Berliner Boersenzeitung - A Bachtanka, l'armée russe a semé la désolation et la rancoeur

EUR -
AED 4.334737
AFN 75.525529
ALL 95.881466
AMD 441.917063
ANG 2.112211
AOA 1083.31549
ARS 1603.075182
AUD 1.645861
AWG 2.121051
AZN 2.066022
BAM 1.959615
BBD 2.376707
BDT 145.117428
BGN 1.968498
BHD 0.445359
BIF 3498.944146
BMD 1.180082
BND 1.501274
BOB 8.154185
BRL 5.895453
BSD 1.180037
BTN 110.210757
BWP 15.833361
BYN 3.367942
BYR 23129.613917
BZD 2.373311
CAD 1.620141
CDF 2720.089615
CHF 0.922703
CLF 0.026552
CLP 1044.998272
CNY 8.046096
CNH 8.045377
COP 4270.293169
CRC 541.572672
CUC 1.180082
CUP 31.272182
CVE 110.592079
CZK 24.328811
DJF 209.723804
DKK 7.472869
DOP 70.65741
DZD 155.85912
EGP 61.317196
ERN 17.701235
ETB 185.392267
FJD 2.616837
FKP 0.870055
GBP 0.869408
GEL 3.174072
GGP 0.870055
GHS 13.039978
GIP 0.870055
GMD 87.326249
GNF 10355.22245
GTQ 9.021793
GYD 246.880032
HKD 9.244682
HNL 31.414153
HRK 7.537304
HTG 154.405826
HUF 362.989781
IDR 20236.701058
ILS 3.537772
IMP 0.870055
INR 110.090295
IQD 1545.907869
IRR 1553135.873197
ISK 143.780918
JEP 0.870055
JMD 186.212512
JOD 0.836639
JPY 187.685606
KES 152.466874
KGS 103.198208
KHR 4738.030851
KMF 493.274192
KPW 1062.0765
KRW 1740.839773
KWD 0.364539
KYD 0.983348
KZT 559.828831
LAK 25926.40917
LBP 105676.373911
LKR 372.294234
LRD 217.459645
LSL 19.341493
LTL 3.484476
LVL 0.71382
LYD 7.469718
MAD 10.896585
MDL 20.178968
MGA 4882.000974
MKD 61.650608
MMK 2478.444883
MNT 4220.426749
MOP 9.523704
MRU 47.120637
MUR 54.50874
MVR 18.232617
MWK 2049.803468
MXN 20.358798
MYR 4.667228
MZN 75.472186
NAD 19.3417
NGN 1587.163757
NIO 43.332556
NOK 11.07574
NPR 176.336262
NZD 1.995926
OMR 0.453742
PAB 1.180042
PEN 4.060075
PGK 5.098251
PHP 70.852738
PKR 329.095429
PLN 4.233903
PYG 7541.93802
QAR 4.302285
RON 5.090287
RSD 117.368644
RUB 89.097009
RWF 1724.100303
SAR 4.427253
SBD 9.497991
SCR 16.673669
SDG 709.229225
SEK 10.806362
SGD 1.499997
SHP 0.881051
SLE 29.089051
SLL 24745.73216
SOS 674.415556
SRD 44.16457
STD 24425.321917
STN 24.958742
SVC 10.325101
SYP 130.498678
SZL 19.341328
THB 37.795091
TJS 11.151434
TMT 4.136189
TND 3.402763
TOP 2.841355
TRY 52.808808
TTD 8.009899
TWD 37.298273
TZS 3062.31346
UAH 51.388842
UGX 4360.636942
USD 1.180082
UYU 47.462398
UZS 14362.186962
VES 564.059144
VND 31071.568083
VUV 140.441646
WST 3.222458
XAF 657.258807
XAG 0.014892
XAU 0.000246
XCD 3.189231
XCG 2.126703
XDR 0.816497
XOF 656.125573
XPF 119.331742
YER 281.571994
ZAR 19.311457
ZMK 10622.156889
ZMW 22.626912
ZWL 379.986033
  • AEX

    -4.2800

    1015.57

    -0.42%

  • BEL20

    -10.9700

    5475.16

    -0.2%

  • PX1

    -53.3000

    8274.57

    -0.64%

  • ISEQ

    10.2800

    12858.3

    +0.08%

  • OSEBX

    -13.4200

    2019.49

    -0.66%

  • PSI20

    -16.8500

    9345.36

    -0.18%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    9.8700

    4123.66

    +0.24%

  • N150

    17.1500

    4100.33

    +0.42%

A Bachtanka, l'armée russe a semé la désolation et la rancoeur
A Bachtanka, l'armée russe a semé la désolation et la rancoeur

A Bachtanka, l'armée russe a semé la désolation et la rancoeur

La petite voiture orange avec le mot "enfants" en russe écrit sur des feuilles collées à chaque vitre est tombée en panne à l'entrée de Bachtanka.

