Berliner Boersenzeitung - RDC: à Kanyabayonga, "la peur au ventre" face au M23 et à l'armée rwandaise

EUR -
AED 3.987017
AFN 77.869411
ALL 100.412136
AMD 420.250791
ANG 1.954036
AOA 920.877782
ARS 965.218555
AUD 1.636733
AWG 1.95658
AZN 1.849627
BAM 1.956036
BBD 2.189165
BDT 127.17537
BGN 1.959782
BHD 0.408949
BIF 3112.176134
BMD 1.085481
BND 1.463977
BOB 7.491905
BRL 5.608903
BSD 1.084231
BTN 90.115691
BWP 14.73078
BYN 3.548229
BYR 21275.431322
BZD 2.185464
CAD 1.484016
CDF 3050.202536
CHF 1.000585
CLF 0.035751
CLP 986.469223
CNY 7.861099
CNH 7.882748
COP 4195.107015
CRC 555.867181
CUC 1.085481
CUP 28.765252
CVE 110.278328
CZK 24.653887
DJF 193.043331
DKK 7.471046
DOP 63.847717
DZD 145.87063
EGP 51.153182
ERN 16.282218
ETB 62.296329
FJD 2.461492
FKP 0.86415
GBP 0.857105
GEL 2.942078
GGP 0.86415
GHS 15.774907
GIP 0.86415
GMD 73.568531
GNF 9320.126419
GTQ 8.422018
GYD 226.837415
HKD 8.478807
HNL 26.793238
HRK 7.576611
HTG 144.147421
HUF 384.325891
IDR 17416.545692
ILS 3.972042
IMP 0.86415
INR 90.158711
IQD 1420.271652
IRR 45671.621447
ISK 150.01764
JEP 0.86415
JMD 169.680507
JOD 0.769502
JPY 170.371743
KES 141.4871
KGS 95.474262
KHR 4422.534502
KMF 494.599921
KPW 976.932742
KRW 1483.531255
KWD 0.333254
KYD 0.903509
KZT 480.208037
LAK 23205.804625
LBP 97091.034301
LKR 324.789254
LRD 210.122064
LSL 20.060106
LTL 3.205144
LVL 0.656597
LYD 5.253635
MAD 10.814807
MDL 19.234325
MGA 4804.580676
MKD 61.627448
MMK 2276.87518
MNT 3744.909859
MOP 8.725054
MRU 43.137434
MUR 49.996042
MVR 16.78195
MWK 1879.827194
MXN 18.127323
MYR 5.114249
MZN 68.932104
NAD 20.060102
NGN 1593.986117
NIO 39.904823
NOK 11.487496
NPR 144.185426
NZD 1.773228
OMR 0.41755
PAB 1.084231
PEN 4.05329
PGK 4.213509
PHP 63.179894
PKR 301.615653
PLN 4.264167
PYG 8154.985601
QAR 3.952784
RON 4.978238
RSD 117.16106
RUB 99.457256
RWF 1425.772317
SAR 4.07034
SBD 9.199654
SCR 14.818791
SDG 652.374563
SEK 11.793265
SGD 1.465512
SHP 1.371452
SLE 24.800317
SLL 22761.998832
SOS 619.810126
SRD 35.033367
STD 22467.269053
SVC 9.487147
SYP 2727.303897
SZL 19.933409
THB 39.775328
TJS 11.687813
TMT 3.810039
TND 3.385345
TOP 2.56695
TRY 34.950436
TTD 7.36289
TWD 35.002973
TZS 2818.940694
UAH 43.51826
UGX 4125.498603
USD 1.085481
UYU 41.725043
UZS 13783.665877
VEF 3932212.63556
VES 39.620872
VND 27648.291388
VUV 128.870487
WST 3.042705
XAF 656.036288
XAG 0.035773
XAU 0.000465
XCD 2.933568
XDR 0.818999
XOF 656.036288
XPF 119.331742
YER 271.75061
ZAR 19.993978
ZMK 9770.63718
ZMW 28.937497
ZWL 349.5245
  • AEX

    0.9100

    915.21

    +0.1%

  • BEL20

    -5.9600

    3969.92

    -0.15%

  • PX1

    -7.2900

    8094.97

    -0.09%

  • ISEQ

    -49.6000

    10071.84

    -0.49%

  • OSEBX

    -1.5700

    1423.46

    -0.11%

  • PSI20

    -24.2400

    6900.34

    -0.35%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    10.3800

    2045.74

    +0.51%

  • N150

    12.5900

    3509.44

    +0.36%

RDC: à Kanyabayonga, "la peur au ventre" face au M23 et à l'armée rwandaise
RDC: à Kanyabayonga, "la peur au ventre" face au M23 et à l'armée rwandaise / Photo: ALEXIS HUGUET - AFP

RDC: à Kanyabayonga, "la peur au ventre" face au M23 et à l'armée rwandaise

Dans un hôpital décati non loin de la ligne de front, Innocent, la gorge emmaillotée de pansements, se remémore ce matin du 1er mai. Sous ses yeux, son ami Germain a été égorgé au couteau. Lui s'en est sorti, le cou tailladé mais vivant.

