinées notamment aux marchés de compensation carbone.

Après quatre années de bataille administrative, les habitants de la communauté de Yainyongo (nord-est de la RDC), composée de plusieurs villages dont celui de Romée, ont acquis en commun en 2023 deux titres de concession officiels sanctuarisant 11.000 hectares de leur forêt dans la province orientale de la Tshopo.

- L'appétit des "riches" -

Machette en main, Jean-Paul Bitilaongi, jeune habitant de Romée, se réjouit d'échapper aux appétits de ces "riches" investisseurs, congolais ou étrangers, qu'il accuse de piller les ressources de sa précieuse forêt.

"Quand ils arrivent ici, ils ne payent presque rien, peut-être du savon, du sel, et ils récupèrent l'étendue" pour l'exploiter, peste Jean-Paul.

En RDC, les terres appartiennent à l'Etat qui en attribue la concession à des particuliers. L'Etat reconnaît les droits des communautés originelles sur leurs terres, mais celles-ci peinent à les faire respecter dans un pays miné par la corruption.

Toutefois, depuis 2014, le mécanisme de "foresterie communautaire" permet à celles-ci d'acquérir indéfiniment leur propre concession, jusqu'à 50.000 hectares, à condition de la gérer de manière durable.

Un modèle qui vise à limiter la prédation foncière et les dégâts liés à la déforestation, tout en permettant aux communautés d'exploiter leurs ressources.

"Désormais, on gère notre forêt comme on veut", se réjouit Jean-Paul Bitiaongi, au pied de géants abattus par les tronçonneuses.

Avec d'autres jeunes de Romée, il pousse à bout de bras de lourdes billes de bois, qui seront brûlées sur place et transformées en charbon de bois, puis acheminées par des pirogues jusqu'à Kisangani, la capitale provinciale.

Ce commerce est essentiel pour les communautés qui en tirent 8.000 francs congolais (l'équivalent de 3 dollars) par sac, mais alimente la déforestation.

De 2004 à 2022, la RDC a perdu 36% de sa couverture arborée, selon l'observatoire Global Forest Watch.

- "Causer moins de dégâts" -

Rares sont les habitants de Yainyongo à savoir décrire le concept de gestion "durable", souvent perçu comme une fantaisie d'Occidentaux, aux effets parfois néfastes.

La RDC a vu proliférer ces dernières années des projets de compensation carbone destinés aux entreprises.

Mais une étude de l'ONG britannique Rainforest Foundation UK (RFUK) publié en octobre, a révélé "des illégalités généralisées dans l'attribution des projets" et "un manque flagrant de respect" du consentement des communautés, empêchées d'exploiter les arbres de leurs forêts.

A Yainyongo, "l'approche "ne consiste pas à empêcher les activités, mais à les faire d'une manière qui cause beaucoup moins de dégâts", explique Paolo Cerruti, chercheur au Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), ONG qui appuie le projet.

Au lieu d'inciter les villageois à abandonner le lucratif commerce de charbon, le CIFOR promeut des techniques de fertilisation des sols pour sédentariser les agriculteurs et limiter les défrichements.

Dans le village d'Ikongo-école, qui en fait partie, les arbres ont commencé à pousser au milieu des plants de riz patiemment alignés de Yuma Lokotomba

Ces techniques "donnent beaucoup plus de récolte et nous nous sommes mis à cultiver deux à trois fois le même champ", assure ce cultivateur.

Une rupture avec l'agriculture itinérante traditionnelle qui consiste à défricher chaque année une nouvelle parcelle de forêt, alimentant les conflits dans une région en proie à un fort accroissement démographique.

"Comme la terre n'est pas infinievous allez finir par empiéter sur la terre de quelqu'un d'autre", explique Paolo Cerruti.

Des cartes pendues aux murs de son bureau à Kisangani attestent du grignotage inexorable de la forêt par les terres agricoles. De vastes polygones y représentent les concessions forestières qui couvrent 11 millions d'hectares en RDC.

- Machettes et fétiches -

Pourtant, nombre de communautés, de concessions et même d'organisations gouvernementales ne disposent pas d'un titre en bonne et due forme en RDC, selon les spécialistes du secteur.

Le chevauchement des parcelles et des juridictions engendre d'indémêlables conflits fonciers, qui dégénèrent parfois en spirales meurtrières.

Et en 2025, Yainyongo a subi les secousses d'un sanglant conflit communautaire déclenché dans le territoire voisin par l'attribution d'une concession d'exploitation forestière à une société libanaise, sur une terre partagée entre deux communautés locales, les Mbole et les Lengola.

Des politiciens locaux avaient alors accusé les Lengola d'avoir vendu leurs terres, déclenchant une vague de tueries. A Yainyongo, les communautés ont été victimes des mêmes allégations, en raison du soutien d'un partenaire étranger, le CIFOR.

"Comme les blancs venaient toujours me voir, les gens ont raconté que c'est moi qui avait vendu" la forêt, raconte Jérôme Bitilaongi, le doyen du village et l'un des initiateurs du projet de forêt communautaire.

Un matin, des miliciens Mbole, armés de "machettes, de lances et de flèches" et bardés de fétiches, l'ont pris en otage, volé tous ses biens et quarante têtes de bétail dans le village, relate-t-il, sans oser nommer les coupables.

L'intervention du gouverneur et des médiations communautaires ont ramené une paix fragile dans la zone, mais les instigateurs des violences courent toujours.

(K.Lüdke--BBZ)