Taille du texte:

Meurtrie par de féroces combats, cette ville du sud est sous contrôle ukrainien, mais pour Vitali et sa famille le front est encore bien trop proche.

Ils fuient Snihourivka, une autre ville à une soixantaine de kilomètres à l'est de Mykolaïv, cité clé du sud de l'Ukraine où s'est arrêtée l'avancée russe.

A Snihourivka, aux mains de l'armée russe, raconte Vitali, en bonnet et en claquettes malgré le vent glacial qui souffle sur la plaine, "les bombardements sont incessants, d'abord c'était aux environs et maintenant dans le centre de la localité".

"Cela fait dix jours qu'il n'y a plus ni eau ni électricité et des habitants ont commencé à piller", poursuit-il, "le plus important c'est de survivre, nous avons tout laissé derrière nous".

En route avec sa femme, leurs deux enfants et sa belle-mère pour Jitomir, dans le centre du pays, pour y retrouver de la famille, la voiture les a lâchés à Bachtanka, au nord-est de Mykolaïv, après plusieurs heures de route.

Ils parviennent finalement à repartir, soulagés de quitter cette bourgade où les carcasses de véhicules calcinés aux alentours attestent de la violence des combats du début du mois.

Dans les rues de Bachtanka, qui compte en temps de paix quelque 12.000 habitants, connue du temps de l'Union soviétique comme un important dépôt régional de tracteurs, les militaires ukrainiens sont bien plus nombreux que les civils.

Dans le centre-ville, le dessin d'un cosmonaute souriant sur une façade noircie a échappé à la frappe qui a détruit un pan du mur de la pharmacie au rez-de-chaussée et le toit du bâtiment.

"Nous avons donné à ces fascistes la leçon qu'ils méritaient", déclare Sergueï, un habitant de 43 ans, qui dit avoir participé aux combats.

- "Pas de pardon" -

Pendant quelques jours au début du mois, les troupes russes ont ensuite partiellement contrôlé la ville avant d'en être chassées, selon les autorités ukrainiennes et la population.

"Ils ont occupé les villages autour de Bachtanka et se sont livrés au pillage", affirme Natacha Gassilina, une élégante dame d'un certain âge portant un épais manteau bordeaux et un chapeau, retraitée d'une boulangerie industrielle.

Dans un village, ils ont trouvé des photos de militaires ukrainiens engagés dans le conflit qui oppose depuis 2014 le gouvernement ukrainien aux séparatistes prorusses du Donbass (est) "et ils les ont recherchés pour les tuer", en vain, ajoute-t-elle.

Mais le 13 mars au matin, Bachtanka s'est réveillée en sursaut au fracas d'un nouveau bombardement russe, dans le quartier au nom soviétique d'"Agropromtechnika", cité dortoir de la ville.

Les bombes larguées par parachute, au nombre de cinq, selon les riverains, ont creusé une série de cratères encore visibles et soufflé les maisons aux alentours.

Miraculeusement, un seul blessé a été signalé, un homme qui était en train d'éplucher des pommes de terre, extrait vivant des décombres.

Contrairement à d'autres frappes russes dans la région, les habitants indiquent que le bombardement visait bien des cibles militaires, mais qu'il les a manquées.

"Il y avait des véhicules militaires ukrainiens là-bas, mais ils les ont ratés", précise un jeune homme dont les parents ont eu le toit arraché.

Natacha Gassilina, qui vit dans un immeuble proche, confirme que les véhicules militaires ukrainiens présents n'ont pas été touchés.

Venue à vélo d'un autre quartier pour constater les dégâts et s'enquérir du sort d'une amie de sa mère, Olga Miheïkina, une enseignante, laisse éclater son indignation à la vue de cette désolation.

"C'est inhumain: ces gens qui se disent nos frères, qui mentent au monde entier et à leur propre peuple. Il n'y aura pas de pardon ni de miséricorde divine pour des gens pareils !" s'indigne-t-elle.

A quelques centaines de mètres, Anatoli, 82 ans, n'a plus ni toit ni fenêtres et a préféré envoyer son épouse récupérer chez des amis.

"Avant tout cela, je voulais vivre jusqu'à cent ans", confie le frêle octogénaire en bleu de travail et en casquette. "Plus maintenant".

(Y.Yildiz--BBZ)