Taille du texte:

C'était dans une plantation de café sur les hauteurs de Kibirizi, bourgade agricole de l'est de la République démocratique du Congo, passée début mars sous le contrôle du M23 ("Mouvement du 23 mars") et de l'armée rwandaise qui soutient cette rébellion congolaise, majoritairement tutsi, à l'offensive depuis fin 2021.

Après le départ de ses bourreaux, "en tenue M23" selon lui, Innocent grimpe, sanguinolent et traumatisé, au sommet d'une colline et rejoint la zone gouvernementale.

Depuis une dizaine de jours, le jeune homme de 30 ans récupère des forces dans un hôpital de Kanyabayonga, dernière ville avant le "front nord" entre la rébellion et les forces armées de RDC (FARDC) appuyées par une coalition hétéroclite de groupes armés, regroupés sous l'appellation "wazalendo" ("patriotes" en swahili).

"Quand les M23 sont arrivés à Kibirizi, ils ont tenu un meeting et nous ont assuré que nous étions en sécurité", se souvient Innocent, ses grands yeux clairs perdus dans le vague, assis dans le bureau du directeur de l'hôpital.

Fin avril, l'armée congolaise et les "wazalendo" lancent une offensive pour reprendre Kibirizi.

- Dommages collatéraux -

Les combats font rage jusque dans le centre. Des obus de mortier, tirés par les FARDC, détruisent des maisons et tuent leurs occupants, de l'aveu même d'un colonel FARDC rencontré dans la zone. "Dommages collatéraux", justifie-t-il.

En vain. L'armée décroche et abandonne les derniers habitants à la vindicte du M23. "Après cette attaque, les rebelles ont commencé à s'en prendre à la population", explique Innocent.

"Ils nous soupçonnaient d'être des traîtres et d'avoir facilité l'entrée des wazalendo" dans la cité. Avant de leur trancher la gorge, les rebelles ont accusé Germain et Innocent d'appartenir à un groupe de miliciens qui leur avaient tendu une embuscade.

Pour des motifs similaires, plus d'une centaine de personnes avaient été massacrées fin 2022 dans le village de Kishishe, à une dizaine de km au sud de Kibirizi. Les enquêtes, dont celle de l'ONU, avaient démontré la responsabilité du M23.

Dans les draps sales d'un lit voisin de celui d'Innocent, un combattant au visage adolescent est blessé au bras: "un éclat de roquette" l'a atteint dans la contre-offensive ratée sur Kibirizi.

Germain déclare avoir 18 ans et combattre depuis quatre ans dans les rangs du FPP/AP (Front des patriotes pour la paix/Armée du peuple), un des plus importants groupes armés de la zone.

Dirigé par le "général" Kabido, ce groupe, après des années de combat contre l'armée, a rejoint la coalition pro-gouvernementale où il opère désormais aux côtés de ses ennemis d'hier.

Depuis près de deux ans, cette alliance contre nature n'a remporté aucune victoire.

De mois en mois, les rebelles progressent dans la province du Nord-Kivu et installent une administration parallèle dans les secteurs dont ils s'emparent.

"Repli sur repli", "fuite devant l'ennemi", non-respect des accords signés avec les groupes armés: le "colonel" Augustin Darwin, porte-parole du FPP/AP, dit n'avoir aucune confiance dans les FARDC.

- Impunité -

Dans le quartier général du groupe, posté sur une colline en retrait du front, il condamne le traitement réservé par Kinshasa aux militaires, qui n'ont "pas de bottes, pas d'uniformes, ne reçoivent pas de rations... Ils sont démoralisés".

S'il y avait moins de détournement d'argent dans l'armée, "les FARDC ne devraient même pas avoir besoin des wazalendo", déclare-t-il.

"Nous vivons la peur au ventre", lance Chrisostome Kasereka, bourgmestre de Kanyabayonga, qui redoute un bombardement sur sa ville, devenue refuge pour des dizaines de milliers de déplacés ayant fui les combats et les exactions du M23.

"Comme ce qui s'est passé ces derniers jours à Mugunga", craint-il, où entre 15 et 35 déplacés, selon différents bilans, ont été tués dans un bombardement à la périphérie de la capitale provinciale Goma.

Autour de Kanyabayonga, trois obus sont tombés ces dernières semaines, sans faire de victimes, affirme le bourgmestre, dont le secrétaire s'empresse de montrer à une équipe de l'AFP les restes d'un projectile retrouvé dans un champ.

Questionnés, des responsables de la société civile de Kibirizi, Kanyabayonga et Kishishe accusent certains officiers FARDC d'avoir "facilité le passage aux rebelles".

Mi-mars, ces mêmes officiers ont été rappelés à Kinshasa pour enquête. Depuis, certains d'entre eux sont de retour à Kanyabayonga.

"L'impunité, c'est ça qui fait que ça ne marche pas dans notre République...", désespère Innocent, alors qu'une nouvelle offensive est en train d'être lancée sur Kibirizi par la coalition FARDC/wazalendo.

"Chaque jour, des camions remplis de militaires arrivent ici", raconte un des responsables de la société civile. "S'ils nous font encore le coup du +repli stratégique+, nous allons assister à un combat entre les wazalendo et les FARDC... et nous-mêmes nous allons prendre les armes", menace-t-il.

(H.Schneide--BBZ)