Berliner Boersenzeitung - Entre méduses et canicules, l'été 2026 met le parc nucléaire d'EDF à l'épreuve

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Entre méduses et canicules, l'été 2026 met le parc nucléaire d'EDF à l'épreuve
Entre méduses et canicules, l'été 2026 met le parc nucléaire d'EDF à l'épreuve / Photo: Sameer Al-DOUMY - AFP

Entre méduses et canicules, l'été 2026 met le parc nucléaire d'EDF à l'épreuve

Avec une production déjà perturbée par les fortes chaleurs, EDF continue d'affronter un été difficile avec l'arrivée massive de méduses qui l'ont obligé mardi à arrêter trois réacteurs de la centrale nucléaire de Gravelines, la plus grande d'Europe occidentale.

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"Plusieurs tonnes de méduses" se sont engouffrées dans les stations de pompages d'eau de mer de la centrale jusqu'à en saturer les tambours filtrants, a expliqué une porte-parole d'EDF à l'AFP.

L'arrivée de méduses avait été constatée depuis quelques jours mais leur prolifération a été beaucoup plus rapide qu'attendu, a-t-elle ajouté.

La centrale compte 6 réacteurs. Conformément aux procédures, les n°2, 3 et 4 ont été arrêtés et la puissance de l'unité de production n°1 a été réduite à 50%. Seul le réacteur n°6 fonctionne à 100%, le n°5 étant en arrêt programmé pour maintenance, a précisé EDF.

"Cette situation n'entraîne aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou sur l'environnement", a assuré EDF dans un communiqué.

Gravelines, située au bord de la mer du Nord, avait déjà été confrontée au même problème il y a exactement un an.

A l'époque, quatre réacteurs s'étaient automatiquement arrêtés à cause de cet incident, et leur redémarrage avait été progressif.

A la suite de ce phénomène, EDF avait renforcé ses mesures de surveillance à Gravelines.

A l'intérieur du site, "des caméras de supervision ont été installées sur plusieurs matériels, notamment les tambours filtrants et le canal d’amenée, permettant une surveillance en continu depuis la salle de commande", selon un communiqué d'EDF de juin 2026.

En mer, un partenariat a été mis en place avec l’association de pêcheurs France Pêche Durable et Responsable et les sauveteurs en mer de la SNSM pour assurer une surveillance visuelle quotidienne, voire une quantification et des opérations de pêches ciblées en cas de prolifération.

Depuis samedi, cette surveillance renforcée avait permis de détecter "quelques dizaines de kilos" de méduses aux abords de la centrale. Mais la situation a empiré, nécessitant d'organiser des captures.

"Trois bateaux de pêche tournent en permanence 24 heures sur 24 pour rejeter les méduses plus au large de la centrale, entre la France et l'Angleterre, dans un courant spécifique", a précisé la porte-parole d'EDF.

La présence de méduses sur le littoral du nord de la France est régulière et saisonnière. Mais le signalement de grands bancs dans ce secteur chaque été devient plus fréquent, selon un expert interrogé l'an dernier par l'AFP.

Parmi les facteurs avancés, l'augmentation de la température des océans liée au réchauffement climatique.

- Investissements en milliards

Cet incident intervient alors que le parc nucléaire français a atteint un record d'indisponibilités liées à la sécheresse et aux canicules, soit 15,6% de capacité de production manquante dimanche, selon des calculs de l'AFP réalisés à partir des données publiées depuis 2015 par EDF.

De fait, jamais autant de puissance nucléaire n'avait manqué en France à cause de conditions climatiques.

Ces perturbations ont réduit la production d'électricité nucléaire d'EDF d'environ 3% en juin et 6% en juillet.

"Mais il y a suffisamment de marge pour que cela ne pose pas de problème d'approvisionnement" à court terme, souligne Nicolas Goldberg, expert en énergie au sein du cabinet Colombus Consulting.

Au mois d'août, la consommation électrique est plus faible. Résultat: la France est encore mardi largement exportatrice d'électricité vers l'Europe, après avoir pulvérisé un solde record de 51 TWh au 1er semestre.

"En revanche, si l’on se projette à plus long terme, notamment avec l’hypothèse d’une prolongation de la durée de vie des réacteurs jusqu’à 70 ou 80 ans, leur adaptation au changement climatique constituera un véritable stress-test dans les 20 à 30 prochaines années, dans un climat plus réchauffé, mais il existe des solutions", assure l'expert.

Des dispositifs de refroidissement supplémentaires déjà disponibles sur la centrale de Civaux (Vienne) seront notamment répliqués sur les deux futurs réacteurs EPR2 prévus au Bugey (Ain), parmi les 6 à construire dans le cadre de la relance du nucléaire.

Sans adaptation, ces restrictions pourraient coûter 1,4% de la production nucléaire annuelle dès 2035, contre une moyenne de 0,3% depuis 2000, selon l'électricien, qui compte investir 8,7 milliards d'euros d'ici à 2040 pour adapter ses installations nucléaires et hydrauliques.

(B.Hartmann--BBZ)